<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" xml:lang="en">
    <title>Nova Noticing</title>
    <link rel="self" type="application/atom+xml" href="https://noticing.world/atom.xml"/>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world"/>
    <generator uri="https://www.getzola.org/">Zola</generator>
    <updated>2025-02-19T12:15:14+00:00</updated>
    <id>https://noticing.world/atom.xml</id>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Balançoire – 25 questions
</title>
        <published>2025-02-19T12:15:14+00:00</published>
        <updated>2025-02-19T12:15:14+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/12-15-balancoire-25-questions/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/12-15-balancoire-25-questions/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/12-15-balancoire-25-questions/">&lt;p&gt;Dans un square à Barcelone, face à une balançoire, après lecture des &quot;Exercices d’observation&quot; d’une seule traite au cours de mon voyage en train depuis Marseille :&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;Pourquoi aime-t-on se balancer ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Quel déclic dans la tête d’un enfant l’incite à le faire par lui-même plutôt que de continuer à demander qu’on le pousse ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Y-a-t-il un lien entre balancement et berceuse ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Que nous révèlent les trous sous les balançoires ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Pourquoi à Marseille, il y a si peu de balançoires et celles-ci abondent dans les espaces de jeux pour enfants barcelonais ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Une question de prise de risque assumée plus facilement par les collectivités catalanes ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;D’où nous viennent les formes des balançoires ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;De la simple corde aux nacelles : pourquoi ces choix ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Du fer au bois, du bois au plastique : que nous disent les matériaux ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;La dénommée « balançoire à bascule » ou nos actuels éléments sur ressort (souvent des chevaux ou autres figures animales à quatre ou deux pattes), sont-ils encore des balançoires ? Peut-on les englober dans une même catégorie ? (Clin d’oeil à Penser&#x2F;classer de Georges Perec.)&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Quelles sont les limites de mouvement des différents types de balançoire ? Quels balancements permettent&#x2F;restreignent-ils ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Quelle sensation provoque chez un enfant ces différents mouvements ? ainsi que la prise de vitesse ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Pourquoi à un moment donné, les plus petits lâchent les mains pour tenter de s’arrêter et les plus grands pour sauter ? (S’intéresser à la prise de risque et aux réceptions adultes des différents types de chutes.)&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Que nous dit la durée du balancement sur les possibilités de mouvement des enfants ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Y- a-t-il une limite d’âge pour se balancer ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Pourquoi c’est une activité de jeunesse plus que d’adulte ? (On trouve néanmoins quelques parents se balancer furtivement, généralement après avoir balayé les alentours du regard et désamorcé les potentielles réprobations avec un large sourire ou quelques mots, prononcés bien fort pour justifier qu’ils occupent une balançoire.)&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Comment est-on passé de l’escarpolette à la balançoire?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Les hamacs sont-ils moins marqué générationnellement ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Pourquoi éprouve-t-on toujours du plaisir à se balancer ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Le balancement adulte, qu’une question de sport ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Quel(s) lien(s) entre balançoire et balance à poids ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Pourquoi dit-on en français : « balancer quelqu’un à la police » ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;In fine, que nous disent les balançoires et nos balancements sur notre rapport au monde ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;&#x2F;ol&gt;
&lt;p&gt;En hommage à Nicolas Nova, je me suis permise d&#x27;ajuster la consigne qui nous avait été donnée, en vous livrant ici la retranscription, quelque peu retravaillée, de mes notes prises sur les dernières pages de mon exemplaire de son livre, en mars 2023, alors que j’étais en train de rédiger &quot;B comme balançoire&quot; pour l’abécédaire de la transformation urbaine du Laboratoire Architecture&#x2F;Anthropologie.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Cet exercice a été un véritable déclencheur pour donner davantage d’épaisseur et de densité à mes réflexions, à un moment où j’étais bloquée dans l’écriture. Cela m’a permis de revoir et réajuster mon « embryon de réflexion ou de problématiques que [j’ai exploré] plus tard avec d’autres moyens », comme Nicolas Nova l’explique si efficacement. &quot;B comme balançoire&quot; aurait certainement été autre sans l’application de ces &quot;Exercices d’observation&quot;. Je lui en suis infiniment reconnaissante.&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Le percement du nombril de ma fille
</title>
        <published>2025-02-16T11:59:12+00:00</published>
        <updated>2025-02-16T11:59:12+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/11-59-le-percement-du-nombril-de-ma-fille/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/11-59-le-percement-du-nombril-de-ma-fille/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/11-59-le-percement-du-nombril-de-ma-fille/">&lt;p&gt;Ce samedi, ma fille a décidé de percer son nombril. Comme elle n’a pas encore 18 ans, elle a besoin de moi pour signer les documents et procéder au piercing.
C’est d’abord, pour arriver au salon qui va charcuter ma fille, la traversée d’une ville qui m’est familière mais que je ne reconnais pas. J’ai grandi là pourtant, ou pas loin, mais alors il y avait des champs – où il y a maintenant des maisons toutes identiques qu’ouvrent des colonnades et des tronçons d’une autre gloire.
Le BB Tattoo Studio est vitré sur toute sa longueur et ouvre sur une salle d’attente qui se remplit très vite – on est en début d’après-midi, le week-end offre une réduction pour les personnes qui viennent à deux, les couples affluent. Au comptoir, une petite affiche plastifiée donne les tarifs des percements d’oreilles – mais non je trahis mon âge : tarif du piercing industriel, tarif du Flat, tarif de l’Hélix et de l’Anti Hélix, tarif du Conch et du Contra Conch, du Snug… Le piercing du nombril, c’est piercing du nombril. Les prix des tatouages, quant à eux, se discutent.
Nous attendons. Plusieurs couples passent avant nous, ma fille et l’une de ses amies s’installent sur le canapé, elles regardent sur leur téléphone les bijoux dont elles pourront, plus tard, embellir leur nombril respectif. Je crois qu’elles parlent pour se rassurer un peu. J’apprends que ma fille, qui semble plus sûre d’elle-même que son amie, a fait un test en se pinçant très fort la peau du ventre au niveau du nombril, elle n’a rien senti, c’est encourageant.
Pour tenir à distance mon malaise – je sais que je peux juste perdre connaissance en imaginant la scène du percement, ou même simplement l’objet qui sera dans quelques instants incrusté dans le ventre de ma fille –, je feuillette les livres à disposition. L’un, papier glacé, photographies ressortant sur fond noir, consacre plusieurs tatoueurs renommés en montrant quelques-unes de leurs prestations. Je ne vois pas les dessins – enfin si, un peu quand même, je vois beaucoup de dragons, des femmes échevelées, des motifs géométriques, des écritures gothiques –, je vois surtout, surtout, la peau encore rougie des piqûres du tatoueur.
Entre un homme d’une trentaine d’années. Jogging DG gris, tennis plates, tee-shirt gris foncé sur lequel est inscrit « Boxing » en lettres blanches, petite veste de sport, j’ai froid pour lui. Je comprends qu’il est déjà connu des hommes au comptoir, des tatoueurs surtout. Il a plusieurs petits tatouages dans le cou, je crois distinguer des oiseaux en vol, et son avant-bras gauche est entièrement peint d’un tatouage très sombre et très élaboré dont je ne vois pas précisément les motifs. En tout cas, celui-là impressionne et l’un des tatoueurs reconnait la pâte singulière de l’un de ses collègues, plus renommé que lui – qui prend plus cher aussi, manifestement. Combien il t’a pris ? demande-t-il au jeune homme. J’apprends que celui-ci a coûté 1700 euros, qu’il a fallu deux jours au tatoueur pour le réaliser ; deux jours c’est beaucoup, dit l’un, moi je le referai plus, dit l’autre, la douleur est trop intense. Il n’a peut-être pas dit ça, plutôt j’ai trop douillé, ou ça fait trop mal.
Il tombe la veste. Les bras, les pectoraux, sont gonflés ; les épaules élargies semblent posées sur un torse malingre. Un autre tatoueur, petit et sec, engage la conversation sur le type de boxe qu’il pratique, le club qu’il fréquente, les matchs qu’il fait. Le tatoueur lui parle d’un autre type de combat commun dans son pays, ah oui tu peux taper même quand l’autre est au sol ? Les deux hommes paradent ce qu’ils peuvent faire, les coups qu’ils peuvent porter.
C’est au tour de ma fille et de son amie d’être appelées par leur perceur – masque, frontale encore allumée, lumière rouge. Il les guide vers une arrière-salle.
Je découvrirais le piercing quelques heures plus tard, après qu’elle ait enlevé le large pansement qui lui carrait le ventre. Et là, je vois : à la place du cordon qui, pendant plusieurs mois, la rattachait à mon propre ventre intérieur, il y a maintenant quelque chose qui ressemble à un diamant, qui brille dans son nombril.&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Exercice 4 : Comets au vol
</title>
        <published>2025-02-15T12:28:03+00:00</published>
        <updated>2025-02-15T12:28:03+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/12-28-exercice-4-comets-au-vol/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/12-28-exercice-4-comets-au-vol/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/12-28-exercice-4-comets-au-vol/">&lt;p&gt;– Bonjour ! Je vais prendre un café filtre s’il te plait.
– Trois euros cinquante s’il vous plait.
&#x2F; Sur sa casquette : Boston Red Sox \
– En carte.
Merci.
– Asseyez-vous où vous voulez.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;– Il a vingt-deux ans et j’en ai presque trente. Il est sur le point de commencer un second master en philosophie. Je ne sais pas si je veux retourner chez moi auprès de mon partenaire. Nous avons parlé et pleuré. Une relation longue distance c’est ok, mais je ne sais pas. Peut-être...
&#x2F; On leur apporte une boisson chaude &lt;br &#x2F;&gt;
– Il va en apporter une autre ou pas ? Je ne sais plus où j’en suis.
– Je comprends.
– C’est triste quand l’amour meurt.
– Cette théorie est très sympa [&#x2F; ]. Mais si vous savez que dans les cinq ans, vous n’allez pas vivre ensemble...
– Je n’ai pas eu beaucoup de relations dans ma vie mais là, il y a beaucoup d’incertitudes. Il a vingt ans et il essaye de me soutenir, mais il ne peut pas comprendre mes problèmes. Les explications ne suffisent pas. J’espère qu’il ne vivra jamais ce que je suis en train de vivre. C’est un pilote émotionnel.
– Un pilote émotionnel ! C’est très mignon !
– Parfois les gens vont bien ensemble, mais souvent, ce n’est pas la bonne personne. Ça fait longtemps que j’essaye de faire marcher les choses mais ce n’est pas suffisant. On a essayé de faire fonctionner la relation, mais il a une attitude très passive.
– Mmmmmmmmh. Ce n’est pas la faute d’une seule personne. Je pense qu’on peut réussir à faire marcher les choses.
– Je me sens abandonnée. Une conversation de cinq minutes ne permet pas vraiment de faire changer les choses. [Elle baille]. Peut-être qu’il a des besoins différents ?
– Il a besoin qu’on se parle tous les jours. Il a besoin d’une parfaite attention de ma part. Il veut être prioritaire. Ce n’est pas dans mon caractère. J’adore rencontrer des gens et sortir. Donc je prends le temps de l’appeler, même si je suis fatiguée et que je n’ai pas le temps. Ça m’a aidée à changer, à prioriser cette relation, à lui donner du temps. Toi, tu ne peux pas faire le boulot à sa place. C’est vrai que vingt ans, c’est très jeune. Mais, tu vas bien, non ? Tu es vivante.
– Oui. Je viens de faire quelque chose que je voulais faire depuis longtemps. C’était déjà en train de dépérir. Pour moi, ça s’éteignait.
– Combien de temps ça a duré ?
– Trois-quatre mois.
Paris est une ville très dure. Tout va très vite. J’ai pris la bonne décision en venant ici, même si j’étais très déprimée. Je pouvais rester allongée sur mon lit sans boire ni manger, accrochée à mon téléphone pendant des jours. Sans rien faire. C’était une forme de dépression très rapide. J’étais censée faire un stage, mais ça n’a pas marché. Je lui en ai parlé. Je lui ai demandé de m’aider à réfléchir avec moi. Pas de résoudre mes problèmes à ma place.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;– Vous n’avez pas un petit quelque chose ?
– Je n’ai qu’une toute petite pièce.
– Tenez
– Merci les filles.
– Salut tout le monde !&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;– Bonjour Jérôme !&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;– On partage une soupe ?
– J&#x27;ai envie d&#x27;un grilled cheese.
J’ai un estomac très résistant.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;&#x2F; Sur la vitrine, à la main, au feutre \
cake du jour 4.5
carrot cake 4.5
gateau amande poire 4
brownie 4
banana bread 4
cake patate douce 4
cookie fleur de sel 3
scones 2.5 beurre confiture
croissant 2.5
pain choco 3
boulangerie sein
&#x2F; On a ajouté une barre verticale au &#x27;e&#x27; pour corriger : sain \&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;– Merci ! Au revoir.&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Vers une notice d’utilisations de la machine à constater
</title>
        <published>2025-02-14T08:43:38+00:00</published>
        <updated>2025-02-14T08:43:38+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/08-43-vers-une-notice-dutilisations-de-la-machine-a-constater/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/08-43-vers-une-notice-dutilisations-de-la-machine-a-constater/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/08-43-vers-une-notice-dutilisations-de-la-machine-a-constater/">&lt;p&gt;
&lt;img src =&quot;&#x2F;img&#x2F;observations&#x2F;Constateur.jpg&quot; alt=&quot;picture&quot; style=&quot;width:100%;height:100%;&quot;&gt;
&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Je conseille depuis trois ans par erreur aux gens curieux que je rencontre de lire les Exercices d’Attention de Nicolas. Parfois ils ne les trouvent pas, car bien sûr les Exercices ne portent pas ce nom. Parfois ces amis corrigent d’eux-mêmes et rejoignent la communauté des adeptes des Exercices d’Observation. Alors parfois, nos déambulations nous unissent dans la même ferveur secrète.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;En marchant dans les rues de cette ville jusqu’alors inconnue que j’essaye de laisser m’apprivoiser de la gare aux bords de la rade, une pensée pour Nicolas nous invite à l’attention tous azimuts. Surplombant le port militaire qui s’étend au cœur de Brest et apparaît flouté sur Google Earth, le long d’une promenade entre la ville et les remorqueurs gris pavoisés bleu blanc rouge, une œuvre d’art métallique nommée « arbre empathique » s’élève en laissant filtrer par ses pores quelques feuilles, et s’élever sur ses flancs brillants des écrans connectés. Depuis trop longtemps mal entretenus, ceux-ci ont finalement été détournés de leur usage et colonisés par des plantes pionnières en une sauvage hybridité de jardinage posthumain. Vous verrez peut-être aussi près du port une devanture annonce en grosses lettres « Discothèque municipale » et par ce seul nom, c’est comme un nouvel ouvroir potentiel de fête qui s’esquisse dans les rues endormies. Plus loin, une rampe circulaire jaune aux faux airs de Pacman mène au sous-sol d’une ancienne imprimerie transformée en un tiers-lieu dédié à la fois au co-working, à la vente de pain bio et aux danses traditionnelles. De solides rayonnages y dévoilent des centaines de pierres à graver numérotées et, au milieu de ces lourds disques durs externes gardiens du graphisme d’autrefois, quelques matrices de cartes et plans de ville dessinent en creux un espace à l’envers où les noms de lieux défigurés ne sont finalement révélés que grâce à la fonction « miroir » de mon smartphone.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Aux marges de ce monde étrange, la vitrine d’un brocanteur fermé à demeure attire nos yeux : il y a des fauteuils Louis XIII, des bibelots qui brillent, des globes et objets de marine, un couple de pêcheurs kitsch, et un curieux objet presque cubique.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;I Description de l’objet d’étude&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;I.1 UNE SIMPLE BOITE&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Il s’agit d’une simple boîte de bois en planchettes collées-vissées disposée en position verticale avec éléments mécaniques.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Bois utilisé : inconnu mais mat et plutôt sombre, peut-être du du châtaignier ; veines resserrées légèrement contrastées ; vernis passé ; pas de pourriture ; une zone noircie
Système d’exploitation : inconnu (sûrement Linux ou rouages internes)
Un trou ménagé sur le côté droit de la boîte accueille une manivelle de bois, similaire à celle d’un vieux moulin à poivre Peugeot.&lt;br &#x2F;&gt;
Un cercle découpé sur la façade accueille trois disques gradués et trois aiguilles.
Le dos n’est pas visible.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;I.2 DES INFORMATIONS PAS TRES CLAIRES&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Sur le dessus de la boîte, une plaque métallique gravée comporte quelques informations supplémentaires.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Une indication sur le probable nom du fabricant, ou du moins la marque de l’objet : « A. PLASSCHAERT »
Une indication sur la probable fonction de l’objet : « CONSTATEUR »
Licence : « Breveté SGDG », acronyme selon Wikipédia de « sans garantie du gouvernement »
Lieu de fabrication : « Tourcoing-Nord » (il est probable que « Nord » désigne ici le département (59) et non les quartiers nord de la ville de Tourcoing, qui est déjà au nord de l’agglomération Lille-Roubaix-Tourcoing, elle-même située au nord du département du Nord, lequel est, comme chacun le sait, au Nord de la France).
Unité utilisée par les cadrans : inconnues
Chiffres indiqués sur les cadrans : de 1 à 12 (heures ?) ; de 5 à 60 (=minutes ?) ; de 5 à 80 ( ???)
Date de fabrication : inconnue
Prix : inconnu
Autres indications dignes de curiosité : une partie de la plaque gravée sur le dessus de l’objet indique « fondateur de la revue colombophile »&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Hypothèse explicative :&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Considérant que la colombophilie est un loisir consistant à élever et&#x2F;ou observer des pigeons, soit pour le plaisir de leur esthétique, soit dans le but de les utiliser pour communiquer ou imiter cette forme de communication dans le cadre de concours sportifs,&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Considérant que ce dernier loisir fut autrefois populaire dans les milieux ouvriers et industriels au Royaume-Uni, en Belgique et dans le Nord de la France,&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Considérant que de tels concours ou modes de communication purent justifier l’utilisation d’outils de mesure ou de calcul,&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;l’objet dénommé CONSTATEUR est sans doute une machine servant à constater de façon précise et indubitable la présence ou le passage de pigeons, ou le dépôt de leurs messages, ou bien servant à faciliter le constat de ces phénomènes par des opérateurs qualifiés.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;II Description de l’environnement physique de l’objet&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Le CONSTATEUR est posé sur une table de bois. Ce meuble n’a pas d’intérêt particulier et ne semble pas être vendu par le brocanteur, quoique cela soit peut-être négociable, par exemple en cas d’achat simultané du CONSTATEUR ou d’un autre objet de valeur.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;II.1 : DESIGN&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Le CONSTATEUR est entouré d’un ensemble d’objets cylindriques en métal :
1 - Une longue vue en laiton et bois, prix inconnu
2 - Une longue vue sur trépied en laiton, prix inconnu
3 - Une très grande longue vue, prix inconnu
4 - Un cylindre court sans doute destiné à une fonction optique, pas très cher à mon avis&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;On trouve aussi un bougeoir qu’un examen visuel permet d’identifier comme lourd et sans doute cher, donc le CONSTATEUR est sûrement précieux lui aussi.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;II.2 : BESTIAIRE&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Le CONSTATEUR est gardé par deux personnages en céramique ou matière émaillée peinte : il s’agit d’un couple de pêcheurs dont on reconnaît le noble et difficile métier aux filets que portent Monsieur (en vrac sur son épaule) et Madame (roulé sur une tige de bois), ainsi qu’à leurs fortes bottes.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Au pied du CONSTATEUR se trouve sur la table du brocanteur un gisant d’oiseau. C’est une statue de petite taille, sans doute en métal, sombre, suffisamment détaillée pour qu’une personne s’y connaissant en oiseaux familiers d’Europe puisse l’identifier aisément, ce qui n’est pas mon cas. Ce n’est pas un pigeon. Sa place près du CONSTATEUR ne semble pas se justifier pas un usage purement fonctionnel.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Hypothèse explicative :&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Puisque le CONSTATEUR semblerait être fréquenté par des marins et des pigeons, peut-être qu’un système de récompense ou rétribution permettait aux pigeons de recevoir de façon automatique (distributeur) quelques graines ou du poisson, ce qui s’expliquerait par la proximité des pêcheurs. Les pigeons comme les poissons attirent l’attention des chats, tandis que le réservoir à graines attire les moineaux, rouge gorge, sitelles, mésanges, bergeronnettes. L’excès de nourriture et le manque de méfiance facilitent la chasse de ces petits oiseaux par les chats, dont une victime devient par sa dépouille inanimée un memento mori pour la faune qui fréquente le CONSTATEUR.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;III Usage de l’objet&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;III.1 UN USAGE MAJORITAIREMENT OFFLINE&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Cet objet semble facile à utiliser : il ne comprend pas de nombreux boutons, ni de voyants lumineux. Il faudrait regarder dedans s’il est équipé d’un Raspberry Pi. Il dispose d’une manivelle latérale qui sert peut-être à le remonter ou l’alimenter en énergie, ce qui remplacerait avantageusement un port USB et&#x2F;ou l’usage d’une batterie interne.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Néanmoins, en dépit de sa simplicité apparente, l’usage de cet objet n’est pas déductible à l’aide de sa forme seule. Son mystère suscite le désir de le comprendre et de lui accorder le soin que méritent ses secrets immémoriaux. Il ne faut pas exclure une fonction religieuse ou rituelle.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;III.2 CONSTATER QUOI ?&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons que c’est un CONSTATEUR et savons qu’il fut utilisé par des passionnés de pigeons.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Le plus vraisemblable est qu’il sert à compter les individus, les cadrans indiquant alors ou le nombre de pigeons recensés, ou la date et l’heure de leur passage, ou leur poids. Nous ne pouvons pas savoir par la forme de l’objet par quel moyen mécanique ou électronique la présence de l’individu est traduite en donnée. On pourrait par ailleurs penser qu’il imite le cri du pigeon mais ce n’est pas sûr. Néanmoins les chiffres notés sur le cadran laissent penser à des heures et minutes (cf I.2).&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Hypothèse explicative : Le mode de fonctionnement du CONSTATEUR n’est pas déductible par examen visuel. Se servir du constateur ne relève pas seulement de l’accomplissement d’une action sur le réel, ou d’analyse du réel, mais de l’exécution de gestes qui situent la personne opératrice dans un tissu de pratiques, d’affects et de liens. Bref, le CONSTATEUR n’est pas seulement un objet, c’est aussi et surtout un LIEU DE SAVOIR(S).&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;IV Autres usages potentiels de l’objet&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Le CONSTATEUR peut certainement être hacké. Les espèces les plus à même de hacker l’objet sont les oiseaux de petite taille, les écureuils et les homo sapiens.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;IV.1 NICHER&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Le CONSTATEUR est d’une superficie assez modeste (25X20X12cm environ) mais il est particulièrement adapté à un usage résidentiel quatre saisons, son espace cadran pouvant servir de puits de jour, tandis que sa profondeur le rend compatible avec un aménagement en duplex. En contexte urbain, son allure steam-punk lui donne un grand cachet tout en éloignant les prédateurs anthropophobes.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;IV.2 CREER&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute retrouve-t-on déjà des CONSTATEURS à bas prix qui finissent leur vite en boîte à clefs, en objet de décoration inusité ou qui prennent la poussière dans un grenier. C’est dommage. On pourrait imaginer le CONSTATEUR être doté d’un piège photo : le record de vitesse d’un pigeon bien entraîné (par exemple, Bruxelles-Roubaix-Bruxelles) pourrait être immortalisé automatiquement lors de son atterrissage, redonnant à l’oiseau une agentivité esthétique sur sa performance. Cette idée reste bien conventionnelle, et maintiendrait un rapport extractif entre l’animal et l’objet médiateur de l’action humaine, lui laissant une part créative bien mince.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Le CONSTATEUR peut aussi être vu comme un instrument de musique. Remonté à la manivelle, le mécanisme qui cliquette donnera le tempo, un ensemble de cordes vibratoires produira l’onde musicale qu’un micro piézo adapté sur la caisse permettra d’amplifier, et mettre au service d’un travail musical à inventer. Une variante serait de disposer dans le CONSTATEUR les composants d’un kit d’autofabrication de Theremin. Le Theremin, système électronique simpliste fur l’instrument pionnier de la musique électronique qui permit l’invention ultérieure du synthétiseur Moog, Yamaha CS80, et donc par rebond, du module Roland MT-32 et du Reggae 8-Bit.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;En démontant minutieusement un MT-32 ou un clone d’ordinateur Commodore 64, il pourrait être possible de leur ménager une place de choix dans le CONTACTEUR. Ainsi équipé, il serait temps de le doter d’enceintes binaurales latérales, ainsi que d’un caisson de basse. Diffusant les grooves de Goto80 et autres stars de la musique chiptune à l’arrivée des champions ailés, le CONTACTEUR mènerait à la résolution d’un des grands mystères de la vie urbaine : les pigeons balancent-ils leur tête au son d’un groove jamaïcain irrépressible ?&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion : pourquoi collectionner les constateurs colombophiles au XXIème siècle ?&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Et pourquoi pas ?&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;https:&#x2F;&#x2F;www.constateur.com&#x2F;&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>petit déjeuner sur l&#x27;herbe
</title>
        <published>2025-02-11T08:45:59+00:00</published>
        <updated>2025-02-11T08:45:59+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/08-45-petit-dejeuner-sur-lherbe/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/08-45-petit-dejeuner-sur-lherbe/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/08-45-petit-dejeuner-sur-lherbe/">&lt;p&gt;10.20 11.2.2025&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Sonchaux&lt;br &#x2F;&gt;
2 chamois sur le pâturage&lt;br &#x2F;&gt;
1 avec seulement 1 corne&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;Pourquoi lèvent-ils sans arrêt la tête ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Y a-t-il ormis moi quelqu’un dans les parages pour les rendre si craintifs ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Comment choisissent-ils les brins d’herbe à manger ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Quelle est la plante qu’ils préfèrent manger ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Pourquoi sont-ils si gros, alors qu’ils ne mangent que de l’herbe maigre et que c’est l’hiver ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Ils ont l’air bien pelés. Ont-ils déjà entamé leur mue alors qu’on est qu’en février ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Le réchauffement a-t-il une incidence sur leur régime alimentaire ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Comment l’un a-t-il perdu sa corne ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Avec quel animal s’est-il battu ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;A-t-il perdu sa corne autrement ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-ce que la corne perdue va repousser ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Où sont passés les 15 autres chamois qui venaient brouter l’année passée ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-ce que le loup entrevu il y a quelques semaines passe régulièrement pour en manger un ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Combien d’herbe doivent-ils manger pour être rassasiés ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Ont-ils un sentiment de satiété ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Mangent-ils tant qu’il y a à manger, on ne sait jamais, il peut toujours reneiger ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-ce qu’ils ont conscience de leurs déplacements ou bougent-ils au gré des brins d’herbe et de leur préférence ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Sont-ils mâles ou femelles ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Comment reconnait-on le genre sur un chamois qui ressemble à s’y méprendre à un autre chamois ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Suis-je capable de les reconnaitre entre eux aux différences de pelage ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Puis-je voir si un est plus fort que l’autre, comme un prédateur ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Comment leur faire comprendre que jamais je ne leur ferai rien ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Arrivent-ils à faire la distinction entre un vrai et un faux prédateur ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-ce que ces deux sont amis, parents, alliés ou juste chamois ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Et s’ils disparaissaient pour de bon, pourrais-je savoir pourquoi ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;&#x2F;ol&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Banc 1
</title>
        <published>2025-02-11T06:15:15+00:00</published>
        <updated>2025-02-11T06:15:15+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/06-15-banc-1/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/06-15-banc-1/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/06-15-banc-1/">&lt;p&gt;Banc 1
Angle Vicaire-Savoyard – Nouvelle-Héloïse – Contrat-Social
S’y asseoir offrirait une vue panoramique sur la rue du Contrat-Social, du Denner à la caissette à journaux.
Un couple avec 2 chiens longe et traverse le passage piéton muni d’un kit-école. Un scootériste freine brusquement pour les laisser passer. Un autre scooter chevauché par un couple passe, suivi d’un taxi.
Les corneilles croassent.
Il y a des pigeons silencieux au faîte de l’immeuble 4-6 Vicaire-Savoyard. Duquel de ses balcons provient la toux grasse entendue ? Celui qui a des drapeaux de prière ?
La catégorie principale rencontrée ce dimanche matin est le promeneur de chien, de préférence en couple. Quand même dépassée au fil des minutes par les automobilistes seuls dans leurs voitures.
Un papa (&amp;gt;1,85m) et son garçon (&amp;lt;1,10m) ramènent un pain, le petit mange un croissant.
Aides à la marche : bâtons de marche sportive (bouts caoutchoutés biseautés et striés) pour une dame (&amp;gt;50 ans). Rollator poussé puis rangé dans un coffre de voiture par un couple âgé. Les minutes suivantes m’apprennent que l’un et l’autre vont probablement conduire chacune des deux voitures garées sur le trottoir devant le bureau d’architectes. Plaques vaudoises. Plaques françaises rouges. Réunion familiale ?
Le jardinet coupé de la rue par une haie de thuyas taillés à 1,50 laisse dépasser d’énormes végétaux qui pourraient être des choux de bruxelles et des choux kale. Formidables légumes. Décoratifs et alimentaires ?
On pourrait raconter les balcons, les mésanges, la Certitude dont l’intérieur est allumé (c’est ouvert, j’en ai la certitude). On pourrait catégoriser les vélos d’en face, attachés à leur arceaux (vélo d’enfant ; vélo avec siège enfant ; vélo bleu ; vélo moche, etc.).
On pourrait identifier les langues ou les chansons entendues (espagnol ; chant africain), compter les taxis (2), compter les chiens (&amp;gt;6).
On peut encore vite écrire l’arrière du banc, encore :
Le côté de l’école du Devin-du-Village (et des copeaux disposés en tas au pied). Un grimpereau sur l’arbre qui doit ombrager le banc dès le printemps. Des bambous qui limitent la petite cour de la petite école (venir la voir, une fois).
Les corneilles font tinter le câble qui soutient la ligne aérienne du trolleybus.
Trois croassements.
On pourrait revenir quand le banc sera sec (11h30 ou 16h un jour d’école).&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Opération parking
</title>
        <published>2025-02-10T20:11:22+00:00</published>
        <updated>2025-02-10T20:11:22+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/20-11-operation-parking/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/20-11-operation-parking/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/20-11-operation-parking/">&lt;p&gt;
&lt;img src =&quot;&#x2F;img&#x2F;observations&#x2F;OperationParking.gif&quot; alt=&quot;picture&quot; style=&quot;width:100%;height:100%;&quot;&gt;
&lt;small&gt;Arrivée, départ : les étapes du parking souterrain&lt;&#x2F;small&gt;
&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Arrivée.
Le parking n’est pas là depuis très longtemps et les riverains ne semblent pas comprendre pourquoi les voitures cherchent à tourner à cet endroit. Il faut redoubler de précaution. À droite, à gauche, encore une fois, je m’engage, en première tout en actionnant la commande de la descente de la vitre. Impossible d’échapper à l’odeur d’huiles essentielles, qui ferait presque préférer le rance des parkings d’antan, voire l’urine. Je débraye, freine. Comme sur l’autoroute, il s’agit en premier lieu de s’approcher suffisamment de la borne pour pouvoir appuyer sur le bouton sans avoir à défaire sa ceinture ou, pire encore, ouvrir la porte. Sans endommager la carrosserie. Ni trop près ni trop loin. À l’arrêt, je laisse la vitesse engagée. Première pression : rien. Deuxième pression, le ticket sort. Je l’attrape de la main gauche tout en embrayant. La barrière se lève. Premier virage, limite, même si la voiture n’est pas bien grosse. En avançant, je tâche de repérer à travers la rangée de gauche, réservée aux véhicules électriques et à leurs recharges, les spots verts et rouges qui indiquent s’il y a des places qui pourraient me convenir de l’autre côté, non loin de la porte de sortie pour les piétons. Quelques verts, mais tous allumés entre une voiture et un pilier de béton. Sans moi. Avant même le dernier virage, ma décision est prise. Un emplacement un peu loin, bien plus praticable. Je me gare en douceur, en marche avant, glissant au ras du poteau.
En récupérant la clef de contact, je réalise que le ticket est dans ma bouche, attendant que je le glisse dans la poche de gauche de mon manteau, rituel efficace qui évite les paniques au retour. J’ouvre la portière et bloque ma respiration. Quelques pas, et je dirige la clef dans mon dos en appuyant sur le bouton qui permet de fermer la voiture à distance. Je jette un œil furieux au dispositif improbable qui diffuse en fumée blanche le parfum doucereux responsable de l’atmosphère aseptisée et agressive du site. Pas question de respirer. Je tire la porte d’un grand geste, attends qu’elle se referme pour souffler.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Départ.
Apnée, à nouveau. Je retrouve rapidement l’habitacle et démarre. La mise en route de la marche arrière déclenche la caméra de recul. C’est l’âge, sans doute : je ne m’y fais pas, refuse de m’y plier. J’appuie vite sur le bouton qui offre, charitable, la possibilité de désactiver l’ensemble — écran et alertes oppressantes à chaque proximité jugée trop grande par la machine. Ça ne rate pas, aux premiers centimètres parcourus avec précaution, les bips en pointillés résonnent malgré tout. Je re-désactive en jurant. De retour dans l’allée, je négocie le dernier tournant à angle droit. Toujours cette impression que les ailes de ma voiture pourraient finir par payer les prétentions d’ingénieurs bas de gamme qui dessinent le monde à partir de paramètres dont ils n’ont jamais mis à l’épreuve la pertinence. On voit d’ailleurs les traces d’une barrière qui a été enlevée à peine quelques semaines après l’ouverture des lieux. Dysfonctionnelle dès la conception.
Tandis que je m’approche de la borne de sortie, je récupère le ticket dans ma poche. J’ouvre la fenêtre et attends quelques secondes devant l’écran. Se glisse à cette dernière étape une petite incertitude. Presque un jeu. Ces derniers temps, il arrive qu’à peine le geste esquissé, une partie du bras encore dans la voiture, l’écran affiche un « vous pouvez passer » et la barrière se lève. J’en ai conclu que ma plaque d’immatriculation était lue à l’arrivée, reconnue au départ. Sauf, que ça n’est pas systématique. Il semble en fait que lorsque je ne bouge pas, confiant, la machine s’amuse à rester impassible. C’est le cas ce matin. Je capitule et tends le ticket en présentant le QR code devant la petite vitre qui projette une lumière rouge, témoin de sa capacité de lecture. Dont acte : « Vous pouvez passer », la barrière se lève. Affûté par l’exercice, la voix encore bien présente de Nicolas m’invitant à ne rien rater de cet exercice de chaîne opératoire un peu détourné, je m’oblige à jeter un dernier regard à la borne. Trop tard pour la photo. Sur l’écran, en lettres majuscules, traîne un poli « MERCI ET AU REVOIR » adressé à celles et ceux qui veulent bien le lire.&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Flux et reflux : débarquer en pirogue dans une chaîne opératoire (ou l&#x27;inverse)
</title>
        <published>2025-02-10T13:09:27+00:00</published>
        <updated>2025-02-10T13:09:27+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/13-09-flux-et-reflux-debarquer-en-pirogue-dans-une-chaine-operatoire-ou-linverse/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/13-09-flux-et-reflux-debarquer-en-pirogue-dans-une-chaine-operatoire-ou-linverse/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/13-09-flux-et-reflux-debarquer-en-pirogue-dans-une-chaine-operatoire-ou-linverse/">&lt;p&gt;
&lt;img src =&quot;&#x2F;img&#x2F;observations&#x2F;Pirogue-de-Dangane-8-fevrier-2025.jpeg&quot; alt=&quot;picture&quot; style=&quot;width:100%;height:100%;&quot;&gt;
&lt;small&gt;Depuis Dangane&lt;&#x2F;small&gt;
&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Le bois, non je ne sais pas, c’est du bois rouge, comme tu vois mais je ne sais pas lequel. C’est quand tu as rassemblé tous les matériaux que tu peux te mettre à construire. Trois troncs pour faire la longueur. Tu vois. Il me montre les trois sections de planches accolées entre elles le long du fond de cale. Bien sûr que tu peux poser les questions. Si on ne pose pas les questions, on reste idiot. L’homme à qui je me suis adressée, je ne connais pas sa relation à la pirogue en construction. Il est là et me montre. Je débarque de l’île de Mar Loj. Le clando que m’emmènera à Guilor n’est pas encore arrivé. Un laps de temps, ce 8 février 2025, pour un exercice d’observation à la volée.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus tard à Joal, on m’explique que le bois c’est le caïlcedrat, et que les pirogues faites dans un seul tronc durent plus longtemps que celles avec planches, mais qu’elles sont plus petites. Celle qui se construit à l’ombre de l’eucalyptus sur la place qui prolonge l’embarcadère a déjà ses quinze mètres de longueur, son éperon et des planches transverses qui serviront de bancs, mais elle n’a pas encore sa profondeur. A la poupe, l’homme caresse le fond de cale : ici, on fera un trou pour mettre le moteur, et autour, un caisson. La main mime un rectangle pour la place du trou à creuser, la forme du caisson qui étanchéifiera la zone, sa hauteur, sa largeur. J’imagine bientôt le pilote tenant la barre. A l’autre bout de la pirogue, le charpentier est à l’œuvre. La conversation ne l’a pas détourné de son travail. Les deux mains sur le manche, l’une très proche de la lame large et longue de ce que je pourrais appeler une herminette, l’autre au bout du manche. Il réduit et incurve l’épaisseur de la planche qui relie la coque à la proue. Je n’ai pas demandé pourquoi, ni le nom de l’outil. Un homme arrive, long. Il me prévient que celui qui m’explique toutes ces choses n’y connait rien : dara ! L’autre, tout sourire, rétorque qu’il a formé tout le monde ici. Le charpentier à l’autre bout de la pirogue, se fige dans son geste et cloue du regard celui qui prétend m’en expliquer la chaîne opératoire. Celui-là, hilare, désigne les deux autres comme ses apprentis. Le charpentier se fige à nouveau, herminette à la main. Il me jette un regard qui évalue l’effet de sa statue d’homme en colère. Nous nous re-saluons. Et sinon ça va ? Le badaud, qui s’est fait pour moi maître ès pirogues le temps que je débarque à Dangane pour rejoindre Guilor reprend son rôle. Deux autres hommes nous ont rejoints, ils regardent le travail du charpentier et suivent l’exercice d’attention. Pour courber chaque planche de la cale, tu commences par la fixer en un point. Là, tu ramènes du monde, beaucoup de monde, et on tire. Les clous qui dépassent ici, oui, c’est pour se saisir de la planche avec une pince et faire la traction. Courber sans casser. La torsion des gros clous de 8mm de diamètre qui sortent des planches témoignent de la force à déployer. Dans la cale, une sangle, une poutrelle d’acier avec des poignées, une scie circulaire, un marteau, une scie, une perceuse, une corde, des graines d’eucalyptus : petites boules jaunes qui dansent avec le vent. Il passe dans les feuilles avec un bruit de papier froissé. Je fais le tour de l’embarcation maintenue à hauteur d’homme par des tréteaux. Sur mon trajet, le charpentier m’indique d’un geste de la main de faire attention aux clous qui dépassent d’une planche au sol. Je désigne des ronds de métal qui rythment le chant de la planche. Oui, c’est du fer à béton. Au sol, une longue tige accompagne les planches qui restent. Le fer à béton qui sert à construire les immeubles, les maisons, les murs qui ferment les parcelles, il témoigne à chaque fois que quelque chose est en cours de construction et que quelqu’un s’apprête à habiter ici. C’est le même qui maintient la structure des pirogues. L’explication se poursuit, à l’intérieur du bois cette fois. Avec la perceuse, tu fores toute la largeur de la planche que tu veux fixer, l’homme trace avec le doigt le trajet de la tige – et la moitié de celle de dessous, il pointe là où s’arrête la tige. Tu fiches le fer dedans. Cette tige de fer, je sais qu’elle vient des usines de recyclage de ferraille à une centaine de kilomètres de là, à Sebikotane, les usines de recyclage de fers à béton qui deviennent fers à pirogue, ou l’inverse. Ça cycle et recycle. Regarde, entre les planches on colmatera avec des sacs de ciment roulés. Ses mains miment le colombin de papier qui portera encore quelques lettres de la Sococim ou celles des Ciments du Sahel. Sur le papier-ciment on mettra de la colle. Une colle qui colmate tous les interstices. Il me montre la pirogue à sec qui vient de me faire traverser le bolong, pour, dans un tour de main, indiquer le travail qui reste à faire. Ajuster, colmater, poncer. Autant d’opérations que je ne verrai pas. Et c’est un autre qui peindra la pirogue avec les couleurs typiques des pirogues de cette côté d’Afrique, pas le charpentier, non. La finition, c’est avec un vernis fabriqué à partir de la sève de baobab.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Sève de baobab du Sine Saloum, bois de caïlcédrat de Casamance, fer à béton de Sebikotane, sacs de ciment de Bargny… c’est un monde hétérogène qui s’assemble pour la pirogue de Dangane, un monde entre deux eaux où personne ne pourrait savoir ce qui va à la mer ou ce qui remonte dans le delta. Le large ici on l’appelle l’intérieur. Prendre le large, c’est aller vers l’intérieur, avec une pirogue. Je charge celle-ci d’une pensée d’amitié pour Nicolas Nova qui navigue maintenant entre des eaux inconnues. Flux et reflux. Qu’elle migre à bon port, cette pirogue, habitée de tant de mondes intérieurs. Flux et reflux. Le gilet de sauvetage, je n’ai pas demandé pourquoi il est déjà là.&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Découvrir l&#x27;exercice à plusieurs
</title>
        <published>2025-02-10T09:06:58+00:00</published>
        <updated>2025-02-10T09:06:58+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/09-06-decouvrir-lexercice-a-plusieurs/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/09-06-decouvrir-lexercice-a-plusieurs/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/09-06-decouvrir-lexercice-a-plusieurs/">&lt;p&gt;
&lt;img src =&quot;&#x2F;img&#x2F;observations&#x2F;IMG_7300.jpg&quot; alt=&quot;picture&quot; style=&quot;width:100%;height:100%;&quot;&gt;
&lt;small&gt;Arpentage sur table &lt;&#x2F;small&gt;
&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;7 étudiant·es, 1 étudiant spécial, 2 enseignant·es. Une table, sur laquelle sont organisées des images, imprimées en A4, et des informations, sur papier orange, en A3. Sur la table, composée de 6 panneaux, emballés proprement de papiers kraft, les prémices d’une exposition des projets passés. Quelques objets pour prendre des notes. Des carnets, des stylos, 6 téléphones, dont 3 sont retournés face cachée. Un appareil photo, des trousses d’écolier, devant les carnets. La moitié des étudiant·es sont assis·es sur des tabourets, éloignés de la table. L’autre moitié est assise à table : les images sont alignées d’un côté des tables, les rendant impropres pour leur fonction primaire. Un rouleau de scotch bleu, large, avec lequel l’enseignant joue, en plaçant un téléphone dedans comme pour expérimenter la force centrifuge, la concentration, ou l’ennui. Une tasse de café vidée, avec une touillette en bois salie. Deux ordinateurs sur la table, un fermé, un Apple M4 étrangement épais pour un ordinateur dernier cri ; un ordinateur Apple M1, ouvert, sur lequel je tapote et décris. Les étudiant·es racontent un·e par un·e leur interprétation du livre Exercices d’Observation de Nicolas Nova, que j’ai déchiré et divisé en 20 parties pour en faire l’arpentage collectif. Après les deux premier·es récits et interprétations, l’organisation est fluide. Les récits interprétatifs se suivent, sans interruption de l’un·e à l’autre. 6 étudiant·es prennent des notes quand les autres parlent. Beaucoup (tous·tes?) écoutent. La table est située dans l’atelier L de l’ENSA Toulouse, un atelier plutôt grand, à l’étage, dans la première extension du bâtiment de Candilis. La salle est éclairée par deux murs, sud et est, et par un grand shed orienté au nord et surplombant la table. Il y a suffisamment de place autour de la grande table pour que s’amoncèlent, en retrait, d’autres tables et des tabourets, sans ordre particulier, ni direction précise. Sur la plupart des tables périphériques, des objets sont empilés : des manteaux, des sacs, des stylos, des gourdes, des papiers et images non sélectionnés. Tout ce qui ne fait pas partie de la conversation. Tous les objets pour lesquels il n’y a pas de place déterminée. Sur les tables alignées sous la fenêtre à l’est, des maquettes et des plans, abandonné·es là, sans nom ni instruction. Le long des murs, des réseaux électriques filent à une hauteur d’environ 90 cm, au dessus du niveau des tables. Des prises électriques ponctuent les lignes de cable. Sur le mur, à l’est, le planning du semestre est détaillé à la main sur 20 feuilles de papiers A3 orange : voyage, chantier et rendu. Départ Belgique, Retour Belgique, Marseille (?), La Maison, l’ENSA, Lieu Commun, et des dates, les vendredis, de février à juin.
Deux portes donnent dans la salle, une vers le couloir, une vers une autre salle, où là aussi, il y a des étudiant·es, et des enseignant·es, qui parlent, aussi, de quelque chose. Ici, tous les apprenant·es sont en pull, sauf un, en t-shirt, en hiver. Cela indique que le chauffage fonctionne, aujourd’hui. Tout le monde écoute. 
Le rouleau de scotch est maintenant en équilibre au dessus de la tasse de café vide. Puis repris, tourné, dans l’autre sens, puis reposé au dessus de la tasse, à plat. Puis on regarde à l’intérieur. Pour voir le monde. D’un point de vue inédit. &lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Café IA
</title>
        <published>2025-02-10T09:02:08+00:00</published>
        <updated>2025-02-10T09:02:08+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/09-02-cafe-ia/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/09-02-cafe-ia/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/09-02-cafe-ia/">&lt;p&gt;
&lt;img src =&quot;&#x2F;img&#x2F;observations&#x2F;20250210092008020_0001.jpg&quot; alt=&quot;picture&quot; style=&quot;width:100%;height:100%;&quot;&gt;
&lt;small&gt;Notes du Café IA&lt;&#x2F;small&gt;
&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;h1 id=&quot;cafe-ia-notes-et-croquis-08-02-2025&quot;&gt;Café IA - Notes et croquis - 08.02.2025&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#cafe-ia-notes-et-croquis-08-02-2025&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h1&gt;
&lt;h2 id=&quot;recueil-spontane-de-choses-vues-et-entendues&quot;&gt;&lt;em&gt;Recueil spontané de choses vues et entendues&lt;&#x2F;em&gt;&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#recueil-spontane-de-choses-vues-et-entendues&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h2&gt;
&lt;p&gt;Ce samedi, j&#x27;ai assisté à mon premier ☕ Café IA ✨ à Cap Sciences&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;C&#x27;était bieng. Et ça pouvait aussi être bieng plus (différent, autre, dynamique, participatif, visible, joyeux, populaire).&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Voici donc ma contribution 👇&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;📖 🖍️ L&#x27;occasion de redonner un peu de vie à mon carnet de croquis qui végète ces derniers temps.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;C&#x27;est pas fou, mais c&#x27;est une trace du réel.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Un souvenir.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Une note multiple :&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;🧑 un portrait de Nicolas Roussel&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;💬 des verbatims&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;📐 un plan subjectif&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;👀 des anecdotes&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Ces observations m&#x27;ont fait soulever 100 fois plus de questions, comme :&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;❓  &quot;Cette famille qui est là, et dont les parents froncent les sourcils pour comprendre ce qui est dit, ont-ils donc compris, même en partant au bout de 10 minutes ?&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Quelle image de l&#x27;IA en ont-ils gardé ?&quot;&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;❓ &quot;Pourquoi y a-t-il encore 98% de mecs présents ? Comment donner de la place, rendre visible les femmes dans cet univers du numérique, très technophile ?&quot;&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;❓ &quot;Les participant.es ont-ils trouvé des réponses à leurs questions ?&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il leur donner des réponses, ou bien de quoi continuer à se questionner, à explorer, à chercher eux-mêmes les réponses ?&quot;&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;🤖 Parce que cette techno est annoncée comme la nouvelle révolution industrielle, le minimum que l&#x27;on puisse faire en tant que médiateurs est d&#x27;entretenir la discussion (le designer, par son geste créatif, par ses choix de conception, est aussi un médiateur des techniques).&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>« Parcours commenté » in the New Territories
</title>
        <published>2025-02-10T07:42:08+00:00</published>
        <updated>2025-02-10T07:42:08+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/07-42-parcours-commente-in-the-new-territories/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/07-42-parcours-commente-in-the-new-territories/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/07-42-parcours-commente-in-the-new-territories/">&lt;p&gt;
&lt;img src =&quot;&#x2F;img&#x2F;observations&#x2F;IMG_9082.jpeg&quot; alt=&quot;picture&quot; style=&quot;width:100%;height:100%;&quot;&gt;
&lt;small&gt;« They are torturing the trees » as my host puts it. &lt;&#x2F;small&gt;
&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;h4 id=&quot;the-dirt-road&quot;&gt;The Dirt Road&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#the-dirt-road&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h4&gt;
&lt;p&gt;At the back of the village, a little dirt road begins. It is a shortcut to the other side of the village, where all the shops are. The road is bumpy, but a few electric bicycles still rush past. “These are a real danger here. You don’t hear them coming,” my host tells me. He is leading me down the small path towards the south of the village. He is in his 40s, with a long grey beard and a black tote bag, much bigger than usual ones. He wears red socks and rubber slippers.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;h4 id=&quot;the-house-wall-made-of-bottles&quot;&gt;The House Wall Made of Bottles&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#the-house-wall-made-of-bottles&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h4&gt;
&lt;p&gt;Along the back alley, houses are built from what seems to be a mix of concrete, metal, and plants. Trees and vines have grown along the walls, and big flowers are blossoming on the roofs as spring timidly begins here. Rusted corrugated iron covers many of the houses. Even some of the street walls are made of rusted iron. One homeowner has built an entire wall outside his house by pouring concrete onto empty beer bottles. All the bottles are from “Blue Girl” beer, the most famous local Hong Kong brewery. They are arranged in pyramids, sealed in concrete. “He started drinking Moutai recently,” my host comments, pointing at the red ceramic bottles of Chinese &lt;em&gt;baijiu&lt;&#x2F;em&gt; placed atop some of the pyramids. The red bottles go well with the New Year decorations covering all the doors at this time of year.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;h4 id=&quot;the-broken-fridges&quot;&gt;The Broken Fridges&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#the-broken-fridges&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h4&gt;
&lt;p&gt;On the side of the road, some empty fridges have been discarded. “These are for the scrappers. Most of them around here are from India or Pakistan. They already came and dismantled parts of these fridges, but the main components haven’t been removed yet. A fight almost broke out over these old fridges. These guys are my friends.” Covered in dust, the fridges lie on the roadside, their doors missing. A little further on, an Indian man rides a bicycle and nods in greeting as we approach him.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;h4 id=&quot;the-narrow-path&quot;&gt;The Narrow Path&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#the-narrow-path&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h4&gt;
&lt;p&gt;Just past the corner, my host points to a narrow path leading up the side of the road. “Be careful, it’s steep.” We hop up a few steps and cross a ditch to access an elevated level above the road.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;h4 id=&quot;the-shipment-company&quot;&gt;The Shipment Company&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#the-shipment-company&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h4&gt;
&lt;p&gt;We are now on a large, flat, open area. The ground is covered with sparse grass and a few rocks. To the right, some large metal structures are stored. They may be parts of cranes or container infrastructure, bearing the logos of a well-known Hong Kong shipping company. Right next to them, several minivans are parked in front of four large tents. The minivans are typical Hong Kong models, with low bodies and long noses, mostly Japanese imports. The drivers wait inside their vehicles; one is nearly dozing off as the radio blares. Inside the tents, dozens of unfolded cardboard boxes are stacked. Two workers handle parcels of various sizes, while another discusses a package with a driver, showing him paperwork. The driver doesn’t look convinced. “These operations are quite recent. Space is cheaper in this part of town, so they’re moving here,” my host explains as we pass by.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;h4 id=&quot;the-camping&quot;&gt;The Camping&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#the-camping&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h4&gt;
&lt;p&gt;On the other side of the open area, next to the dirt path, there is a campsite. Three colorful Mongolian yurts are set up along the trees in the back. They seem abnormally small compared to typical yurts. Their purple and green fabric gives them an oddly artificial appearance. A couple of bikers are assembling their tent, preparing for the night. A camper van is parked nearby, with Hong Kong license plates. Trees surround the plot. Tied to the fence, a large billboard reads: “Enjoy the Nature.” In the background, I can hear the hum of a four-lane road. The lights of the delivery drivers cast shadows on the grass as the sun sets.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;h4 id=&quot;the-bridge-across-the-empty-river&quot;&gt;The Bridge Across the Empty River&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#the-bridge-across-the-empty-river&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h4&gt;
&lt;p&gt;Beyond the campsite, a two-lane road is separated by a canal. The canal is dry, with grass and plants growing wildly across the concrete blocks. The weather in Hong Kong is usually mild, and nature quickly reclaims any empty space. As we cross the bridge over the dry riverbed, my host remarks, “Chinese infrastructure.”&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;h4 id=&quot;the-temple&quot;&gt;The Temple&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#the-temple&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h4&gt;
&lt;p&gt;We have now entered the village. A small temple stands among the houses. It is empty except for some fruit and incense in the central room, with large characters painted on red paper on the central wall. This is the family shrine of the village. The temple is surrounded by village houses, which are relatively low for Hong Kong—only three or four stories high, as is common in this part of the city. The outer walls are covered in small rectangular ceramic tiles in shades of grey, arranged in alternating vertical and horizontal patterns. Clothes and bed sheets hang from balconies. The sky remains clear as night slowly settles in. “I want one of these,” my host says. “They cost about a couple of million for three floors. You can rent out the ground level and the top floor and live in the middle.”&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;h4 id=&quot;the-life-threatening-crossroad&quot;&gt;The Life-Threatening Crossroad&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#the-life-threatening-crossroad&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h4&gt;
&lt;p&gt;The village roads are very narrow. Two cars cannot pass at the same time. There is a sidewalk, but it is not elevated, so cars drive onto it to make space. Where the road turns, the crossing is blind, making it impossible to see oncoming cars. Vehicles come fast, especially taxis, which won’t slow down for pedestrians. “Every time I go out, I have to save mainlanders. They don’t understand the rules here,” my host says as he steps onto the narrow road. Everything one needs to know is painted in large white letters on the pavement: &lt;em&gt;Look left.&lt;&#x2F;em&gt; &lt;em&gt;Stand here.&lt;&#x2F;em&gt; Dangerous areas are outlined in yellow, with large warning signs in both English and traditional Chinese.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;h4 id=&quot;the-magnificent-tree&quot;&gt;The Magnificent Tree&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#the-magnificent-tree&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h4&gt;
&lt;p&gt;Our walk comes to an end as we reach our destination. My host heads into a supermarket while I admire the large banyan tree in the square. It is entirely surrounded by concrete; the square has been built around it. Banyan trees are unique in that they reproduce using aerial roots that grow from their branches. These long branches bend under their weight, reaching toward the ground. Once they touch the soil, they begin to root and form a new trunk, eventually becoming a second tree. Here, however, this beautiful banyan tree has no space to expand, as its branches meet only concrete. Still, it seems perfectly at home in this built environment. As my host emerges from the supermarket, dozens of birds are singing in the tree. I join him, and we head back as the sun disappears behind the mountains.&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Dimanche matin : Observation participante d&#x27;une vie de famille
</title>
        <published>2025-02-10T07:06:36+00:00</published>
        <updated>2025-02-10T07:06:36+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/07-06-dimanche-matin-observation-participante-dune-vie-de-famille/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/07-06-dimanche-matin-observation-participante-dune-vie-de-famille/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/07-06-dimanche-matin-observation-participante-dune-vie-de-famille/">&lt;p&gt;Hommage à Nicolas Nova&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche 9 février 8h12&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Vlad me réveille en me tapotant sur le bras : Maman ! Maman ! regarde par la fenêtre !
Il neige à gros flocons et l’ensemble des sapins qui recouvrent le versant ouest du village sont recouverts d’un fin manteau de neige.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;C’est beau ! dit-il en frémissant.&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;&#x2F;ul&gt;
&lt;p&gt;C’est fou comme à chaque fois c’est la même chose, dès qu’il neige, il se retrouve dans un état d’excitation incroyable.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Je vais sortir dehors !&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;&#x2F;ul&gt;
&lt;p&gt;Le voilà parti dans le couloir, à la recherche d’une paire de bottes et d’un manteau. Il veut voir la neige de plus près. Il veut pouvoir la toucher.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Attends !&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;&#x2F;ul&gt;
&lt;p&gt;Je lui demande un peu de patience.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Tu es toujours en pyjama, habille-toi !&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;&#x2F;ul&gt;
&lt;p&gt;Je le laisse s’agiter dans le couloir le temps de recouvrer mes esprits. Nous rentrons d’un long voyage d’un mois en Roumanie. J’ai toujours un peu de mal à savoir dans quel lit je me trouve quand j’ouvre les yeux. Je suis ici, à Saint-Julien-Molin-Molette, le village de France avec un nom à coucher dehors.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Sa sœur dort encore. Je revêts un gilet chaud. Il fait frais dans mon HLM.
Je m’installe dans la cuisine le temps de faire bouillir de l’eau et préparer des tartines.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;La petite sort de son lit les cheveux ébouriffés par sa nuit de rêves.&lt;br &#x2F;&gt;
Elle fait de petits sauts de joie devant la fenêtre.
Elle aussi veut sortir.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Nous mangeons nos tartines en silence, sans empressement. Dans ce silence de joie que nous apporte la neige. Le soleil est au rendez-vous, il fait scintiller les gros flocons épars sur l&#x27;herbe de la cour.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Après le déjeuner, j’arrive à convaincre les enfants de revêtir des bottes de neige, pas leurs bottes de pluie, sans quoi ils auraient trop froid.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Ils préfèrent toujours les bottes de pluies qui sont plus faciles à enfiler. Pourtant ils connaissent déjà la sensation de froid pour s’y être fait mordre en Roumanie.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;En sortant, on dirait que nous en sommes les seuls habitants du village.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;J’écoute attentivement la rivière en passant le petit pont. Elle est chargée d’eau.
J&#x27;observe comme son lit a changé de morphologie depuis les dernières inondations. Elle était montée d’un mètre au moins, emportant la piscine du camping et son bar sur son passage.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Je la félicite silencieusement de s&#x27;être libérée, dans sa fureur, de toutes les berges en ciment qui avaient l’air de l’emprisonner.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;En passant devant le camping, j’éprouve un menu frisson pensant au récent suicide de son propriétaire. Silence.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Les enfants foncent vers le stade, au milieu duquel ils tracent des lignes sur le sol. Je pense toujours à Ingold, à sa brève histoire des lignes lorsque je contemple les partitions de leurs pas dans la neige.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Soudain ils souhaitent grimper aux arbres. Je les laisse faire, recommandant encore une fois de ne pas casser les branches. La dernière fois ils en ont arraché un paquet.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Ils poussent des petits cris de chimpanzés.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Sans arrêter leur allure, ils veulent se rendre au parc de jeux qui se trouve un peu plus loin sur la rive. Ils ont peur de glisser sur la rampe de béton qui y mène. Ils me demandent de l&#x27;aide. Puis courent pour s’organiser des séries de jeux du tobogan aux balançoires.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Au bout d’un certain temps, ils remarquent que leurs pantalons sont mouillés. Il se plaignent alors du froid.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Ileana râle contre le fait que ses moufles prennent l’eau.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Qu’est-ce que je peux y faire ?
Rien, si ce n’est lui promettre de les changer en arrivant à la maison.&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;&#x2F;ul&gt;
&lt;p&gt;Nous voilà repartis sur la « montée des fabriques ». Je vois bien comme ils ont grandi ces deux dernières années. Ils font la course. Je les observe en les suivant.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Leurs chemins se séparent au niveau du stade. L’une part sur le chemin de terre. L’autre poursuit sa route sur l’asphalte qui le ramènera à la maison. Nous croisons un couple de voisins avec leurs enfants qui jouent à se lancer des boules de neige.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Nous remontons tous les trois au premier.
Les enfants s’installent dans le salon pour jouer avec une série de personnages qu’ils ont reçus pour Noël. Je m’installe dans la cuisine en écoutant la radio.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Je m’applique à préparer une tarte aux légumes, avec ses petits oignons, ses épinards et une pointe de tomate accompagnée d’un morceau de chèvre.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Ces temps derniers, j’observe mes gestes à la recherche d’un sens nouveau, celui du soin. Le soin comme équilibre relationnel entre les gestes que l’on fait pour soi, pour les autres et pour son environnement.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Avec cette nouvelle prise de conscience du fait que la valeur de ce geste de soin repose en l&#x27;attention qu&#x27;on y prête, je prends du plaisir à cuisiner comme jamais auparavant.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Mon plaisir manifeste un acte de résistance contre le temps qui passe. Il se cristallise tel un autre refuge contre le capitalisme qui nous fait croire que la valeur de la vie se compte en euros.&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Pourrais-tu saluer la chouette? 
</title>
        <published>2025-02-09T23:13:18+00:00</published>
        <updated>2025-02-09T23:13:18+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/23-13-pourrais-tu-saluer-la-chouette/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/23-13-pourrais-tu-saluer-la-chouette/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/23-13-pourrais-tu-saluer-la-chouette/">&lt;p&gt;
&lt;img src =&quot;&#x2F;img&#x2F;observations&#x2F;novanoticing.jpg&quot; alt=&quot;picture&quot; style=&quot;width:100%;height:100%;&quot;&gt;
&lt;small&gt;caméra sténopée (9 février 2025)&lt;&#x2F;small&gt;
&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre d&#x27;un atelier au mXlab (https:&#x2F;&#x2F;mxlab.uqam.ca&#x2F;activite&#x2F;solargraphier&#x2F;), animé par mon étudiante Corine Dufresne-Deslières, nous avons fabriqué des caméras sténopées à partir de canettes recyclées et du papier photo afin d&#x27;obtenir après quelques mois une solagraphie. Pratique de photographie argentique expérimentale, la solargraphie a besoin de temps, du ralentissement: plusieurs mois sont nécessaires pour capter les passages du soleil et ensuite les éléments fixes de l&#x27;environnement. Corine a écrit un beau texte qui explique davantage le procédé (https:&#x2F;&#x2F;solastalgiescreatrices.uqam.ca&#x2F;atlas&#x2F;).
Vous voyez donc sur l&#x27;image ma caméra accrochée en novembre 2024 sur la terrasse de la maison, orientée vers la forêt et proche d&#x27;une gouttière.
Elle est devenue un &quot;objet de déco&quot; insolite et parfois j&#x27;oublie qu&#x27;elle est présente; un bon média se fait oublier...
Les 25 questions que je lui pose:&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;As-tu froid ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-ce que tu te sens en sécurité avec le tie-wrap qui te tient ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-ce que tu es heureuse en étant composée de deux marques de bière différentes?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Tu te sens bizarre quand tu regardes dans la même direction chaque jour (et nuit); un peu comme nous quand on est devant l&#x27;écran sans arrêt...?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Tu aimes la neige qui tombe depuis des semaines sans arrêt ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Penses-tu qu&#x27;elle sera présente plus tard sur la solagraphie ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Tu peux sentir le vent quand il frappe la nuit ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Tu aimes la mésange qui chante depuis début février à nouveau chaque matin à 5 heures ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Tu te souviens qui a bu la bière des deux canettes ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Tu te souviens où la bière a été bue ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Tu as peur d&#x27;être recyclé pour de vrai plus tard ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-ce que le papier photo est bien au chaud et au sec ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Le soleil te fait du bien quand il passe ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Tu peux sentir le café de la machine à café qui est derrière le mur de maison dans la cuisine ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Tu peux voir les aiguilles de pin qui sont à ta droite ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-ce que le trou a été bien percé pour capturer le temps qui passe sur les éléments devant toi?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Auras-tu envie de voir ta propre création plus tard ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Tu aurais aimé avoir de la compagnie dehors dans le froid ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-ce que tu fais de beaux rêves?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Sais-tu d&#x27;où vient l&#x27;aluminium qui te compose?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Tu te souviens des chemins parcourus en camion après ta fabrication?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Comment tu te sens sur le plan identitaire d&#x27;être un média expérimental maintenant au lieu d&#x27;un contenant d&#x27;alimentation?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Tu en as marre d&#x27;entendre le tapage sur mon clavier pour noter les questions que je te pose?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Pourrais-tu saluer la chouette que j&#x27;ai pu voir en 2023... si elle revient?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Tu me diras quand c&#x27;est le temps de t&#x27;enlever et de te proposer une nouvelle vue en 2025 ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;&#x2F;ol&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>vie et mor d&#x27;un disque dur
</title>
        <published>2025-02-09T19:03:00+00:00</published>
        <updated>2025-02-09T19:03:00+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/19-03-vie-et-mor-dun-disque-dur/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/19-03-vie-et-mor-dun-disque-dur/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/19-03-vie-et-mor-dun-disque-dur/">&lt;p&gt;
&lt;img src =&quot;&#x2F;img&#x2F;observations&#x2F;20250208_160123.jpg&quot; alt=&quot;picture&quot; style=&quot;width:100%;height:100%;&quot;&gt;
&lt;small&gt;Démontage d&#x27;un disque dur&lt;&#x2F;small&gt;
&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;h1 id=&quot;on-peut-se-tutoyer&quot;&gt;on peut se tutoyer?&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#on-peut-se-tutoyer&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h1&gt;
&lt;h1 id=&quot;d-ou-viens-tu&quot;&gt;d&#x27;où viens tu?&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#d-ou-viens-tu&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h1&gt;
&lt;h1 id=&quot;ah-tu-as-beaucoup-voyage-combien-de-pays-as-tu-traverse-avant-d-arriver-jusqu-a-moi&quot;&gt;ah, tu as beaucoup voyagé? combien de pays as tu traversé avant d&#x27;arriver jusqu&#x27;à moi?&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#ah-tu-as-beaucoup-voyage-combien-de-pays-as-tu-traverse-avant-d-arriver-jusqu-a-moi&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h1&gt;
&lt;h1 id=&quot;combien-de-km-a-tu-parcouru-avant-d-arriver-jusqu-a-moi&quot;&gt;combien de km a tu parcouru avant d&#x27;arriver jusqu&#x27;à moi?&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#combien-de-km-a-tu-parcouru-avant-d-arriver-jusqu-a-moi&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h1&gt;
&lt;h1 id=&quot;quels-sont-les-moyens-de-transports-que-tu-as-pris&quot;&gt;quels sont les moyens de transports que tu as pris?&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#quels-sont-les-moyens-de-transports-que-tu-as-pris&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h1&gt;
&lt;h1 id=&quot;quel-est-ton-prefere&quot;&gt;quel est ton préféré?&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#quel-est-ton-prefere&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h1&gt;
&lt;h1 id=&quot;combien-de-personnes-sont-mortes-pour-que-les-matieres-premieres-qui-ont-servies-a-te-fabriquer-soient-extraites&quot;&gt;combien de personnes sont mortes pour que les matières premières qui ont servies à te fabriquer soient extraites?&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#combien-de-personnes-sont-mortes-pour-que-les-matieres-premieres-qui-ont-servies-a-te-fabriquer-soient-extraites&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h1&gt;
&lt;h1 id=&quot;combien-de-pollution-cela-a-engendree&quot;&gt;combien de pollution cela a engendrée?&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#combien-de-pollution-cela-a-engendree&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h1&gt;
&lt;h1 id=&quot;combien-de-personnes-ont-ete-deplacees-de-force-pour-que-tu-puisses-naitre&quot;&gt;combien de personnes ont été déplacées de force pour que tu puisses naitre?&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#combien-de-personnes-ont-ete-deplacees-de-force-pour-que-tu-puisses-naitre&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h1&gt;
&lt;h1 id=&quot;combien-de-personnes-ont-participe-a-ta-conception&quot;&gt;combien de personnes ont participé à ta conception?&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#combien-de-personnes-ont-participe-a-ta-conception&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h1&gt;
&lt;h1 id=&quot;sur-ces-personnes-combien-etaient-des-femmes&quot;&gt;sur ces personnes, combien étaient des femmes?&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#sur-ces-personnes-combien-etaient-des-femmes&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h1&gt;
&lt;h1 id=&quot;combien-de-personnes-ont-participe-a-ta-fabrication&quot;&gt;combien de personnes ont participé à ta fabrication?&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#combien-de-personnes-ont-participe-a-ta-fabrication&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h1&gt;
&lt;h1 id=&quot;comment-as-tu-trouve-le-climat-a-taiwan&quot;&gt;comment as tu trouvé le climat à Taïwan?&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#comment-as-tu-trouve-le-climat-a-taiwan&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h1&gt;
&lt;h1 id=&quot;tu-as-aime-le-passage-dans-les-machines-d-asml&quot;&gt;tu as aimé le passage dans les machines d&#x27;ASML?&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#tu-as-aime-le-passage-dans-les-machines-d-asml&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h1&gt;
&lt;h1 id=&quot;combien-de-temps-ta-fabrication-a-dure&quot;&gt;combien de temps ta fabrication a duré?&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#combien-de-temps-ta-fabrication-a-dure&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h1&gt;
&lt;h1 id=&quot;en-quelle-annee-es-tu-arrive-en-europe&quot;&gt;en quelle année es tu arrivé en Europe?&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#en-quelle-annee-es-tu-arrive-en-europe&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h1&gt;
&lt;h1 id=&quot;quand-as-tu-ete-connecte-e-a-un-ordinateur-pour-la-1ere-fois&quot;&gt;quand as tu été connecté.e à un ordinateur pour la 1ere fois?&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#quand-as-tu-ete-connecte-e-a-un-ordinateur-pour-la-1ere-fois&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h1&gt;
&lt;h1 id=&quot;est-ce-que-la-personne-qui-t-utilisait-prenait-soin-de-toi&quot;&gt;est ce que la personne qui t&#x27;utilisait prenait soin de toi?&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#est-ce-que-la-personne-qui-t-utilisait-prenait-soin-de-toi&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h1&gt;
&lt;h1 id=&quot;as-tu-eu-plusieurs-proprietaires&quot;&gt;as tu eu plusieurs propriétaires?&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#as-tu-eu-plusieurs-proprietaires&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h1&gt;
&lt;h1 id=&quot;as-tu-stocke-des-donnees-confidentielles-des-images-denudees-des-images-de-chat&quot;&gt;as tu stocké des données confidentielles? des images dénudées? des images de chat?&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#as-tu-stocke-des-donnees-confidentielles-des-images-denudees-des-images-de-chat&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h1&gt;
&lt;h1 id=&quot;as-t-on-efface-des-donnees-par-megarde&quot;&gt;as t-on effacé des données par mégarde?&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#as-t-on-efface-des-donnees-par-megarde&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h1&gt;
&lt;h1 id=&quot;quand-a-t-on-decide-que-l-on-avait-plus-besoin-de-toi-que-tu-etais-devenu-obsolete&quot;&gt;quand a t-on décidé que l&#x27;on avait plus besoin de toi? que tu étais devenu obsolète?&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#quand-a-t-on-decide-que-l-on-avait-plus-besoin-de-toi-que-tu-etais-devenu-obsolete&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h1&gt;
&lt;h1 id=&quot;cela-t-a-t-il-fait-de-la-peine&quot;&gt;cela t&#x27;a t-il fait de la peine?&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#cela-t-a-t-il-fait-de-la-peine&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h1&gt;
&lt;h1 id=&quot;qu-as-tu-pense-de-l-operation-de-ton-demontage&quot;&gt;qu&#x27;as tu pensé de l&#x27;opération de ton démontage?&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#qu-as-tu-pense-de-l-operation-de-ton-demontage&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h1&gt;
&lt;h1 id=&quot;que-va-t-il-advenir-de-toi-maintenant&quot;&gt;que va t&#x27;il advenir de toi maintenant?&lt;a class=&quot;anchor&quot; aria-hidden=&quot;true&quot; href=&quot;#que-va-t-il-advenir-de-toi-maintenant&quot; hidden=&quot;&quot;&gt;#&lt;&#x2F;a&gt;
&lt;&#x2F;h1&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Aire d&#x27;autoroute
</title>
        <published>2025-02-09T19:00:14+00:00</published>
        <updated>2025-02-09T19:00:14+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/19-00-aire-dautoroute/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/19-00-aire-dautoroute/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/19-00-aire-dautoroute/">&lt;p&gt;
&lt;img src =&quot;&#x2F;img&#x2F;observations&#x2F;Aire.jpeg&quot; alt=&quot;picture&quot; style=&quot;width:100%;height:100%;&quot;&gt;
&lt;small&gt;Capture d&#x27;écran - Google map - Aire de Bourg Teyssonge&lt;&#x2F;small&gt;
&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Vendredi 7 février. De retour de 4 semaines en résidence artistique dans le Loiret, je remonte en voiture vers la Suisse. Me voici à nouveau du côté de Bourg-en Bresse. Ça me fait bizarre. Il y a 15 jours, on t’accompagnait dans la terre.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Je suis persuadée que nous sommes le 8 février. Le compte à rebours de l’exercice d’observation est enclenché. Une air d’autoroute. Je sais que tu aurais apprécié. Comme les œuvres de rond-point, comme tous ces espaces qui laissent perplexes parce qu’ils ont le charme du no man’s land organisé. Parce que le ringard est toujours à un fil de changer de statut.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Je n’ai pas le courage de m’assoir sur un banc, car j’ai besoin de rentrer. Je décide  de filmer pour une observation rétroactive.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;La vidéo a démarré à 16:20:33 heure de Berne le vendredi 7 février 2025, elle dure 4’11 minutes. Mon téléphone a nommé le lieu « Jasseron ».&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;10 minutes d’épuisement rétroactif -&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;&#x2F;ul&gt;
&lt;p&gt;Une jeep noir, brillante, qui se parque sans couper le moteur, un homme sort pendant qu’une femme reste à l’intérieur. Le moteur fait beaucoup de bruit, dégage une odeur forte. Elle marque son territoire.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Un grand bâtiment arrondi en lattes de bois et vitrages. Enseigne Starbuck. Une première entrée puis un banc qui invite à regarder le côté de l’air d’autoroute. En face une minuscule air de jeu entourée d’une grille, on peut jouer au prisonnier qui fait de la balançoire, des arbres, des espaces de terre non bitumés, des tables de pique-nique, une femme debout au loin qui a installé ses enfants sur l’une d’elles.  Derrière les arbres et le parking, au-delà des limites de l’autoroute, un petit avion décolle. Léger sentiment de décalage. Je suis l’avion avec mon téléphone.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Un homme court en direction du bâtiment.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Un autre homme soulève le couvercle d’une poubelle en bois y met quelque chose et repart. Il est suivi par un enfant pré-adolescent.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Je note qu’il y a des poubelles partout. Il y a plus de poubelles sur ces quelques mètres carrés que dans un village entier.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Un chien qui ressemble à Lassie, trotte et renifle un large buisson plat. L’homme qui court est à sa recherche. Le chien urine et s’en va.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Derrière une vitre quelques tables vides et un homme qui se baisse pour ramasser quelque chose avant de s’enfoncer dans le bâtiment.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Un homme à l’extérieur téléphone en faisant des petits tours.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;La jeep part.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vois presque que des hommes, éventuellement des enfants.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Le bâtiment est constellé de portes coulissantes qui libèrent régulièrement un homme.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Des arbres avec un nid en-haut dans les branches.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Un panneau avec une offre de boissons à deux euros.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Une grande sculpture en métal sur une colline de terre. Une oeuvre d’autoroute. Elle est conçue d’un cylindre en forme de bidon entouré d’une grande spirale formée d’une multitude de languettes plates et ondulées collées les unes aux autres et qui tournent autour du cylindre quatre fois. Le tout est attaché par des fines barres symétriques qui ponctuent l’ensemble. La spirale est elle-même attachée à deux fourches opposées comme un étendard à linge et qui semblent déployer des fils pour maintenir le tout. Pas de cartel. La décrire me fatigue.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Une bouche d’égout ou d’arrivée d’eau sur laquelle une personne a laissé des cailloux et des morceaux de bois formant un début de sculpture éphémère et improvisée. Oeuvre d’autoroute II.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Un autre avion décolle. Le soleil est voilé et brièvement je pense au film de Lars von Trier. Une voiture part. Des camions sont parqués au loin. Deux voitures se font face la capot ouvert. On dirait qu’elles se parlent. Un homme passe. Toujours pas de cartel, d’autres bouches, d’autres poubelles, des petites et grandes barrières, un autre homme qui marche plus lentement, il me regarde. Je me demande si c&#x27;est un psychopathe. Il finit par être rejoint par ses enfants qui cherchent à jouer avec lui. Une course poursuite commence avec des rires et des cris.&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Les grigris du tir à l’arc &#x2F; Leçon de choses
</title>
        <published>2025-02-09T18:07:33+00:00</published>
        <updated>2025-02-09T18:07:33+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/18-07-les-grigris-du-tir-a-larc-lecon-de-choses/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/18-07-les-grigris-du-tir-a-larc-lecon-de-choses/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/18-07-les-grigris-du-tir-a-larc-lecon-de-choses/">&lt;p&gt;
&lt;img src =&quot;&#x2F;img&#x2F;observations&#x2F;IMG_0474.jpeg&quot; alt=&quot;picture&quot; style=&quot;width:100%;height:100%;&quot;&gt;
&lt;small&gt;Le carquois aux peluches &lt;&#x2F;small&gt;
&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;En concours de tir à l’arc, certains archers possèdent des grigris, des porte-bonheur, des fétiches sur leur carquois. Certains porte-bonheur sont discrets, d’autres sont plutôt voyants. Voire très voyants.
Voici 25 questions sur les peluches d’Angelina, qui en possède sur son carquois mais aussi, fait beaucoup plus rare, sur son arc.
25 questions, c’est comme pour les peluches sur un carquois, c’est beaucoup. Et en même temps ce n’est jamais assez. On aurait envie de plonger dans chaque histoire de chaque objet et de tirer tous les fils. Nicolas Nova, avec cet exercice d’observation, à la suite de Georges Perec et de Baptiste Morizot, nous invite à interroger inlassablement notre environnement matériel et nos liens.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Comment se constitue la collection ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Les achète-t-elle elle-même ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-ce que ce sont des cadeaux ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-ce que ce sont des souvenirs de lieux ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;des souvenirs de personnes ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-ce que cela correspond à des univers fictionnels de prédilection ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Comment commence-t-on une telle collection ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-ce qu’on s’arrête, et si oui à quel moment ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-ce que ça donne de la force ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-ce que ça rassure, réconforte ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Quelle est l’importance des couleurs, des formes, des matières ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-ce que c’est autorisé par le règlement des concours de tir à l’arc ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Comment ça se passe en concours extérieur lorsqu’il pleut ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-ce qu’elle s’entraîne avec ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-ce qu’il y en a une ou deux ou trois préférées ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-ce que chacune raconte une histoire et si oui laquelle ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-ce que s’il en manque une, elle sent la différence ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-ce que ça peut s’apparenter à un cosplay, un costume dédié au tir à l’arc ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-ce que ça fait un rempart pour se concentrer ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-ce que ça permet de s’ancrer ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-ce qu’elle tire parfois sans les peluches et si oui comment ça se passe ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-ce qu’elle en a déjà donné ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-ce qu’elle en a déjà échangé ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-ce que ça lui permet de discuter avec les autres archers ou est-ce qu’ils font semblant de ne pas les voir quand ils sont en cible avec elle ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;&#x2F;ul&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Leçon de vie
</title>
        <published>2025-02-09T18:03:21+00:00</published>
        <updated>2025-02-09T18:03:21+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/18-03-lecon-de-vie/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/18-03-lecon-de-vie/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/18-03-lecon-de-vie/">&lt;p&gt;
&lt;img src =&quot;&#x2F;img&#x2F;observations&#x2F;9fevTGV.jpg&quot; alt=&quot;picture&quot; style=&quot;width:100%;height:100%;&quot;&gt;
&lt;small&gt;TGV Lausanne Paris - Quelques heures après l&#x27;hommage à Nicolas Nova à la Générale&lt;&#x2F;small&gt;
&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;1-Comment l&#x27;empreinte de la présence lumineuse de Nicolas va-t-elle perdurer dans le monde?
2-Sous quelles formes de présence&#x2F;absence?
3-Dans quels lieux réels et imaginaires?
4-Dans les circonvolutions de quels échanges?
5-Dans les éclats de quels regards?
5-Dans l&#x27;écoute attentive de quelles oreilles?
6-Dans les sonorités de quels silences?
7-Dans les écrits de quels doctorats?
8-Dans l&#x27;entrelacs de quelles pratiques artistiques et scientifiques?
9-Quelles seront les voies et les formes possibles pour concrétiser les potentialités encore en friche qui virevoltaient dans les multiples échanges que Nicolas entretenait avec la diversité de ses mondes?
10-Comment prolonger cette pensée souple et inventive pour enseigner, écrire, faire advenir de nouvelles hybridations?
11-Avec quels concepts, outiller la pensée de nos étudiant.e.s pour sculpter de nouvelles catégories pour préserver une relation de résonance avec nos mondes en mutation?
12- Comment, dans les pas de Nicolas, écrire à même la vie?
13-Comment objectiver ces gestes de recherche-création qui consistent à envelopper et faire tenir ensemble des mondes hétéroclites?
14-Comment, à l&#x27;image de Nicolas, ne pas perdre son temps à expliquer et fanfaronner tout ce que l&#x27;on a compris pour s&#x27;engager dans le FAIRE avec?
15-Que nous dévoile la mort brutale de Nicolas à propos des forces et vulnérabilités de nos existences?
16-Que nous enseigne Nicolas à travers sa précieuse capacité de jouer avec les codes, les cases, les catégories?
17-Comment cultiver avec persévérance cette pratique qui consiste à collecter des fragments des mondes que nous arpentons?
18-Comment ne jamais cesser de franchir les frontières entre les mondes passés, présent et en devenir en inventant de nouvelles pratiques, collaborations, règles?
19-Comment continuer de rire et de s&#x27;étonner de l&#x27;étrange malgré l&#x27;épreuve de la perte?
20-Comment ne pas muséifier la pensée vibrante de Nicolas?
21-Quels apprentissages expansifs seront activés par la pensée de Nicolas pour explorer-réparer nos mondes en mutation?
22-Comment continuer d&#x27;affleurécouter la mélodie des choses de nos mondes en mutations?
23-Comment activer des rencontres, bifurcations, expériences inédites?
24-Comment déjouer les pronostics?
25- Comment continuer de faire valser les contradictions apparentes, en faisant danser la pensée de Nicolas?&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Birch Syrup &quot;object lesson&quot;
</title>
        <published>2025-02-09T18:00:46+00:00</published>
        <updated>2025-02-09T18:00:46+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/18-00-birch-syrup-object-lesson/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/18-00-birch-syrup-object-lesson/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/18-00-birch-syrup-object-lesson/">&lt;p&gt;
&lt;img src =&quot;&#x2F;img&#x2F;observations&#x2F;IMG_2769.JPEG&quot; alt=&quot;picture&quot; style=&quot;width:100%;height:100%;&quot;&gt;
&lt;small&gt;Birch Syrup . Sirop de Bouleau . object lesson . first and final draft&lt;&#x2F;small&gt;
&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Does it hurt when they drill into your trunk
Do your branches grow brittle
Or do you have extra nutrients to spare
Do you feed other bugs, birds, animals
Or are humans your sole extractors&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Do you tell your friends about us
Is it a warning
Does the earth tell on you
Or do you give back where you can
Which nutrients do you really need&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;How are they processed
What conversions do you do
How is it different than what I do to you
What do you do with the sun
Or gasses in the air&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;What makes you taste so sweet
Why is maple sweeter
Is that what makes it an emblem instead of you
Aren&#x27;t you everywhere too
Do trees get jealous&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Don&#x27;t they peel back your bark
Doesn&#x27;t it protect you
Did you like it better when we didn&#x27;t know
Who knew your secret
Which one of them told on you&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Le chandelier
</title>
        <published>2025-02-09T16:43:53+00:00</published>
        <updated>2025-02-09T16:43:53+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/16-43-le-chandelier/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/16-43-le-chandelier/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/16-43-le-chandelier/">&lt;p&gt;Exercice &quot;Leçon de chose&quot;. J&#x27;ai choisi un chandelier disposé sur une table au Nabuchodonosor, un bar à vin toulousain. Le chandelier est recouvert de cire, visiblement rarement nettoyer. A croire qu&#x27;il tiens sur un pied de cire et non plus sur son propre pieds d&#x27;acier.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;d&#x27;où viens tu ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;tu n&#x27;étouffes pas sous toute cette cire ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;écoutes tu les conversations des clients ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;si oui, quelle est ta préférée ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;aimerais-tu te secouer ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;ça fait quoi d&#x27;être fait d&#x27;acier ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;t&#x27;as quel âge ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;cire végétale, d&#x27;abeille ou plastique ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;heure préférée de la journée ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;aimerais-tu faire un tour dehors ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;déjà mis le feu intentionnellement ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;qui t&#x27;as façonné ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;de la famille ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;as-tu servi à autre chose qu&#x27;à tenir des bougies ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;ta couleur favorite ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;une odeur de prédilection ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;pas trop de monde au bar ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;un rêve à réaliser ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;t&#x27;aimes les animaux ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;te sens-tu seul.e ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;ça brûle quand la flamme s&#x27;approche ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;la tapenade, avec ou sans anchois ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;des client.e.s qui te tripotent ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;devines ton poids au gramme près avec toute cette cire&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;un souvenir de vie à partager ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;&#x2F;ul&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>10 minutes un dimanche en terrasse
</title>
        <published>2025-02-09T16:18:00+00:00</published>
        <updated>2025-02-09T16:18:00+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/16-18-10-minutes-un-dimanche-en-terrasse/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/16-18-10-minutes-un-dimanche-en-terrasse/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/16-18-10-minutes-un-dimanche-en-terrasse/">&lt;p&gt;Le pont se sépare en deux. Un homme parle seul et fort, visiblement bourré, il &quot;est là&quot; et il va &quot;le&#x2F;la baiser&quot;. Un serveur passe et ses affaire cliquètent. Un autre nettoie vaguement d&#x27;un geste plus mécanique qu&#x27;efficace la table d&#x27;à côté. Les cyclistes attendent devant la barrière que le pont se recompose. &quot;Le mec galère de ouf&quot; dit une femme à la table d&#x27;à côté. Le pont est rouvert, la circulation reprend. Plusieurs scooters passent dont un plus bruyant que les autres. Le panneau indique Rue Dieu, 10ème arrondissement. La bâche indique &quot;LPIF&quot;, rien à voir avec le nez : Les Pierreux d&#x27;Île-de-France. Le gars bourré continue à crier. Les deux serveurs se regardent à l&#x27;entrée du café, ils ont l&#x27;air embarrassés. Le chien noir de la femme à la table d&#x27;à côté renifle quelque chose. Une joggeuse traverse la rue toute de noir vêtue à l&#x27;exception d&#x27;une casquette beige. &quot;Macron étron&quot; est écrit sous le pont piéton. Un petit chien en laisse traverse, il est habillé d&#x27;un manteau noir. Un couple de vieux hésite entre deux directions au passage piéton, la femme pointe vers le bas du canal en plissant des yeux, puis vers le haut du canal, puis de nouveau vers le bas. Finalement ils traversent pour descendre le canal. &quot;Muchas gracias&quot; dit un des hommes à la table d&#x27;à côté après avoir compris que la femme au chien noir avait payé l&#x27;addition. Ils partent. Les oiseaux remontent le canal d&#x27;un envol dispersé, quelques uns à la fois. Un couple sortant du café, chacun enfile son manteau d&#x27;hiver en commençant par une manche et en laissant l&#x27;autre bras ballant pendant un long moment. Deux couples face à des motos en face, ils ont l&#x27;air de les évaluer, peut-être qu&#x27;ils les comparent. Un vélo passe avec une enfant assise à l&#x27;arrière, la tête tournée vers l&#x27;arrière, elle doit avoir une étrange perspective du mouvement. Un des couples monte sur une des motos et démarre, la moto est très étrangement silencieuse. Il y a très peu de voitures qui passent, quelques taxis seulement. Un bébé dans une poussette toute beige passe et jette un regard dans ma direction. L&#x27;autre couple à côté des motos s&#x27;embrasse. Un jeune homme traverse avec une grosse doudoune noire gonflée et portée étrangement, un peu comme un jean taille basse mais pour une veste. Le serveur repasse. Un groupe de quatre hommes s&#x27;arrête au carrefour, deux d&#x27;entre deux se font une poignée de main très tranquille mais ne se séparent pas. Un autre bébé en poussette passe avec un manteau rose et fleuri. Un homme traverse les yeux rivés sur son smartphone, au même moment un cycliste en vélib passe les yeux rivés sur son smartphone. Un des deux hommes qui a serré la main quitte le groupe tandis que le reste traverse la rue. Le panneau à l&#x27;entrée du pont indique &quot;Sauf pompiers&quot; et de l&#x27;autre côté &quot;Sauf vélo&quot;, étrangement au singulier cette fois. Une affiche collée en face en noir et blanc : &quot;Avez-vous vu l&#x27;homme lapin ?&quot;&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>petit cimetière carre
</title>
        <published>2025-02-09T14:09:09+00:00</published>
        <updated>2025-02-09T14:09:09+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/14-09-petit-cimetiere-carre/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/14-09-petit-cimetiere-carre/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/14-09-petit-cimetiere-carre/">&lt;p&gt;Que peut-on trouver dans ce cimetière ?
Un cimetière avec des murs et un cimetière grillagè, ça change quoi ?
Pourquoi certains disent le champ de dieu?
Un cimetière ça dit quoi ?
Quelle différence avec un musée ?
Qui n’entre pas là ?
Comment perçoit-on la vie depuis ce lieu ?
Comment y arrivent les conversations ?
Quelle intimité ?
Les animaux se sentent-ils enfermés ou protègés ?
Pourquoi les pierres y règnent ?
Combien de polices d’écriture ?
Qu’est-ce que ça dit de l’amour ?
Le ciel y reflète quoi ?
Y fait-il plus chaud ?
Qui les fréquente ?
Quelle musique y entend on ?
Quelle est la place du plastique ?
Pourquoi pas de miroirs ?
Quelle vie souterraine ?
Quelle place y tient la poésie ?
Qu’y révèle la neige ?
Quelles photos peut-on y voir ,
Quelles photos y sont prises ?
Combien de plantes ?&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Fragments d&#x27;un étang
</title>
        <published>2025-02-09T13:57:01+00:00</published>
        <updated>2025-02-09T13:57:01+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/13-57-fragments-dun-etang/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/13-57-fragments-dun-etang/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/13-57-fragments-dun-etang/">&lt;p&gt;
&lt;img src =&quot;&#x2F;img&#x2F;observations&#x2F;EtangChaffaud-NicolasNova_BerrtandStofleth.jpg&quot; alt=&quot;picture&quot; style=&quot;width:100%;height:100%;&quot;&gt;
&lt;small&gt;Étang Chaffaud – Villars les Dombes - 8 février 2025 &#x2F;&#x2F; Exercices d’Observations – Nicolas Nova&lt;&#x2F;small&gt;
&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Lieu de promenade du village de Villars-les-Dombes faisant office de parc municipal, l’étang Chaffaud est situé dans la Dombes, cette région naturelle mitoyenne du Bugey natal de Nicolas, dans le département de l’Ain.
Territoire aux mille étangs (l’appellation est revendiquée également en Haute-Saône et dans les Vosges), la Dombes est la première région piscicole d’eau douce de France. Un système complexe de gestion de l’eau interconnectant les étangs les uns aux autres adossés à un système de rotation des cultures régit le cycle et l’exploitation des sols, de ses ressources et des paysages depuis le moyen âge.
Cette étendue d’eau longeant la zone industrielle en sortie de village est surplombée par la coopérative agricole Oxyane qui fait commerce de céréales, de semences et d’aliments pour bétail. C’est un des rares étangs accessibles pour les riverains et les touristes, car il appartient à la commune et il n’est pas de droit privé, en interdisant l’accès, comme le sont la plupart des autres étangs de la Dombes. Il est de fait un des espaces de promenades et de footing privilégié par les habitants et aussi un espace d’activité pédagogique pour les élèves des écoles alentour. Ce matin pluvieux de février, un seul adolescent balade son chien. Une société de pêche, l’association « la Gaule Villardoise » y organise la pêche sportive et de loisir, elle alimente l’étang en poissons (carpe, tanche, brochet, sandre). À 8h ce matin de février elle à procédé à un lâché de truites en prévision de l’ouverture de la pèche début mars. Quelques détonations au lointain rappellent que la saison de la chasse est ouverte dans ce secteur connu pour ses chasses privées pratiqué par les notables Lyonnais. Probablement dérangée par ces détonations, une formation de grues cendrées survole l’étang, évoquant l’une des composantes fortes de ce territoire et sa réserve ornithologique. Le train express régional reliant Bourg-en-Bresse à Lyon vient troubler un instant la tranquillité de ce paysage en cheminant entre l’étang et la coopérative agricole. Un panneau d’affichage public à la sortie du site vient clôturer l’expérience matinale du lieu, avec l’annonce des horaires d’ouverture de l’étang et des quelques actualités locales. Le Loto du sou des écoles y est annoncé, il aura lieu demain le dimanche 9 février, à la salle des sports, proposant entre autres : un séjour à Disney Land, une journée parc d’attractions le Pal, une nuit dans une cabane perchée, une mini cave à vin, un chèque de 150 € à valoir chez Décathlon, une friteuse sans huile, et de nombreux autres lots à gagner. Le texte accompagnant les visuels des lots est rédigé dans une typographie ronde polychrome aux couleurs vives et saturées (rose, verte et bleue), il distribue les informations essentielles de la journée à venir « Buvette restauration sur place, cartons à 3 €, début des parties à 14h pas de réservation de tables ».&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Vingt-quatre dans la vie d&#x27;une boite à livres
</title>
        <published>2025-02-09T12:56:08+00:00</published>
        <updated>2025-02-09T12:56:08+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/12-56-vingt-quatre-dans-la-vie-dune-boite-a-livres/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/12-56-vingt-quatre-dans-la-vie-dune-boite-a-livres/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/12-56-vingt-quatre-dans-la-vie-dune-boite-a-livres/">&lt;p&gt;
&lt;img src =&quot;&#x2F;img&#x2F;observations&#x2F;IMG_1719-2.JPG&quot; alt=&quot;picture&quot; style=&quot;width:100%;height:100%;&quot;&gt;
&lt;small&gt;La boite à livres de la rue Croulebarbe, Paris 13ème le samedi 8 février 2025 à 16:43&lt;&#x2F;small&gt;
&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;C’est une boite toute de guingois rue Croulebarbe, dans le 13me arrondissement, face au Square Le Gall. Je ne peux jamais m’empêcher d’y jeter un œil et de me dire que la rotation des livres qui y sont déposés est incroyablement rapide. Relevé d’activités durant 24 heures,  du 8 au 9 février 2025.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Samedi 8 février à 14 :30 :&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Il n’y a que deux livres sur l’étagère supérieure :  Documentaires 1986-1996 (La. Sept ARTE) Non, tu n’es pas encore ado ! Les 8-12 ans sont toujours des enfants.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Sur la planche inférieure, un exemplaire du Nouvel Obs : « L’écrivain et l’assassin. Entretien avec Emmanuel Carrère » (photo de celui-ci, les traits creusés, l’air abattu).&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Samedi 8 février à 16 :43 :&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Une demi-douzaine de livres sont arrivés : La Recherche biomédicale en danger ; Waiting for Sunrise, de William Boyd ; Je découvre Mozart ;  Le français par le français ;  Les petits chevaux de Tarquinia, de Marguerite Duras ; La Tête des autres (le nom de l’auteur est recouvert par un bandeau « Vous voulez me lire ? Emportez-moi ! »)&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Et sur la planche du dessous,  une pile de magazines se cache sous La Santé à la Pharmacie du Bon Dieu.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche 9 février à 9 :12 :&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Tous les livres sont partis. Ne reste que le catalogue d’Arte : Documentaires 1986-1996&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;La planche nue dévoile, écrit au marqueur noir : « Prendre c’est bien mais RENDEZ aussi pour les AUTRES »&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Tout est également parti en bas.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche 9 février à 11 : 20 :&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Toujours le vide total.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Mais une petite dame en bonnet tricoté s’approche et me demande ce qu’il y a à lire. Elle pense sans doute que je m’apprête à déposer le livre que j’ai dans la main droite, que je viens d’acheter, les souvenirs de Denis Podalydès sur Bourdieu. Sans attendre, elle me dit qu’elle vient d’acheter à la Procure un livre d’André Makine—vous connaissez André Makine ?—,  qu’il y a eu 100 millions de morts en URSS, que c’est bien de parler de la Shoah, mais qu’il y en a eu plus en URSS, que Simone Signoret et Yves Montand sont allés en URSS, qu’ils ont tout compris et l’ont dit en rentrant, que Trump va apporter la paix au Moyen-Orient, mais qu’il n’a que deux ans, et que tous les gros médias obèses le détestent, mais c’est formidable qu’il ait été réélu et que, vous allez voir, la petite dame vous l’avait dit, vous me le direz dans deux ans, il va apporter la paix au Proche-Orient, d’ailleurs les Libanais reviennent déjà et… Soudain la phrase s’arrête, elle me souhaite un bon dimanche et elle s’en va.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche 9 février à 14 :33 :&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Un seul livre de plus sur l’étagère supérieure : What’s the Super Mega Fuck !, publié à Paris  aux Editions Le Monte-en-l’air en 2021.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Je l’emporte.&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>12 - cueillette
</title>
        <published>2025-02-09T10:54:22+00:00</published>
        <updated>2025-02-09T10:54:22+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/10-54-12-cueillette/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/10-54-12-cueillette/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/10-54-12-cueillette/">&lt;p&gt;
&lt;img src =&quot;&#x2F;img&#x2F;observations&#x2F;IMG_1479-1-.jpeg&quot; alt=&quot;picture&quot; style=&quot;width:100%;height:100%;&quot;&gt;
&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Objets naturels et surnaturels trouvés sur place.&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Exercice d&#x27;observation par &quot;épuisement&quot; sur le parvis du John K. Randle Center for Yorùbá History and Culture, Lagos Island, Lagos, Nigeria
</title>
        <published>2025-02-09T09:46:49+00:00</published>
        <updated>2025-02-09T09:46:49+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/09-46-exercice-dobservation-par-epuisement-sur-le-parvis-du-john-k-randle-center-for-yoruba-history-and-culture-lagos-island-lagos-nigeria/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/09-46-exercice-dobservation-par-epuisement-sur-le-parvis-du-john-k-randle-center-for-yoruba-history-and-culture-lagos-island-lagos-nigeria/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/09-46-exercice-dobservation-par-epuisement-sur-le-parvis-du-john-k-randle-center-for-yoruba-history-and-culture-lagos-island-lagos-nigeria/">&lt;p&gt;
&lt;img src =&quot;&#x2F;img&#x2F;observations&#x2F;Squid-Game-sur-le-John-Randle-Center---Guitard-fevrier-2025.jpg&quot; alt=&quot;picture&quot; style=&quot;width:100%;height:100%;&quot;&gt;
&lt;small&gt;Une partie de &quot;Squid Game&quot; sur le toit du John K. Randle Center for Yorùbá History and Culture. Photo E. Guitard, février 2025&lt;&#x2F;small&gt;
&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Lagos, Lagos Island, 8 février 2025, 13h12.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;En ce début de samedi après-midi, sous un ciel couvert qui annonce l’arrivée des premières pluies, le parvis du John K. Randle Center for Yorùbá History and Culture est encore calme. Ouvert tout récemment au grand public, ce grand centre culturel à l’architecture novatrice, se voulant une réinterprétation moderne de références « vernaculaires » yorùbá, attire particulièrement la jeune élite économique et culturelle lagosienne, en quête de savoirs sur une partie de son histoire et de sa culture débarrassées des références coloniales britanniques.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Arrivée aux abords du grand bâtiment principal de couleur ocre, abritant un musée, j’aperçois pourtant de l’animation sur le toit en pente végétalisé. Un groupe d’une vingtaine de jeunes personnes, toutes en jogging verts, se rassemble face à deux autres personnes en combinaison intégrale rouge, capuche relevée et masque noir recouvrant leur visage. Une comptine enfantine dans une langue qui m’est inconnue retentie soudain, et je réalise immédiatement ce à quoi je suis en train d’assister : une reconstitution de la scène du « 1,2,3, soleil ! » de la fameuse série Netflix coréenne, &quot;Squid Game&quot;. Au pied du bâtiment, deux jeunes hommes habillés de noir, masque relevé sur le front, passent près de moi en portant une grande glacière et me confirme qu’il s’agit bien d’une reproduction du jeu.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Venant de la direction opposée, un jeune homme en short passe nonchalamment en balançant une scie au bout de son bras. Il rentre dans le bâtiment à ma droite, qui abrite une piscine et des vestiaires et en ressort aussitôt à vélo, sa scie toujours dans l’une des mains tenant le guidon.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce bâtiment justement, face à l’entrée du musée, un grand panneau lumineux blanc annonce « Lagos State Christmas Village », assorti des logos du Lagos State Tourism, Arts and Culture Board et du Lagos State Government. Trois femmes et deux jeunes enfants, puis une jeune femme seule, se prennent successivement en photo avec leur téléphone devant.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Une garde en combinaison rouge et masque noir du jeu &quot;Squid Game&quot; passe en courant et entreprend l&#x27;ascension du toit (il doit faire terriblement chaud sous son déguisement !).&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs petits groupes et couples déambulent maintenant lentement sur le parvis, certains habillés à l’occidentale, d’autres en grandes tuniques et ensembles en ankara, aṣọ òkè ou adirẹ au design moderne et manifestement couteux. Les femmes surtout se font photographier&#x2F;filmer, ou le font elles-mêmes, en marchant ou en posant. L’une prend ainsi longuement la pose pour son amie, assise dans un fauteuil devant le panneau lumineux. Deux autres posent ensemble sous un panneau de direction écrit en yorùbá.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Devant l’entrée du musée, des musiciens remballent leurs instruments, occidentaux et yorùbá, sans doute à la suite d’un concert donné plus tôt dans la journée.
Juste devant le musée, une petite voiture violette Peugeot 107 est garée sur une estrade, derrière un grand panneau célébrant le voyage en solo et par la route de Londres à Lagos de Pelumi Nubi, une jeune femme nigériane. Plusieur.e.s visiteur.se.s s’arrêtent pour le lire et se prendre en photo avec la voiture.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Un homme passe en direction de l’entrée du musée, tenant par la main une fillette d’une dizaine d’années, vêtue d’une longue tunique flottant au vent en adirẹ violet et jaune, bordée aux manches et au col d’aṣọ òkè brillant, la tête ceinte d’un foulard assorti, un signe Ying chinois autour du cou et un petit ventilateur portatif à la main.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;En fond sonore, on entend le bruit de la circulation (klaxons, sirène de police) et la musique de &quot;Squid Game&quot; dont le jeu se poursuit sur le toit du musée.&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Box de poche 4G
</title>
        <published>2025-02-08T23:33:03+00:00</published>
        <updated>2025-02-08T23:33:03+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/23-33-box-de-poche-4g/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/23-33-box-de-poche-4g/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/23-33-box-de-poche-4g/">&lt;p&gt;
&lt;img src =&quot;&#x2F;img&#x2F;observations&#x2F;BoxDePoche-ZTE_-MF920U_4G_LTE.jpg&quot; alt=&quot;picture&quot; style=&quot;width:100%;height:100%;&quot;&gt;
&lt;small&gt;Box de poche (ZTE MF920U 4G LTE) dans sa boîte d&#x27;origine&lt;&#x2F;small&gt;
&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Comment dit-on en anglais &quot;box de poche&quot; ?&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Comment sont générés les codes et la &quot;clé wi-fi&quot; qui font fonctionner la box de poche ?&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Que veulent dire les sigles IMEI, ICCID, SSID affichés sur l&#x27;étiquette ? &lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Si l&#x27;étiquette dit &quot;Box de poche 4G prêt&quot;, cela veut dire que d&#x27;autres étiquettes disent &quot;Box de poche 4G achat&quot; ?&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Combien de box de poche sont prêtées chaque jour aux clients SFR qui ont des problèmes avec leur box principale ?&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Que veut dire le nom du fabricant &quot;ZTE&quot; ?&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Quelqu&#x27;un a-t-il déjà connecté &quot;32 appareils Wi-Fi&quot; sur une box de poche ?&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Quelqu&#x27;un a-t-il déjà téléphoné la Hotline du fabricant en Chine ? (+86-755-26779999)&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi le nom de domaine du site web (www.ztedevice.com) est-il différent de celui associé à l&#x27;adresse mail de contact (mobile@zte.com.cn) ? &lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Est-ce qu&#x27;il arrive qu&#x27;on prête aux clients des box de poche plus puissantes (5G) ?&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que les concurrents de SFR prêtent aussi des box de poche ZTE ?&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont les autres marques de box de poche disponibles sur le marché?&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Comment fonctionne techniquement une box de poche ?&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi fonctionne-t-elle avec une carte micro-Sim mais pas avec mini-Sim ni nano-sim ?&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Peut-on dire que la box de poche fonctionne comme un téléphone mobile qui fait du partage de connexion ?&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la box de poche est-elle blanche ?&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Qui a fait le design des voyants lumineux et le choix des lumières en vert et bleu ?&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Batterie, antenne, signal... mais que veut dire le voyant &quot;enveloppe&quot; ?&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Que veut dire un voyant &quot;clignotant&quot;?&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;ZTE_B5B050... Comment personnaliser le nom du réseau Wi-Fi que la box de poche me propose par défaut ?&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Quels sont les profils de clients qui préfèrent avoir une box de poche à une box conventionnelle ? &lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;En cas de panne, est-ce qu&#x27;il y a des réparateurs de box de poche ?&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Quelqu&#x27;un lit encore la documentation de la box de poche pour trouver des réponses ou les questions sont directement posées sur des forums Internet ?&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Quand mon beau-père s&#x27;est pris en photo avec la box de poche, était-ce pour me dire qu&#x27;il l&#x27;avait bien reçue ou pour partager directement avec moi les codes wi-fi ?&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Est-ce qu&#x27;ils vont refiler ma box de poche &quot;usagée&quot; à quelqu&#x27;un d&#x27;autre à la fin de la période de prêt ?&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Y a-t-il des métaux rares recyclables parmi les composants internes de la box de poche ? Lesquels ?  &lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;&#x2F;ol&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>HoMa, H1W 1R9
</title>
        <published>2025-02-08T21:47:38+00:00</published>
        <updated>2025-02-08T21:47:38+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/21-47-homa-h1w-1r9/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/21-47-homa-h1w-1r9/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/21-47-homa-h1w-1r9/">&lt;p&gt;
&lt;img src =&quot;&#x2F;img&#x2F;observations&#x2F;hochelaga.jpg&quot; alt=&quot;picture&quot; style=&quot;width:100%;height:100%;&quot;&gt;
&lt;small&gt;Station Hochelaga, photo : Van Troi Tran&lt;&#x2F;small&gt;
&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Brigade propreté. On n’a qu’une ville à vivre. Objectif zéro déchet. Épicerie zéro déchet. Nettoyants en vrac. Ici on composte. Toujours dans un bac brun. Pas de circulaires, j’essaie de sauver la planète. On recycle les mégots! Cendrier Hochelaga, créatif et authentique. Collecte des résidus domestiques dangereux. Angle des rues Hochelaga et Honoré-Beaugrand. Peinture, huile, propane, ordinateurs, consoles, imprimantes, pneus déjantés, airs climatisés, vélos et pièces de vélos. 85% des matières qu’on retrouve dans le sac à ordures des Québécois pourraient être récupérées, recyclées ou compostées via un autre type de collecte, plutôt qu’être envoyées à l’enfouissement.
Brigade anti-éviction. C’est ici que le projet d’espacement intervient. Espacement de la fréquence de collecte. Espace d’affichage, espace libre, espace public, reunion publique, the Capitalist State, NO WAR BUT CLASS WAR, Fuck AirBNB, Free Gaza, Free Palestine, ACAB. Abolissons la police et les prisons. Rad Pride, rejetons le pinkwashing et le capitalisme rose. Écrasons la culture du char. Bibliothèque anarchiste 2035 Saint-Laurent, 3e étage, bibliodira.com.  #Fermezvotrecomptescotia. À bas les semeurs de guerre. Locataire d’Hochelaga, organize-toi contre ton proprio, tous les jeudis. Tous les jeudis contre les osties. Brunch sur les rénovictions le samedi 25 janvier. Non au PL31! Gel des loyers! Touche pas à mon loyer. Loyers trop chers? Blâmez les proprios, pas les immigrant.e.s! Au Québec, des compagnies comme AirBnB louent à court terme plus de 65 000 logis. À Montréal, 44% de ces logements sont vides une partie de l’année. L’immobilier est le secteur le plus riche du Canada. La justice protège les riches, et les riches menacent les pauvres, vrai. La solidarité entre voisin.e.s est notre meilleure défense. Notre syndicat peut vous aider à riposter! You are not alone. Nothing burns brighter than cop cars on fire. Hurry comrade, shoot the policeman, the judge, the boss, [the CEO]. […] Hurry to play.
Un terrain de jeu, entre 3h20 et 5h40 sans anticipation, sans le provoquer, s’est invaginé de lui-même dans l’obscurité… un drum and bass sans précédent.
And then?
And then?
And then?
Amour
Brigade Montréal, est. 2018. J’achète local. Sur tes traces. Nous sommes Impact Montréal FC. Netto Mx Crew. Montreal Green Corsairs. Positive creations. The Prowlers, Ultra Razzia. Maison Pingouin. Morning BEAT club. Show bénéfice du Carnaval anarchiste. Zoo Baby, Joé Napoléon, Chercheur d’or. Gold. Argent Comptant, meilleurs prix en ville. Loterie video. Les mauvaises herbes en vente ici. Liquidation totale, vente d’entrepôt Amazon. 12$&#x2F;H, Service baby-sitting. À votre domicile, tout âge. Heures sans employés. Nos employés sont en congé. Platinum and extra members only. Un défébrilateur externe automatisé et ainsi qu’une trousse de premiers soins sont également disponibles. En cas de défectuosité, vous devez payer à une autre borne. Chaque transaction est traitée indépendamment des précédentes. Nous acceptons Flash Interac en paiement sans contact. Certaines conditions s’appliquent. Commandes en ligne. Pour nos clients fidèles. Traitement spécial […] (demandez nous pour plus de précis détails). Karaoké 1 jeudi sur 2. Le rave commence à 7 :00 am et se termine à 10 :00 am. Want a tattoo? Tatouage à la machine flash ou custom. Tatouage naïf, tatouage joyeux, tatouage existentiel, tatouage memento mori. Studio privé, contactez Violette Violence! Toute personne intéressée peut obtenir des renseignements relatifs au projet particulier portant le numéro de dossier 1195378008.
La sagesse croît selon l’usage. Tour le monde naît un jour de fête.
Comme les rivières qui convergent vers le fleuve, toutes nos luttes sont liées.&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Lire et écrire la ville comme un jeu
</title>
        <published>2025-02-08T20:46:54+00:00</published>
        <updated>2025-02-08T20:46:54+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/20-46-lire-et-ecrire-la-ville-comme-un-jeu/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/20-46-lire-et-ecrire-la-ville-comme-un-jeu/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/20-46-lire-et-ecrire-la-ville-comme-un-jeu/">&lt;p&gt;
&lt;img src =&quot;&#x2F;img&#x2F;observations&#x2F;wake-up.jpg&quot; alt=&quot;picture&quot; style=&quot;width:100%;height:100%;&quot;&gt;
&lt;small&gt;Un appel à lire et&#x2F;ou écrire la ville&lt;&#x2F;small&gt;
&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Ce matin, je me suis promené dans le quartier de la Guillotière à Lyon, en pensant à Nicolas. Je me suis pris à imaginer la ville comme un immense plateau de jeu, un labyrinthe en perpétuelle recomposition où chaque détour cache un indice, une énigme, une porte dérobée vers une autre manière d’habiter l’espace. Ici, les murs parlent, les trottoirs murmurent et chaque recoin dévoile un message laissé par un joueur précédent. Mais comment jouer ? Où commence la partie ? Peut-être en ouvrant simplement l’œil, en ralentissant le pas, en lisant ces inscriptions anonymes comme autant d’invitations à comprendre les règles visibles et invisibles de la ville. Peut-être en ajoutant moi-même une trace pour guider d’autres joueurs qui viendront plus tard. Dans cette ville, chaque marche est un récit, chaque détour une bifurcation. La ville ne se traverse pas, elle se lit, elle s’écrit, elle se joue.
J’ai transformé mon exercice d’observation matinal en exercice d’écriture et voici les règles du jeu que je vous propose, avec un déroulement en 7 étapes. Pour chaque étape je vous donne des exemples, cités entre guillemets, des fragments de textes que j&#x27;ai pu lire sur les murs, les objets ou les sols de mon quartier.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Choisissez votre terrain
Choisissez un point de départ dans la ville, un quartier que vous connaissez bien ou pas du tout, au contraire. Et laissez-vous porter par le hasard. Regardez autour de vous et, comme le suggère Antonio Muñoz Molina cité par Nicolas dans son ouvrage Exercices d’observation, “Je lis chaque mot écrit que je découvre sur mon passage”. N’oubliez pas de jeter un œil dans chaque interstice d’où l’inattendu peut surgir. Peut-être près d’une porte d’immeuble toute taguée, sous un pont où les histoires s’accumulent en silence, ou sur le panneau publicitaire d’un abribus.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Identifiez les règles officielles
Prenez d’abord connaissance des règles formelles qui encadrent votre terrain. Les règlements municipaux tracent des limites, définissent des espaces, mais ils sont aussi les reflets des tensions et des évolutions d’une société.
“Vous entrez dans une zone de rencontre. Cyclistes : circulation à double sens sur la chaussée, 20km&#x2F;h max. Piétons : prioritaires circulent partout. Véhicules motorisés  Prudence, 20km&#x2F;h max”
“Aire de jeux Square Colombier-Chevreul. Destinée aux enfants de 1 à 8 ans. Cabane toboggan pour les 1-6 ans. Jeu ressort renard pour les 2-8 ans. Jeu ressort écureuil pour les 1-6 ans. Structure 3 tours pour les 1-6 ans. Parcours ludique pour les 2-6 ans. Panneau de manipulation pour les 1-6 ans. L’utilisation de ces équipements reste sous la surveillance des parents ou accompagnateurs adultes. Par mesure de sécurité, aucun objet extérieur ne doit encombrer les jeux et leurs pourtours. L’accès à l’aire est déconseillé en cas de conditions climatiques extrêmes (fortes chaleurs, gel, neige, vent). Merci d’utiliser les poubelles et garder ce lieu propre, ensemble protégeons l’environnement. Interdictions : engins motorisés, vélos et skate. Pratique de jeux de ballons. Liées à l’utilisation dangereuse des jeux : monter sur les toits, porter un casque ou un sac sur les jeux, remonter les toboggans à l’envers. (Pictos barrés : vélo et patins à roulettes, chien, cigarette allumée, verre de vin et bouteille, fleur dans une main)”
“Accès interdit aux véhicules GPL non munis d’une soupape de sécurité. Prohibited access for LGP cars without safety valve.&quot;
“Cour privée. Parking interdit”
“Espace sans tabac. Les espaces sans tabac contribuent à réduire l’initiation au tabagisme des jeunes et encourager l’arrêt du tabac ; éliminer l’exposition au tabagisme passif, notamment des enfants ; préserver l’environnement (crèches, écoles, parcs, squares) des mégots de cigarettes et des incendies. Le label “espace sans tabac” est créé par la Ligue contre le cancer.”
“Immeuble sous vidéoprotection. Nous vous informons que cet établissement est placé sous vidéosurveillance pour des raisons de sécurité des biens et des locaux. Pour tout renseignement, s’adresser au responsable de l’immeuble , auprès duquel vous pouvez également exercer votre droit d’accès, conformément à la loi n°78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, modifiée par la loi du 6 août 2004. Cette mesure a été mise en place afin d’assurer la sécurité des résidents et de prévenir toute nouvelle tentative de dégradation ou de vol. Les caméras de surveillance sont exclusivement destinées à protéger les espaces communs et à garantir un environnement plus sûr pour tous.”
“Terrain de sport Veyet. Accès libre. Horaires d’accès autorisés : 8h à 22h sauf dispositions contraires. Après 20h penser à respecter la tranquillité du voisinage. Accès au public. Pendant les périodes d’ouverture et en dehors des créneaux d’occupation réservés aux écoles de l’arrondissement. La pratique du vélo est interdite dans l’enceinte du terrain. Les chiens ne sont pas autorisés.”
“10m ←→ 10m Déménagement. Merci de respecter cet emplacement”
“tarification progressive du stationnement + juste + écologique” Le principe ? véhicule électrique ou léger = tarif plus léger”
&quot;Respectons le voisinage Boing ! Bing ! Bam ! Merci de déposer votre verre entre 7h et 20h.&quot; (sur un silo à verre)
Ces mots écrits, souvent sur des panneaux officiels, constituent les frontières visibles du jeu. Parfois, deux règles affichées entrent en concurrence… Mais alors laquelle adopter ? Devant le même terrain de sport, j’ai pu lire :
“Accessible au public. Horaires d’accès autorisés : 18h-22h. En période scolaire, du lundi au vendredi y compris le mercredi de 8h à 18h ce terrain est réservé aux activités sportives des établissements scolaires. Équipement destiné en priorité aux adolescents pour des activités sportives spontanées. La pratique du vélo est interdite dans l’enceinte du terrain. Le port des chaussures à crampons est strictement interdit. Les chiens ne sont pas autorisés. La mairie décline toute responsabilité en cas d’accident et invite les utilisateurs à respecter le matériel, la propreté du lieu et le voisinage, en conformité avec l’arrêté de police du 11 juin 2004.”
“Les 2 seules règles du terrain : (1) Match en 20 points (2) air ball -1 !!”
Cela montre aussi que toute contrainte est aussi une invitation à explorer les brèches, à voir où la ville déborde de ses cadres.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Découvrez les stratégies et tactiques urbaines
Certaines inscriptions ressemblent plus à des conseils pour mieux s’adapter à l’environnement urbain et explorer ses brèches, des astuces laissées par d’autres joueurs avant vous pour vous aider à bâtir vos propres tactiques :
&quot;Prends ton vélo&quot; (inscrit au pied d’un horodateur, un appel à l’alternative).
&quot;Adoptez la compost’attitude. Et hop ! direction compost.&quot; (sur une borne de collecte de déchets alimentaires)
“La nuit, le bruit ça nuit. Merci de respecter le sommeil de notre voisinage et de leurs enfants” (affichette sur le mur d’une boîte de nuit)
“Non c’est non, même à la Saint Valentin !” (collage sur un mur)
”mon amour je t’aime je t’aime je t’aime (petits coeurs dessinés) Un jour j’ai commencé. Un jour j’ai essayé” (inscription manuscrite sur un panneau “interdiction de stationner 24h&#x2F;24”)
“08&#x2F;02 10h-19h Salon Eurexpo Privilégiez TCL et covoiturage.”
Observez comment la ville vous propose des règles de vie astucieuses. Mais qui peut bien être derrière ces messages ?&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Identifiez les alliances et les guildes
D’autres joueurs ont déjà organisé des mouvements, des communautés ou des actes collectifs qui transforment la ville. Et ils vous ont peut-être laissé certains des messages sur lesquels vous êtes tombés. Certaines inscriptions sont probablement des signes de ralliement entre des joueurs qui vous proposent de l’aide :
&quot;Queer Power : ici les déchets alimentaires se récupèrent pour faire du compost.&quot; (tagué sur un bac de collecte de déchets alimentaires)
&quot;Mon 7ème sans mégots. La Mairie du 7ème et les conseils de quartier s’associent pour éviter que nos rues ne ressemblent à un immense cendrier.&quot; (affichette sur une poubelle publique)
“Tuto pour Macronistes : les graffs ne vous conviennent pas ? Faites comme vous faites avec le résultat des élections, ignorez les !!!” (tagué sur une vitrine)
“Ici, demandez Angela. Un dispositif Mairie Lyon 7” (affiché sur la vitrine d’un commerce)
“guide d’information pour les personnes exilées. Pour récupérer votre commande de guides : toquez ou appelez au 06 23 88 05 43. Le seul guide mis à jour chaque mois, traduit en anglais. Téléchargez le guide : www.watizat.org - QR Code” (affiché sur une porte)
“Chers voisins, chers passants, Depuis aujourd’hui, ce jardin existe ! Il a remarqué les sourires sur vos visages, et le respect de tous. Preuve que la confiance est possible. Qu’habiter, ce n’est pas forcément posséder pour soi, mais s’exposer au dehors, créer, offrir… Pour le plus grand bonheur de tous ! Prenez soin de moi !” (écrit à la craie sur une ardoise, au dessus de quelques bacs de plantes)
“Ici c’est le playground Jean Macé !! Tu es le&#x2F;la bienvenue pour chiller ou jouer au basket. Peu importe ton niveau, ton genre, ton âge, ta religion ou ta couleur… sauf si tu préfères Jordan Bardella à Michael Jordan !” (tagué sur le mur d’un terrain de sport)
Rejoindrez-vous l’un de ces mouvements ? Accepterez-vous de l’aide ?&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Affrontez les imprévus et obstacles
Le terrain de jeu est en constante mutation. Des événements surgissent, vous forçant à modifier votre trajectoire. Des énigmes ou des problèmes doivent être résolus.
&quot;Pardon si ça vous gonfle. Autom. 2024 &amp;gt; début 2026. Rue de l’Université. Dans le cadre de l’aménagement de la Voie Lyonnaise n°8, des travaux auront lieu dans ce secteur.&quot;
“Information eau potable nouvel occupant. Le saviez-vous ? Votre logement est alimenté en eau potable par Eau publique du Grand Lyon. L’eau de votre logement n’est pas comprise dans vos charges. Chaque nouvel occupant est dans l’obligation de souscrire un abonnement auprès d’Eau publique du Grand Lyon dès son entrée dans les lieux. Comment vous abonner ? (adresse email + numéro de téléphone + adresse postale)”
“(picto barré d’un chien) Idée reçue n°1 : les déjections canines sont de l’engrais pour les plantes. FAUX : elles les font périr ! Idée reçue n°2 : les jardiniers adorent mettre les mains dans la terre. VRAI : oui mais que dans la terre…”
Les détours imposés sont parfois des opportunités cachées. Prenez un autre chemin, observez ce que la contrainte vous révèle.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Décodez les énigmes du jeu
Certains messages sont laissés sans explication. Ils fonctionnent comme des clés vers un autre niveau de lecture de la ville :
&quot;Copiez-moi.&quot; (imprimé au sol sur le trottoir devant une école)
&quot;Tu n’es plus là où tu étais mais tu es partout là où je suis.&quot; (inscrit sur la vitrine d’une école d’art)
“Living is easy with eyes closed”
“Day after day after day. Enjoy. Keep try”
“higher is better”
“Je t’invite à ma fête d’anniversaire + QR code” (collé sur un mur)
“+ de canards. - de connards” (tagué sur une palissade de chantier)
“Stéphanie. Le silence, mon amour qu’est ce que les paroles nous infligent, j’aimerais tant te le dire, Dieu sais de moi que c’est de toi que je rêve, composé ma tristesse tissé en mille deux cent trois poèmes, je n’est vu personne qui pour toi s’anime, je regarde ma vie, c’était toi du moins j’y est cru, finalement aux ressort de la ville et des rues je me suis perdu…” (collé sur un local poubelle)
Sont-ils des appels, des invitations à l’action, ou des traces laissées par d’anciens joueurs qui, eux aussi, ont cherché à comprendre la ville ? À vous d’y répondre.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;
&lt;p&gt;Clôturez votre partie et laissez une trace ?
Je rentre chez moi après ce petit exercice d’observation et je me dis que la ville est bien un jeu sans fin, un puzzle dont les pièces s’ajoutent à mesure que l’on avance. S’il vous prend de tenter l’exercice, comme Nicolas l’a fait maintes fois, je suis sûr que vous trouverez un petit message pour vous intriguer, un graffiti qui semblait destiné à vous seul. Lors de ma déambulation j’ai lu ces quelques mots colorés : &quot;J’espère que vous aimerez nos tags.&quot; Une phrase jetée sur un mur, un appel sans signature, une façon de me rappeler que chaque mot laissé ici attend un lecteur. Et je me demande maintenant, vais-je laisser quelque chose à mon tour ? Un simple signe sur le sol, une phrase énigmatique collée sur une porte ou bien juste ce texte, comme règles de jeu à vous transmettre, avec la même intention que ce petit graff croisé à maintes reprises, un appel à un prochain joueur : &quot;Wake up&quot; ?
La partie ne s’arrête jamais vraiment. La ville vous attend. À vous de jouer.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;&#x2F;ol&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Surveiller le non surveillé. Une leçon de chose
</title>
        <published>2025-02-08T18:30:11+00:00</published>
        <updated>2025-02-08T18:30:11+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/18-30-surveiller-le-non-surveille-une-lecon-de-chose/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/18-30-surveiller-le-non-surveille-une-lecon-de-chose/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/18-30-surveiller-le-non-surveille-une-lecon-de-chose/">&lt;p&gt;
&lt;img src =&quot;&#x2F;img&#x2F;observations&#x2F;IMG_6819.jpeg&quot; alt=&quot;picture&quot; style=&quot;width:100%;height:100%;&quot;&gt;
&lt;small&gt;Aujourd&#x27;hui l&#x27;eau est froide&lt;&#x2F;small&gt;
&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Pourquoi y-a-t-il un poste de surveillance sur une plage non surveillée?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Quel type d&#x27;espace est une plage de baignade lorsqu&#x27;il n&#x27;y a plus d&#x27;eau?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Qui a dessiné ce poste de surveillance.&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Qui décide des zones de baignades sur les lacs du parc de la Gatineau?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;A partir de quand la glace disparait, en général.&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Pourquoi cette étendue de glace me fait penser à un vestige d&#x27;un monde qui disparait?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;La mise en tourisme des Lacs du parc de la Gatineau est-elle ancienne?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Quels types de fréquentation peut-on observer sur cette plage, en saison?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Pourquoi -a-t-on laissé la bouée tout l&#x27;hiver?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Les ours sont nombreux dans le parc, se baignent-ils dans ce lac ou est-il trop fréquenté?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;C&#x27;est habituel qu&#x27;il n&#x27;y ait pas d&#x27;activité de pèche au trou sur ce lac?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Y-en-a-t-il sur les d&#x27;autres lacs du Parc, ou sur des rivières?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Si un ours se noie, puis-je utiliser la bouée pour le sauver?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Quel bois a-t-il été utilisé pour construire le poste?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-ce le même constructeur qui a réalisé l&#x27;abri toilette qui le jouxte (a vu de nez je dirais oui, mais je me trompe peut-être)?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Comment s&#x27;effectue le choix des zones baignables et de celles qui le sont pas, des zones surveillées et de celles qui ne le sont pas?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Y-a-t-il beaucoup de lieu de baignades surveillées dans le parc de la gâtineau?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Qui décide des endroits de l&#x27;implantation des postes de surveillance?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Y a-t-il une règle métrique pour l&#x27;implantation des postes?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Qui paye tout cela?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Qui assure la maintenance?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Pourquoi n&#x27;y a-t-il personne d&#x27;autre que moi?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Pourquoi personne ne patine (alors que j&#x27;ai l&#x27;impression que tout le monde patine à Ottawa)?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Pourquoi ce lieu m&#x27;émeut?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Qu&#x27;est-ce qui me fait penser à Nicolas, dès que je vois ce poste de surveillance, ici-même, et qui me pousse à le photographier sans délai et à le proposer à Noticing.world?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;&#x2F;ul&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Perche volante
</title>
        <published>2025-02-08T18:29:10+00:00</published>
        <updated>2025-02-08T18:29:10+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/18-29-perche-volante/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/18-29-perche-volante/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/18-29-perche-volante/">&lt;p&gt;
&lt;img src =&quot;&#x2F;img&#x2F;observations&#x2F;IMG_4117.jpeg&quot; alt=&quot;picture&quot; style=&quot;width:100%;height:100%;&quot;&gt;
&lt;small&gt;Tendre une perche volante &lt;&#x2F;small&gt;
&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Observation de perches volantes ce jour&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Exercice d&#x27;épuisement d&#x27;un jardin inépuisable
</title>
        <published>2025-02-08T17:50:09+00:00</published>
        <updated>2025-02-08T17:50:09+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/17-50-exercice-depuisement-dun-jardin-inepuisable/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/17-50-exercice-depuisement-dun-jardin-inepuisable/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/17-50-exercice-depuisement-dun-jardin-inepuisable/">&lt;p&gt;C&#x27;est contraint par mon état convalescent après avoir été tamponné par une voiture alors que je roulais en vélo que je tente donc cet exercice d&#x27;épuisement depuis mon jardin inépuisable.
Je me suis préparé ce matin en mettant un collant sous mon pantalon de travail quand je me suis habillé, j&#x27;ai aussi mis un chapeau en feutre par dessus mon bonnet et j&#x27;ai alors failli mettre un plaid sur mon dos en pensant à Joseph Beuys et sa couverture lors de sa rencontre avec un coyote, puis je me suis ravisé et j&#x27;ai mis mon parka de travail dont le bleu roi me fait ressembler à un gendarme, car il fait vraiment froid.
J&#x27;ai cherché un petit moment l&#x27;enregistreur Zoom que j&#x27;avais top bien planqué dans un endroit discret de mon bureau, vérifié qu&#x27;il avait suffisamment de batteries, l&#x27;ai installé sur le pied photo Tourelle hérité de tata Marthe qui a fait le tout du monde avec, ai sorti de mon sac et taillé au taille crayon trois crayons de bois et pris mon carnet de terrain petit format, puis j&#x27;ai installé une chaise pliante dans le jardin, à l&#x27;angle de la maison, et posé l&#x27;enregistreur en direction du pommier qui est équipé d&#x27;une mangeoire où Sylvie dépose des boules de graisse avec des graines pour les oiseaux.
17h25 : ça va très vite, les pies jacassent, le reflet du soleil dans le mouvement d&#x27;une fenêtre de l&#x27;immeuble d&#x27;en face traverse le jardin, on entend une sirène, les moineaux qui piaillent, une mésange bleue et le son de la mailloche en bois flotté contre la cloche tibétaine qui est sous le pommier, agitée par le vent ; les pies jacassent et les moineaux piaillent à nouveau, la cloche tintinnabule, la mésange charbonnière s&#x27;approche du pommier, j&#x27;entends le tintement des deux petites cymbales en bronze frappées par un éclat d’obus, en bronze lui aussi, ramassé à la frontière italienne dans le Queyras, qui sert de battant ; les moineaux piaillent toujours depuis un jardin du voisinage, et j&#x27;entends des cris d&#x27;enfants derrière l&#x27;immeuble au fond du jardin ; j&#x27;entends la mésange bleue, une des pies jacasse à nouveau, il y a un oiseau qui chante dans le jardin du voisin et ça me fait penser à l&#x27;étourneau d&#x27;hier soir qui depuis la cheminée de mon voisin imitait d&#x27;autres oiseaux ; le vent agite les feuilles de lierre le long du tronc des bouleaux, les cymbales et la cloche tintent à nouveau, les moineaux piaillent toujours et la pie continue de jacasser ; le soleil illumine l&#x27;immeuble au fond du jardin, et il y a toujours un oiseau que je ne reconnais pas chez le voisin, qui me fait penser à un serin ou bien un chardonneret, mais ce n&#x27;est pas leur saison ; la pie jacasse, la mésange bleue chante et je la vois arriver dans le noisetier puis descendre dans le pot de la lavande où Sylvie a mis une boule de graisse avec des graines ; un rouge-gorge approche, il est dans le noisetier puis descend dans le houx, tandis que la mésange bleue est arrivée dans le pommier où il y a aussi une boule de graisse dans une mangeoire, mais elle n&#x27;y reste pas, sans doute parce que je suis trop proche ; le vent cette fois agite le carillon fait de tubes métalliques frappés par une légère pierre plate agitée par un couvercle de boite de conserve qui y est suspendu, et le vent agite aussi les feuilles vertes et luisantes de l&#x27;arum qui n&#x27;est pas très loin au pied du mur mitoyen avec le voisin ; le rouge gorge s&#x27;est posé sur la table en métal, ronde et délabrée, au fond du jardin : la mésange bleue est revenue dans le pot de lavande, tandis qu&#x27;au dessus d&#x27;elle une mésange charbonnière descend tout en gazouillant dans  les branches du noisetier
17h43 : les cymbales chantent et l&#x27;arum est agité par le vent : la mésange charbonnière gazouille dans le jardin du voisin, le rouge-gorge est à nouveau dans le noisetier puis descend dans le pot de la lavande d&#x27;où il est chassé par la mésange charbonnière ; les moineaux piaillent dans le jardin du voisin, l&#x27;un d&#x27;eux, un mâle, vient de se poser sur une branche de la glycine au dessus la cabane à outils, tandis que la charbonnière est revenue dans le pot de la lavande en quête de gras et de graines ;
17h47 : fin de l&#x27;exercice d&#x27;épuisement en hommage à Nicolas,  je récupère l&#x27;enregistreur que j&#x27;avais oublié de mettre en marche... seuls le crayon 6B et le carnet auront servi.
Éric Collias&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Chaine opératoire, faire du pain avec un robot
</title>
        <published>2025-02-08T17:12:34+00:00</published>
        <updated>2025-02-08T17:12:34+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/17-12-chaine-operatoire-faire-du-pain-avec-un-robot/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/17-12-chaine-operatoire-faire-du-pain-avec-un-robot/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/17-12-chaine-operatoire-faire-du-pain-avec-un-robot/">&lt;p&gt;Sans demeure, le cuisinier s’apprête à commencer son travail. Dans un évier en acier inoxydable, il nettoie préalablement les instruments qui lui seront utiles à la préparation.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Ce sera un pain en cocotte, il annonce.&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Comment ça ?, je demande,&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Et bien, il faut mettre la pâte dans la cocotte, fermer le couvercle et mettre le tout au four.
Je suis surprise.
Ensuite il s’aperçoit que l’eau a éclaboussé le long du comptoir, il éponge avec un torchon propre. En même temps, le son du téléviseur affichant un match de rugby couvre la pièce de bruits, paroles et musiques variées. Pause pub. Le cuisinier, chantonne les jingles et fini les slogans de publicités télévisées à voix haute, toujours sans regarder l’écran.
Il se munit de son portable de type smartphone et cherche la recette qu’il envisage de réaliser. Il est important de savoir qu’il n’a jamais fait du pain auparavant. Il semble perturbé par ma prise des notes.&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Je peux commencer à faire ma recette ou pas ?, me demande.&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Oui, bien sûr, je réponds.
Il s’approche donc d’un gros tiroir et extrait un verre doseur en plastique qu’il remplit précipitamment d’eau dans le même évier en inox où il a lavé ses ustensiles. Il s’approche d’un gros appareil qu’il nomme « robot de cuisine », et verse l’eau dans une sorte de cuve en acier qui couronne la machine. Il s’agit d’un appareil électronique multifonction, qui promet d’assister l’humain dans la cuisine tout en utilisant le moins de matériel possible.  Il se compose d’un gros socle blanc qui contient un moteur nourri à l’électricité et d’un conteneur en acier muni d’hélices accrochées à l’intérieur. Son socle permet de peser les ingrédients et de mobiliser les hélices du conteneur. Il dispose également d’un écran tactile où le cuisinier peut consulter des recettes, voie le poids détecté par l’appareil, son mode d’emploi et sélectionner les fonctions disponibles.
Pour commencer, le cuisinier verse l’eau dans le conteneur en acier et le résultat affiché sur l’écran ne semble pas lui convenir :&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Mais pourquoi 345 gros ? Je suis censé en avoir enlevé. (il s’adresse à l’appareil)
Le poids ne correspond pas à ce qu’il espérait. Il vide le contenant à nouveau dans le verre doseur et se dispose à le remettre dans le conteneur en acier, cette fois plus doucement, plus lentement, espérant ainsi que la machine puisse recalculer le poids « correctement ».
Une fois satisfait, le cuisinier ajout de la levure de boulanger à l’eau. Il s’attarde sur l’écran, circonspect. Il navigue avec l’index de sa main droite parmi les options proposées par l’appareil :&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Tiens c’est quoi ça ? C’est « malaxer » ou…. (il s’adresse toujours à l’appareil)
D’une voix relativement inaudible, il lit les possibilités affichées sur l’écran et finit par affirmer d’une voix exaltée :&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Ah ! deux minutes trente-sept !
Il sélectionne l’option « cuisson », durant 2 minutes à 37C°. Il couvre le réceptacle et une petite musique annonce le début du processus.
À ce moment même, la Marseillaise sonne de fond depuis le téléviseur, suivie de près de l’hymne national de l’Angleterre. Cela annonce le début de match et à nouveau des pubs…
Cinq minutes plus tard, la « cuisson » est finie (l’eau est maintenant tiède et la levure bien mélangée), il ajoute de la farine à travers une ouverture existante au sommet du réceptacle.
Il n’est pas d’accord avec le poids affiché dans l’écran de l’appareil. Il a ajouté 75 grammes de farine de trop et il est convaincu d’avoir raté sa recette. Il finit par sélectionner le mode « malaxer », durant deux minutes, « pour une pâte ferme ».
Il appuie sur démarrer et part regarder le match durant le temps du malaxage. L’appareil émet un petit son, une courte mélodie, indiquant le début du pétrissage. Après une minute il s’arrête. Le cuisinier revient étonné. Il regarde l’écran.&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Pourquoi « veille » ?
Il appuie à nouveau sur l’option « démarrer », et repart voir le match. Il parle au téléviseur comme s’il était au stade. Il pose des questions, mais n’attend pas que qui que ce soit lui réponde.
L’appareil émet une courte mélodie indiquant la fin du cycle de pétrissage. Le cuisinier se précipite vers la machine et ouvre le couvercle. Il semble très déçu par l’aspect de la pâte. Pas du tout homogène, elle ressemble à du sable semi-humide.
Il me demande :  - ça ne va pas, non ?
Je suis d’accord avec lui pour affirmer que cela n’est pas assez mélangé et nous décidons d’ajouter plus d’eau à la mixture. Il réactive le pétrissage pour encore 4 minutes, et repart regarder le match de l’autre côté de la pièce. Cette fois, il revient toutes les minutes pour vérifier que la machine continue à faire son travail. Quant à cette dernière, elle semble s’être embarquée dans un énorme effort. Nous pouvons entendre le moulinage des hélices à l’intérieur et elle tremble tout le long du processus.&lt;br &#x2F;&gt;
La musique sonne à nouveau, le cuisinier arrive et se montre plus satisfait du résultat de la pâte. Ensuite, il doit verser la mixture, actuellement plus homogène et compacte, dans un gros récipient ressemblant à un saladier pour la laisser reposer pendant une heure et demie.
Le cuisinier me demande de l’aide pour verser la mixture dans un saladier en verre. L’hélice du pétrissage étant accrochée au réceptacle de la machine, il est très difficile d’extraire la pâte. Après deux tentatives infructueuses à l’aide d’une spatule en plastique, je trempe mes mains à l’intérieur pour gratter le fond et les parois. Je réalise des mouvements circulaires, grattant du bout des doigts l’intérieur de la cuve en acier. La texture de la pâte est poisseuse et chaude, elle me colle aux doigts.
Nous finissons par mettre la texture et nous le recouvrons d’un film plastique. Je pars me laver les mains. J’entends le cuisinier depuis la salle de bain, demander à son smartphone de démarrer un minuteur :&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Dis Siri, met une heure trente !
Il ne restera que le mettre dans une casserole et le mettre au four…&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;&#x2F;ul&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Daily Toutou-walk Observatory
</title>
        <published>2025-02-08T16:34:37+00:00</published>
        <updated>2025-02-08T16:34:37+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/16-34-daily-toutou-walk-observatory/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/16-34-daily-toutou-walk-observatory/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/16-34-daily-toutou-walk-observatory/">&lt;p&gt;
&lt;img src =&quot;&#x2F;img&#x2F;observations&#x2F;Copie-de-Sans-titre.jpeg&quot; alt=&quot;picture&quot; style=&quot;width:100%;height:100%;&quot;&gt;
&lt;small&gt;Mosaïque choisie des sols aux alentours de mon immeuble&lt;&#x2F;small&gt;
&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Contexte&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Depuis un mois et demi, j’ai adopté un chiot avec mon compagnon. Il partage à présent le quotidien de notre foyer, et sa venue a bouleversé notre mode de vie. Nous habitons un petit appartement (2 pièces, 35 m2) en banlieue parisienne, à Cachan. Le chien a aujourd’hui 6 mois, nous l’avons adopté alors qu’il avait 4 mois ½. Ses besoins naturels impliquent de nombreuses sorties. En moyenne 3 à 4 par jour : une au réveil et ensuite une toutes les 5 à 8h jusqu&#x27;à la dernière avant le coucher, autour de 23h30-minuit. Leurs durées sont variables et évolutives avec l&#x27;âge du chien (aujourd’hui, entre 15 minutes - pour une sortie express centrées sur les besoins urgents - et 1h30 pour les balades plus exploratives impliquant parfois des jeux, des rencontres avec d’autres chiens et des séances de dressage). Ces sorties sont indispensables pour son bien-être et son développement. Un chien ne doit pas simplement faire ses besoins. D’autres activités sont nécessaires pour qu’il se sente bien, principalement : se dépenser physiquement, jouer, mastiquer, rencontrer ses congénères, découvrir et sentir des odeurs.
La balade canine comme nouveau prisme du quotidien&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;La note qui suit est en quelque sorte le bilan, ou plutôt un patchwork d’observations, de pensées, de choses entendues, pendant les sorties canines quotidiennes effectuées dans mon quartier.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Point de départ et point d&#x27;arrivée des balades : en bas de mon immeuble d’habitation.
Le parcours varie d’une promenade à l’autre, selon la motivation du chien, le temps disponible, mon envie ou non de pousser l’excursion vers des zones moins connues, ou encore tout autre micro-événement pouvant la prolonger ou l’écourter.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Au bout de quelques balades seulement, je suis entrée dans un monde social parallèle, dont je ne soupçonnais pas l’existence et auquel je n’avais jamais eu accès auparavant : celui des propriétaires de chiens, aussi appelés dog parents. La sociabilité entre humains à chiens, et entre chiens, que ces errances (à toutes heures de la journée, dans des périmètres variables) induisent est fascinante par bien des aspects. Cela peut prendre la forme de small talks à 7h30 du matin alors qu’on a enfilé à la va-vite un bas de pyjama et des Crocs ; ou des échanges de tips canins comme la meilleure adresse de toilettage à proximité de la N20. On finit par retenir le nom de tous les chiens du pâté de maison (et au-delà) sans jamais connaître celui des maîtres et maîtresses. On s’émeut de voir notre chien bien s’entendre avec Pepper le Kern du grand monsieur en doudoune kaki ; ou en écoutant le témoignage nostalgique de la mère adoptive de Pilou lorsqu’encore chiot, la petite créole “perdait ses dents de lait en machouillant un vieux t-shirt” offert par son humaine en guise de doudou.
Le chien en milieu urbain, un vecteur pour observer autrement
Les sorties canines ont plus précisément à voir avec les univers nicolas-novesques lorsque l’on prend en compte, d’une part, les faits et gestes du chien, et d’autre part, les détails de l’environnement urbain dans lequel il évolue au cours de ses flâneries. Avant même la publication de cet appel, je me suis naturellement retrouvée à suivre, presque systématiquement, toutes sortes de consignes présentes dans le livret écrit par Nicolas au cours de ces sorties quotidiennes. Sans doute parce que ses méthodos me sont connues et chères. Mais également parce que les curiosités amenées par cette nouvelle routine m’ont immédiatement frappées.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Observation des sols sous le prisme canin&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Premier constat : c&#x27;est fou le nombre de choses qui se trouvent par terre en ville, et auxquelles on ne fait pas forcément attention. Je ne parle pas simplement des marquages, des mégots, des merdes de chien ou des herbes sauvages qui élisent domicile dans les fissures des pavés et des murs. Les trottoirs peuvent être analysés de bien des manières mais les chiens, eux, en font leur terrain d’observation acharné. À l’échelle canine, ces plateformes souillées de toutes parts forment un terrain d’étude rempli d’informations et de stimulis vitaux. Pendant une balade, ils sont amenés à observer, renifler, lécher, croquer, avaler, déplacer, laisser toutes sortes de traces. Ils interagissent avec des centaines de détails que nous ignorons la plupart du temps en tant que piétons. C’est ce qui me frappe à chaque excursion. Le microcosme des trottoirs, vivant et non-vivant, se révèle sous la truffe de la bête que je tiens en laisse.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Quand le presque-sauvage côtoie l’urbain, l’Anthropocène se manifeste&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Bien que domestiqué à l’extrême, mon chien me rappelle quotidiennement qu’il est un animal, c’est-à-dire un être doté de pratiques instinctives jugées comme bestiales et sauvages. Il m’est donné de les observer chaque instant lors de ses sorties, lorsqu&#x27;il est confronté aux espaces et objets du monde humain. De la même manière que par le prisme canin, l’urbanité des espaces conçus par l’Homme irradie. Le contraste entre le chien et la ville est donc manifeste à chaque balade.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;En tant qu&#x27;humaine souhaitant prendre soin de son chien, je me dois d’être attentive à tous ses faits et gestes dans l’espace public, veillant a son bon comportement vis-à-vis de l&#x27;environnement, contrôlant ce qu’il pourrait ingérer etc. Les balades incarnent des rencontres sensorielles complètes entre une bête et des formes urbaines variées (humains, mobiliers, véhicules, faune et flore adaptées à la vie citadine, pollutions diverses, déchets par milliers).&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Liste non-exhaustive de comportements de mon chien pendant différentes promenades au sein de mon quartier d&#x27;habitation :&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Prendre entre ses crocs tous les mouchoirs, compresses ou pansements usagés-abandonnés&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Couiner à l’approche d’un congénère
Sniffer tous les recoins de la chaussée, imbibés d’urine ou non&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Mâchouiller un verre de terre inerte au square&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Jouer avec le ruban plastique des poubelles publiques&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Déplacer un morceau de tuile sur une butte herbeuse, et s’allonger pour croquer dedans comme si c’était un jouet ramené dans son panier&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Secouer dans sa gueule un vêtement perdu&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Frotter sa tête dans les restes d’un animal en décomposition&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Grignoter une chips oubliée aux abords de la gare&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Avoir des poussées d’énergies le menant à saucissonner du mobilier urbain avec la laisse&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Se mettre sur les pattes arrières pour regarder le train passer au-dessus des voies&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Glaner sur le bitume un grain de semoule cuit&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Croquer une miette échappée d&#x27;un paquet de nouilles lyophilisées éventré devant l&#x27;épicerie de quartier&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Manger de l&#x27;herbe ou d&#x27;autres végétaux, même le plus infime brin dépassant d’une fissure minérale&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Lécher une éclaboussure de café se déversant dans gobelet cartonné au pied de la boulangerie&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Grogner à l’encontre des travailleurs de la voirie&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Vouloir enquêter sous l&#x27;ensemble des voitures garées dans le quartier résidentiel pour débusquer la martre du quartier&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Manger des excréments frais
S’exciter en apercevant un chat traverser&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Déchiqueter des végétaux plantés par la commune dans un carré de terre dédié&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Se percher sur un muret et regarder les passants&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Courir après la faune urbaine comme les rats, pigeons, pies, corneilles&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Goûter une matière inconnue ressemblant à de la craie écrasée&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Se méfier des encombrants en tous genres&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Avaler une frite échouée sur le goudron&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Jouer avec différents morceaux de bois mort&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Chercher à entrer dans tous les magasins, halls d’immeubles, parkings et autres cours privées&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Avoir peur des poussettes, même à l’arrêt&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Sniffer du lierre rampant dégoulinant d’urine&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Marquer son territoire tous les mètres, et continuer de faire le geste (soulever la pâte arrière) même lorsque que la vessie est à sec&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Aboyer sur une poubelle communale imposante&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Vouloir traverser la rue en cavalant sans se soucier des voitures en marche&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;&#x2F;ul&gt;
&lt;p&gt;En somme, les sorties canines amènent à changer de point de vue (ce qui me paraissait idéal dans le cadre d’exercices d’observation), et à s’interroger sur la cohabitation des vivants, le façonnage des milieux urbains, l&#x27;artificialisation, l&#x27;hybridation, l’aménagement de l’espace public et bien d’autres thématiques.&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Brèves bourgeoises, brèves de comptoir, vendredi 7 février 2025
</title>
        <published>2025-02-08T16:31:36+00:00</published>
        <updated>2025-02-08T16:31:36+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/16-31-breves-bourgeoises-breves-de-comptoir-vendredi-7-fevrier-2025/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/16-31-breves-bourgeoises-breves-de-comptoir-vendredi-7-fevrier-2025/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/16-31-breves-bourgeoises-breves-de-comptoir-vendredi-7-fevrier-2025/">&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Vingt heures. Buvette huppée d’un centre sportif, ambiance country club. Deux jeunes personnes en tenue de tennis, au bar.&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;&#x2F;ul&gt;
&lt;p&gt;– Un mariage chasseur, c’est banal. J’adore les cors, mais c’est banal. On veut un mariage que personne n’oublie après deux mois. Une arrivée en montgolfière. On aura tout pour nous, le coucher de soleil. Comme mon cousin. La pelouse descendait et ils sont arrivés à deux, au galop, lui devant sur le cheval et ça c’était l’image inimaginable, avec du Wagner.
[…]
– Nous on est content de la vidéaste. 5.000 balles.
– Voyage de noces, 15.000, on va pas organiser tout nous-même, trois semaines, comme ça. Et chasser un animal. Tirer un animal. Un oryx. J’adore les cornes. C’est l’occaz. 1.500 pour ça, le faire empailler et le ramener. Tant qu’à faire, je ferais « en cape », jusqu’aux épaules. À voir aussi. Une journée, tu prends la nuit dans le lodge. La Namibie, façon rapide c’est 3 jours, confort c’est 7 jours.
À droite, tu as le Botswana. Non le Mozambique, sable blanc et tout ça fait la plage, le désert, un peu de tout. J’aimerais faire trois pays, 5 jours désert, 5 jours safari, 5 jours plage. Je n’ai pas envie d’être 20 dans un van. Juste deux, quatre maximum.
Vivre l’expérience de manière accélérée, tu comprends ?&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Café bruxellois typique, deux habitués après le boulot. J’y ai emmené Nicolas.&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;&#x2F;ul&gt;
&lt;p&gt;– Le vent est au nord-est, c’est pas bon pour la pêche.
– Pour la lèche non plus.
– Mais pourquoi ?
– J’en sais rien, demande aux poissons.
– Pêche au thon. J’adore
– On va bientôt en avoir des thons, dans filet.
Il pointe son pantalon. Et au barman : Tu nous en remets deux, s’il te plaît.
– Y a plus rien pourtant !
– C’est les Chinois, ils sont en train de tout vider. Même au Cameroun.
Ils parlent encore d’Espagne, de pêche et de pluie là-bas...
– Oh tu sais, raconter des conneries ça me délasse.
– En mars je me fais opérer.
– Du cerveau ?
– De la hanche. Le cerveau, ils ont pas encore trouvé.
– La gauche ou la droite ?
– Les deux.
– Ça c’est la frite.
– Oui, tu peux avoir des rejets, des staphylocoques...
– Je crois que tu peux jouer à l’Euromillions.
– Là tantôt, j’en ai rêvé... Dès qu’ils te l’ont mise, ça fonctionne. Les escaliers et tout.
– Enfin ça dépend du chirurgien, je suppose.
– C’est comme le contrôle technique. J’aurai un certificat. Parce qu’à l’aéroport ça va sonner maintenant.
– Si c’est de la céramique, c’est mieux que le titane.
Au barman :
– Dis, tu dois les fabriquer ou quoi ces pintjes ?&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Passage &#x2F; Paysage TGV #NoFilter 
</title>
        <published>2025-02-08T16:04:48+00:00</published>
        <updated>2025-02-08T16:04:48+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/16-04-passage-paysage-tgv-nofilter/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/16-04-passage-paysage-tgv-nofilter/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/16-04-passage-paysage-tgv-nofilter/">&lt;p&gt;
&lt;img src =&quot;&#x2F;img&#x2F;observations&#x2F;IMG_E6049.JPG&quot; alt=&quot;picture&quot; style=&quot;width:100%;height:100%;&quot;&gt;
&lt;small&gt;TGV Avignon TGV &#x2F; Paris Gare de Lyon paysage #NoFilter&lt;&#x2F;small&gt;
&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quatre mois, je prends et reprends le chemin vers Amsterdam, empruntant divers itinéraires, compliqués et longs au départ d&#x27;Avignon, Marseille, Nîmes et Arles. Parfois, ce voyage s&#x27;impose dans l&#x27;urgence, sans joie ; parfois, la rêverie de me réveiller dans cette ville de la liberté surveillée me plaît.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd’hui encore, j’observe autour de moi des mains emprisonnées dans le geste de Dürer, agrippées à des écrans de tailles variées, allumés, parfois caressés, mais souvent négligés. Je suis à la place 114, côté couloir, avec une chaise vide à côté de moi : la 113.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;C’est samedi, et le train de 15h41 pour Paris est presque complet. Paris reste LA capitale. L’hiver, le sud monte vers le nord. Je suis en première, wagon silence. Pas de rires. Pas même de sourires. J’entends la voix soumise et aguicheuse du barista, bien seul après la pause de midi. C’est bien l’hiver. Une pluie légère mais constante. Des ronflements.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde est habillé sport-chic, avec peu de marques apparentes. Hommes et femmes, 50&#x2F;50. Je reconnais mon inconfort face à cette condition nouvelle, où, dans un éclair, ils deviennent ces deux catégories de genre dont on dispose depuis le discours inaugural américain.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Langue dominante : le français. Pas de touristes en ce début de mois de février. C’est la version &quot;old-school&quot; du TGV, avec ses fauteuils rayés et sa moquette… un bordeaux en demi-teinte. Et là, je le vois. Comme à chaque fois, un autocollant sur la fenêtre à côté de moi, avec un pictogramme d’appareil photo très simplifié, entouré d’un cercle, accompagné des mots #NoFilter.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;La typographie tuilée, c’est Achemine, une famille de polices créée en 2008 pour la signalétique de la SNCF. Selon Wikipédia, ces caractères sans empattement ont été mis au point par Bruno Bernard pour améliorer la lisibilité des panneaux dans le cadre de l’accessibilité des gares.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Je comprends la consigne du petit téléphone portable qui fait dodo. Je comprends que le WiFi s’invite à bord.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi #NoFilter ?
La fenêtre du train serait-elle une lucarne vers un monde plus honnête, plus sincère, sans artifice ?
M’interdit-on d’utiliser un appareil photo, un iPhone avec un filtre ?&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Je cherche dans mon téléphone s’il existe un règlement sur la photographie qui aurait soudainement pris une importance essentielle. Pas de chance.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Le paysage me donne des indices :
Au départ, à 15h41, un ciel gris ternit les champs agricoles et les villages éparpillés.
À 17h45, le soleil vif se couche sous des nuages à la géographie sévère.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Je suis captivé par cette perspective : 2h41 minutes jusqu’à la Gare de Lyon, interdit d’ajouter un filtre, encouragé à ouvrir mes yeux, mes oreilles et mon cœur, à m’engager sans filtre sur cette route vers une maison oubliée.&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>le long du lac
</title>
        <published>2025-02-08T15:01:15+00:00</published>
        <updated>2025-02-08T15:01:15+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/15-01-le-long-du-lac/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/15-01-le-long-du-lac/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/15-01-le-long-du-lac/">&lt;p&gt;
&lt;video style=&quot;width:100%;height:100%;&quot; controls autoplay=autoplay&gt;
  &lt;source src=&quot;&#x2F;img&#x2F;observations&#x2F;lutry.mp4&quot; type=&quot;video&#x2F;mp4&quot;&gt;
&lt;&#x2F;video&gt;
&lt;small&gt;le long du lac long&lt;&#x2F;small&gt;
&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;entre le bleu et le bleu gris, il y a quelques instants&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Coins et recoins d&#x27;un chantier
</title>
        <published>2025-02-08T14:53:38+00:00</published>
        <updated>2025-02-08T14:53:38+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/14-53-coins-et-recoins-dun-chantier/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/14-53-coins-et-recoins-dun-chantier/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/14-53-coins-et-recoins-dun-chantier/">&lt;p&gt;
&lt;img src =&quot;&#x2F;img&#x2F;observations&#x2F;Design-sans-titre.gif&quot; alt=&quot;picture&quot; style=&quot;width:100%;height:100%;&quot;&gt;
&lt;small&gt;Diaporama d&#x27;images du chantier de la Place du Colonel Fabien&lt;&#x2F;small&gt;
&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Amoncellement : Tas de pierres, de gravats, de cailloux, de pavés, de bitume, de sable, d’outils et de matériaux de chantier, de déchets.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Assainissement : La première phase des travaux de la place du Colonel Fabien, située entre le 10ᵉ et le 19ᵉ arrondissement de Paris, a principalement pour objet l&#x27;élargissement des trottoirs, l&#x27;optimisation de l&#x27;éclairage et l&#x27;assainissement de la place afin d’améliorer la collecte et l’évacuation des eaux usées.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Barrières : Elles protègent et délimitent l’espace de travail des ouvriers, ainsi que la circulation des piétons et des automobilistes. Elles modifient à certains endroits le sens de circulation, créent un circuit tout autour de la place, réduisent la taille des trottoirs et dessinent un curieux labyrinthe dans certaines zones, créant ainsi des îlots.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Brouette : Cet outil rustique, dans les jardins habituellement, semble insolite sur un chantier. En effet, on ne voit jamais aucun ouvrier s’en servir. Leur usage est détourné : on y range des outils, des pelles, des balais, des bombes de peinture et des câbles électriques.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Bitume : Souvent confondu avec le goudron, dont l&#x27;utilisation est désormais rare, son odeur et sa couleur sont identiques. Lorsque le camion soulève sa benne, la matière chaude et noire se déverse au sol. Une fois ramolli, le bitume est étalé sur la surface de la future route grâce à une épandeuse, puis aplani à l’aide d’un rouleau compresseur.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Bordure : Les bordures en béton, qu&#x27;elles soient préfabriquées ou coulées, sont le plus couramment utilisées pour séparer les flux de circulation ou guider l’eau de pluie vers les avaloirs. À cette étape du chantier, elles sont maintenues droites par l’ajout de ciment à leur base. Elles serpentent en enfilade au milieu de la place en restructuration, formant une rangée de dents mises à nu.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Batte de baseball : Sur les abords du chantier, un ancien bar à chicha vient de trouver un repreneur, qui a baptisé l’endroit en travaux l’Eden Café. Ce nom prometteur est trompeur. Le propriétaire chasse en effet chaque matin les sans-abris érythréens qui dorment juste devant en les menaçant avec sa batte de baseball.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Chaussée : Une chaussure traîne au milieu de la chaussée. Une chaussure féminine en cuir noir. Comme ces vêtements aperçus dans l’espace public, il y a quelque chose d’indécent à découvrir un objet intime au beau milieu de la route, sans savoir comment il a pu arriver là. Chaussée, déchaussée.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Cône de signalisation orange : Ils ne sont pas utilisés et restent en réserve. Habituellement, ils balisent l&#x27;entrée d’un chantier ou signalent un danger, mais ici, leur présence semble déplacée dans cet endroit déjà surchargé d&#x27;objets et de signes.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Conteneur : Discrètement installés sur un côté de la place du Colonel Fabien, les deux conteneurs servent aux ouvriers qui, en fin de journée (le chantier commence tôt mais finit vers 16h), viennent se changer (ils ôtent leur casque, leur veste orange, leur combinaison) avant de rentrer chez eux.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Circulation : La modification de la circulation pendant la durée des travaux provoque d’impressionnants embouteillages.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Dalle : Élargissement et pose de dalles sur les trottoirs situés entre le boulevard de la Villette Nord et l’avenue Mathurin Moreau, ainsi qu’entre l’avenue Claude Vellefaux et la rue de la Grange-aux-Belles.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Dameuse : L’ouvrier tremble avec l’engin. Il semble faire corps avec lui. On n’a pas l’impression que c’est lui qui dirige la machine, mais qu’il vibre et bouge avec elle.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Feu de signalisation : Ceux qui ne sont plus en fonction pendant les travaux ont été recouverts de scotch orange. Vu leur mauvais état, on se demande parfois si ce scotch n’a pas juste pour but de maintenir le feu debout jusqu’à la fin du chantier.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Flèche : Le marquage au sol n’indique plus la direction à suivre. La flèche qui signalait aux automobilistes de tourner à droite au feu perd tout son sens depuis que la route est protégée par des barrières, en attente d&#x27;une future intervention.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Gants : Abandonnés là par un ouvrier, ils préservent la forme des mains qui les ont utilisés.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Gravats : Le bitume est cassé à coups de marteau-piqueurs, avant d’être placé dans de grands sacs orange (Big bags). Parfois, ils sont laissés sur place, à même la tranchée où ils ont été brisés. Cela évoque la manière dont on laisse respirer la terre dans son jardin après l’avoir bêchée et retournée.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Housse de protection : Certains engins sont recouverts de housses le soir. Parfois, un simple voile de plastique est posé sur des sacs de ciment pour les protéger de l’humidité.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Îlot : Le chantier doit créer un îlot de fraîcheur et un espace de préservation de la biodiversité. Des zones ont été délimitées dans l’espace de la place pour en interdire l’accès aux véhicules et aux piétons, permettant ainsi aux ouvriers de travailler sans encombre.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Isolation : Les câbles électriques et téléphoniques passent à travers de nouveaux tuyaux ou canalisations insérés dans des tranchées qui parsèment l’ensemble du chantier. Les fils sont protégés avant d’être enterrés.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;No man’s land : Le soir, après le départ des ouvriers et de leurs véhicules, les espaces libérés pour permettre aux camions de manœuvrer et d&#x27;apporter le matériel nécessaire au chantier offrent de larges zones vides. La ville semble soudainement à l’abandon. Des personnes s’y aventurent parfois et traversent ces espaces, dont le sol est recouvert des traces des camions et de la poussière des travaux.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Œuvre d’art involontaire : Dans une des tranchées, pour maintenir en suspension une canalisation, des ouvriers ont ingénieusement disposé un séparateur de voies empilables de couleur rouge, sur lequel ils ont entassé trois morceaux de bois formant une pyramide au sommet de laquelle repose une canalisation en équilibre.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Palimpseste : Tout ce qui ressurgit dans le réel d’une réalité passée. Dans la ville en chantier, on voit des traces de démolition de constructions anciennes, des tags qu’on efface et dont il ne reste qu’un fragment, et certaines qui effacent d’autres écritures, signalisation, affiches, adresses, couches de bitume en recouvrant d’anciennes, comme autant de strates de temps différents.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Panneau : Les panneaux de signalisation ont été enlevés dans les zones en travaux. Déplacés régulièrement pour les besoins du chantier, ils s’abîment au fil des jours : au sol, accolés contre un mur, sur un pilier ou une barrière.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Peinture : Des lignes, des mots, des chiffres peints au sol, sur le bitume, les pavés et les trottoirs, pour indiquer les principaux axes des travaux à effectuer. Chaque couleur désigne un type de travaux : canalisation d’eau, de gaz, câbles électriques, câbles téléphoniques.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Potelet : Soigneusement empilés sous un banc pour les protéger.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Permis d’aménager : Des affiches blanches plastifiées ont été installées à la hâte sur d’anciens panneaux de signalisation, des feux rouges. Souvent loin des endroits où les piétons peuvent circuler, on ne peut pas lire leur message, seuls les mots Permis d’aménager sont visibles à distance.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Pavés : À Paris, dès que des pavés sont enlevés, la rue prend un air d’insurrection. J’apprends au passage que si les premiers pavés parisiens étaient en grès et provenaient des carrières de Fontainebleau, avec l&#x27;abaissement du coût du transport, c’est le granit breton, plus solide, qui a désormais les faveurs des ingénieurs de la Ville de Paris depuis les années 1950.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Plot en béton (pour clôture mobile de chantier) : En ville, ces plots sont souvent détournés par les sportifs, qui, au lieu de soulever de la fonte, s’entraînent désormais en extérieur avec des plots en béton. Dans ce chantier, ils servent à stabiliser les barrières de sécurité.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Quartz (graviers de chantier) : Au fond de la tranchée, le gravier est jeté sur le sable avant d’être recouvert de terre, pour drainer l’ensemble, puis disposé à l’aide d’une pelle.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Raccourcis : Les habitants et les passants cherchent systématiquement à contourner les barrières et plots de sécurité qui délimitent les zones de travail. Malgré tout, ils trouvent des chemins alternatifs, souvent plus longs et dangereux, en franchissant les barrières ou en sautant par-dessus. Ils traversent la route sans protection et se retrouvent isolés au milieu de la chaussée.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Strates : Les tranchées, les trous creusés pour assainir les canalisations, laissent apparaître les différentes couches du sol : bitume, pavé, terre, sable et gravier. Cet empilement de matières aux couleurs subtiles est un ravissement pour l’amateur d’art abstrait.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Seaux : Ils reposent par terre, enchâssés l’un dans l’autre, tels deux vieux chapeaux usés.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Séparateur Glissière béton armé : Des ouvriers ont repeint les séparateurs avant le début du chantier, avec leur rouleau de peinture jaune, blanc et rouge pour recouvrir les couleurs usées et certaines parties salies ou couvertes de graffitis, afin de les rendre plus visibles pour les automobilistes.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Tranchée : La place du Colonel Fabien s&#x27;appelait autrefois la place du Combat, en référence à une ancienne arène où se déroulaient des combats d’animaux. Au XIXᵉ siècle, cet endroit abritait une arène appelée le Champ de la Courtille, célèbre pour ses affrontements entre animaux. Après la Seconde Guerre mondiale, la place a été rebaptisée en hommage à Pierre Georges, alias Colonel Fabien, résistant communiste et héros de la lutte contre l’occupation nazie. Les câbles, canalisations et racines des arbres qui traversent ces tranchées font penser à des corps écorchés, révélant ce qu’il y a sous la peau.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Trou : Chaque endroit a son envers, chaque trou son tas à proximité.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Tag : Les barrières de sécurité sont progressivement recouvertes de tags. On peut dater la durée d’un chantier au nombre de tags apparus sur les parois depuis son commencement.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Trottoir : Le paradoxe du chantier est qu’il faut réduire un temps la taille des trottoirs pendant les travaux pour créer de nouveaux trottoirs plus vastes, agréables et fonctionnels.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Terrasse : Les terrasses des cafés sont les plus impactées par cette première phase des travaux de la place.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Vestiges : Lorsque le chantier est à l’arrêt, le week-end, tout est calme et serein. Le chantier se transforme en site de fouilles archéologiques.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Zones : Pour faciliter le travail des ouvriers et limiter les désagréments pour les habitants, les passants, les commerçants et la circulation des véhicules, des zones ont été réservées pour concentrer l’essentiel des travaux dans ces seuls endroits. Le centre de la place est laissé en dehors du chantier dans sa phase actuelle. Cependant, d’ici un an, la future forêt urbaine y sera installée.&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Electric candle
</title>
        <published>2025-02-08T14:46:04+00:00</published>
        <updated>2025-02-08T14:46:04+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/14-46-electric-candle/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/14-46-electric-candle/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/14-46-electric-candle/">&lt;p&gt;
&lt;img src =&quot;&#x2F;img&#x2F;observations&#x2F;20250208_164520.jpg&quot; alt=&quot;picture&quot; style=&quot;width:100%;height:100%;&quot;&gt;
&lt;small&gt;The LUMEA LDT electric candle in a cafe in Bergen, Norway&lt;&#x2F;small&gt;
&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;When was it introduced?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Where is it manufactured?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Is the plastic candle designed and sold together with the glass holder?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Is it more eco-friendly than a regular candle?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Is it used because regular candles would be forbidden by fire safety regulations?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Why does the bottom label have a warning about not removing the label itself?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;What other functions are available through the unseen remote control?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Does it produce more or less light than an actual candle?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;How many people would remember &quot;candleness&quot; after leaving the cafe without realizing the candles were electric?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Where does the word &quot;candle&quot; come from?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;How much does one electric candle cost?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;How long does one charge last?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;How is the slow flickering effect achieved?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;What does the LUMEA LTD company produce, besides this object?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Where did this specific electric candle travel from, as bits and pieces, as it was assembled, packaged, shipped and sold?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;How long ago was this candle manufactured?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;How many people touched it in its lifetime?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Is it skeumorphism if the interaction is actually different (i.e. the candle flame doesn&#x27;t burn, it can only be turned off via a button on the bottom)?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Why does my hand feel the illusion of warmth when it hovers over it?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;What does the CE acronym printed on the bottom label mean?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;How much of a candle&#x27;s perceptual affect is encultured, and how much is it ancestral memory of fire?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Are there religious justifications for the use of electric candles across faiths?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Would it float?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;How easy would it be to hack it into a data visualization medium?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Can you feel its silent hum?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;&#x2F;ul&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Au vol dans le bus - Au vol au marché
</title>
        <published>2025-02-08T13:51:44+00:00</published>
        <updated>2025-02-08T13:51:44+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/13-51-au-vol-dans-le-bus-au-vol-au-marche/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/13-51-au-vol-dans-le-bus-au-vol-au-marche/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/13-51-au-vol-dans-le-bus-au-vol-au-marche/">&lt;p&gt;[Sur la ligne 20 du bus de La Rochelle à Châtelaillon-Plage]&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;On parle des places qui restent sur le parking, il reste des places mais pas beaucoup.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;On parle d&#x27;avoir pris ou pas un pull, et que celui qui a pris un pull est plus malin que celui qui n&#x27;en a pas pris.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;On parle des cygnes dans l&#x27;étang et de la beauté des cygnes dans l&#x27;étang.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;On parle du monde qu&#x27;il y a sur le trottoir, on dit que ce sont sûrement les jeunes ouvriers qui travaillent sur le chantier d&#x27;en face, ou peut-être des étudiants, on ne peut pas savoir.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;On parle de la place que l&#x27;autre prend et de s&#x27;il peut prendre moins de place.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;On parle d&#x27;une maison à vendre et de &quot;t&#x27;as qu&#x27;à l&#x27;acheter.&quot;&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;On parle des ruisseaux qui sont bien pleins. On dit que cet hiver, on ne manquera pas d&#x27;eau.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;On parle des gens qui sont trempés.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;On parle de la police, &quot;Tiens la police, elle mange au McDo.&quot;&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;On parle d&#x27;où il faut descendre pour aller au Carrefour et de pourquoi les gens descendent là et pas là-bas, c&#x27;est quand même plus prêt.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;On parle des égouts qu&#x27;on est en train de curer. On parle qu&#x27;il y a de l&#x27;eau, beaucoup d&#x27;eau quand même.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;[Quelques minutes plus tard, dans la file chez le fromager, au marché de Châtelaillon-plage]&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;On parle de balcon et d&#x27;ouverture à faire en façade, et d&#x27;anciennes fermetures faites de lattes de bois, et de gars qui s&#x27;emmerdaient pas autrefois.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;On parle de serrures que l&#x27;on peine à ouvrir, et de la matinée qui est déjà passée.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;On parle de fatigue, d&#x27;être fatiguée, d&#x27;être obligée de tout le temps, tout le temps faire des choses, d&#x27;être fatiguée, trop fatiguée, d&#x27;avoir des vertiges, d&#x27;être trop stressée, de corps qui dit stop.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;On parle de vente, de déménagement, de location, on parle de faire attention, de tintouin, d&#x27;être sur les dents, de nouveau frigo, de livraison, d&#x27;être présente pour la livraison.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;On parle de jardin, de jardinier, d&#x27;entretien, de devis, de mail, de réponse à donner.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;On parle de nuit, de jour, de qualité de sommeil, d&#x27;insomnie, de fatigue, de repos.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;On parle de pain à trancher, et avez-vous un compte chez nous ?&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>L&#x27;arbre devant chez nous
</title>
        <published>2025-02-08T13:44:11+00:00</published>
        <updated>2025-02-08T13:44:11+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/13-44-larbre-devant-chez-nous/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/13-44-larbre-devant-chez-nous/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/13-44-larbre-devant-chez-nous/">&lt;p&gt;
&lt;img src =&quot;&#x2F;img&#x2F;observations&#x2F;arbre-devant-chez-nous.jpg&quot; alt=&quot;picture&quot; style=&quot;width:100%;height:100%;&quot;&gt;
&lt;small&gt;un habitat possible, ou un vortex&lt;&#x2F;small&gt;
&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu’où ses racines poussent-elles sous le sol de chez nous ?
Vont-elles jusqu’à mon lit ?
Combien compte-t-il, sous son écorce, d’insectes, de champignons, de levures ?
Pourquoi a-t-il une branche qui s’enroule autour d’une autre comme une mèche derrière l’oreille ?
Combien de fois la voisine d’en face a-t-elle profité de notre absence en été pour lui couper sévèrement les branches  ?
Combien en a-t-il perdu spontanément, tombées comme de vieilles dents ?
A-t-il pâti plus sévèrement de perdre la branche qui faisait un pont vers le toit, et permettait à mon chat d’y passer ?
Combien de gens se sont-il cognés à son tronc pentu en cherchant à la contourner ?
Venait-il d’un nid dans ses branches, le pigeonneau qui s’est un matin égaré à l’intérieur de chez nous ?
Quelqu’un lui a-t-il un jour donné un nom ?
A quel âge a-t-il produit sa première prune ?
Combien a-t-il donné de prunes jusqu’à maintenant  ?
Ses prunes sont-elles bonnes, et sucrées ?
Notre voisin Amor est-il mort un peu à cause d’elles, lui seul qui les mangeait, ou bien est-il mort de trop d’alcool, ou bien de trop de tristesse ? Ou bien de tout cela à la fois ?
Sont-elles vraiment contaminées par ce sol parisien et industriel, où se trouvait avant une imprimerie ?
A-t-il été planté ou bien a-t-il poussé tout seul comme un grand, à partir d’un noyau qu’aurait craché un des gars de l’imprimerie ?
Existait-il seulement du temps de l’imprimerie ?
Est-ce Amor qui aurait craché un premier noyau de prune a cet endroit, et aurait fait naitre l’arbre ? Amor était là bien avant nous, ce serait vraisemblable.
Quel âge a-t-il ?
Combien de soirées d’été a-t-il abrité sous ses branches ?
S’il pouvait en parler, en serait-il un témoin fiable ?
A-t-il vu des drames ?
Quand va-t-il mourir (ça fait déjà 20 ans qu’on croit que c’est pour bientôt)
Au fur et à mesure qu’il vieillit, qu’il perd ses branches latérales, se tord et se penche, il prend la forme d’une torche. Sa mort est-elle un lent incendie ?
Verrais-je sa fin ?&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>25 questions sur une figurine de photographe en train de photographier
</title>
        <published>2025-02-08T13:20:52+00:00</published>
        <updated>2025-02-08T13:20:52+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/13-20-25-questions-sur-une-figurine-de-photographe-en-train-de-photographier/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/13-20-25-questions-sur-une-figurine-de-photographe-en-train-de-photographier/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/13-20-25-questions-sur-une-figurine-de-photographe-en-train-de-photographier/">&lt;p&gt;
&lt;img src =&quot;&#x2F;img&#x2F;observations&#x2F;IMG_5908.jpeg&quot; alt=&quot;picture&quot; style=&quot;width:100%;height:100%;&quot;&gt;
&lt;small&gt;La figurine&lt;&#x2F;small&gt;
&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;1 &#x2F; Quand a-t-elle été fabriquée ? Dans les années cinquante ? Soixante ?
2 &#x2F; Un enfant&#x2F;des enfants a-t-il&#x2F;ont-ils joué avec ?
3 &#x2F; Qui l’a peinte ? (La question se pose car elle date d’une époque où les figurines étaient peintes à la main)
4 &#x2F; Faisait-elle partie d’un ensemble plus vaste ?
5 &#x2F; Quelles autres figurines faisaient partie de la même série ?
6 &#x2F; À quelle occasion a-t-elle été achetée ? Offerte ?
7 &#x2F; Comment s’est-elle retrouvée dans le vide-grenier où je l’ai trouvée ?
8 &#x2F; Combien de personnes l’ont déjà tenue en main ?
9 &#x2F; Que deviendra-t-elle quand je ne serai plus ?
10 &#x2F; À quoi ressemblera sa fin de figurine pleine et entière ?
11 &#x2F; Dans quel type d’usine a-t-elle été fabriquée ?
12 &#x2F; Qui a choisi les couleurs des vêtements de cette figurine ?
13 &#x2F; Existe-t-elle peinte dans d’autres couleurs ?
14 &#x2F; Sur combien de photos apparaît-elle ? (sachant que moi, par exemple, je l’ai à plusieurs reprises photographiée)
15 &#x2F; Est-elle restée de longues périodes exposée sur un meuble ou dans une vitrine ?
16 &#x2F; A-t-elle appartenu à un photographe ?
17 &#x2F; A-t-elle été fabriquée en France ? En Europe ? Ailleurs ?
18 &#x2F; Combien de kilomètres à travers le monde a-t-elle parcouru ?
19 &#x2F; Combien pèse-t-elle ?
20 &#x2F; Quelle est la matière exacte qui la compose ?
21 &#x2F; Une fois sortie de l’usine, a-t-elle été vendue en vrac ou dans une boîte ? Un coffret ? Au cœur d’un diorama ?
22 &#x2F; Quelqu’un a-t-il posé pour qu’on la conçoive ?
23 &#x2F; Qui a sculpté le prototype à partir duquel elle a été fabriquée ?
24 &#x2F; Combien d’exemplaires identiques existent-ils encore dans le monde ?
25 &#x2F; Quel trajet, depuis le Big bang, ont accompli les atomes qui la composent ?&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Leçon de choses sur Igor
</title>
        <published>2025-02-08T12:35:06+00:00</published>
        <updated>2025-02-08T12:35:06+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/12-35-lecon-de-choses-sur-igor/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/12-35-lecon-de-choses-sur-igor/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/12-35-lecon-de-choses-sur-igor/">&lt;p&gt;
&lt;img src =&quot;&#x2F;img&#x2F;observations&#x2F;IMG_2982.JPG&quot; alt=&quot;picture&quot; style=&quot;width:100%;height:100%;&quot;&gt;
&lt;small&gt;Igor&lt;&#x2F;small&gt;
&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;Où est-il né ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;A-t-il des frères ou des sœurs ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Quel âge a-t-il ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-il de sexe masculin ou féminin ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-il herbivore ou carnivore ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Que préfère-t-il manger ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-il en bonne santé ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;A-t-il déjà eu des maladies ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Aime-t-il son maître ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-il bien traité ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Aime-t-il se faire câliner ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Supporte-t-il le froid ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-il de caractère plutôt paisible ou agressif ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;A-t-il eu des petits ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;A-t-il voyagé ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Combien de temps lui reste-t-il à vivre ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Son espèce est-elle protégée ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Quand son espèce est-elle apparue ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;De quel pays est-il originaire ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-il issu d’un croisement entre deux espèces ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;S’entend-il bien avec ses congénères ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-il consommé par les humains dans certaines régions du monde ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;A-t-il un ou des prédateur(s) ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-il un prédateur ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;Est-il l’emblème d’un pays ?&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;&#x2F;ol&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>La sieste
</title>
        <published>2025-02-08T12:19:00+00:00</published>
        <updated>2025-02-08T12:19:00+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/12-19-la-sieste/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/12-19-la-sieste/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/12-19-la-sieste/">&lt;p&gt;
&lt;img src =&quot;&#x2F;img&#x2F;observations&#x2F;image.jpg&quot; alt=&quot;picture&quot; style=&quot;width:100%;height:100%;&quot;&gt;
&lt;small&gt;Chien qui dort&lt;&#x2F;small&gt;
&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Le salon baigne dans une lumière douce. Le soleil de l’après-midi filtre à travers les stores, projetant des ombres mouvantes sur le parquet. L’espace est grand, aéré, empli d’une sérénité palpable. Sur le Fatboy, le chien s’est laissé aller, roulé en boule, le museau enfoncé dans le tissu moelleux. Son flanc se soulève au rythme de sa respiration paisible, parfois troublée par un léger soubresaut. Il rêve. Un frémissement traverse ses pattes, un petit gémissement s’échappe de sa gueule. Peut-être court-il dans un pré imaginaire, à la poursuite d’un papillon insaisissable.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Sur le canapé, mon conjoint, allongé, feuillette distraitement un livre. Ou du moins, il le prétend. Ses yeux se ferment à intervalles réguliers, sa main retombe doucement sur sa poitrine. Un léger ronflement s’élève, se mêlant au son discret du jazz qui flotte dans l’air. La musique est comme une caresse invisible, enveloppant la pièce d’une quiétude rassurante.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Moi, j’ai voulu lire aussi. Installé(e) dans mon fauteuil préféré, j’ai ouvert mon livre, tourné quelques pages, puis… plus rien. Je ne lis plus. J’écoute la sieste. Ce murmure du temps suspendu, cette respiration collective des corps au repos. Mon propre souffle s’accorde à ce rythme lent et paisible. J’observe, j’entends, je ressens. Chaque bruissement, chaque frémissement devient un langage secret de la détente absolue.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Soudain, un petit aboiement rompt le silence. Le chien sursaute, ses pattes s’agitent. Son rêve l’agite quelques secondes encore avant qu’il ne retombe dans l’immobilité. Mon conjoint murmure un vague « aussi… » dans son demi-sommeil, comme en réponse à un dialogue invisible. Un sourire effleure mes lèvres. Tout est apaisant. Tout est parfaitement à sa place.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Et moi, finalement, je ne lis pas. Je vis ce moment.&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Discussion avec mon linge
</title>
        <published>2025-02-08T09:52:17+00:00</published>
        <updated>2025-02-08T09:52:17+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/09-52-discussion-avec-mon-linge/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/09-52-discussion-avec-mon-linge/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/09-52-discussion-avec-mon-linge/">&lt;p&gt;
&lt;img src =&quot;&#x2F;img&#x2F;observations&#x2F;Discussion-avec-le-linge-io.jpg&quot; alt=&quot;picture&quot; style=&quot;width:100%;height:100%;&quot;&gt;
&lt;small&gt;Discussion avec mon linge - 25 questions&lt;&#x2F;small&gt;
&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Leçon de chose
Trouvez vingt-cinq questions à vous poser sur un élément quelconque du monde autour de vous (un objet, un minéral, un animal), sans chercher nécessairement à y répondre. Présentez ces questions sous forme d’une liste en vrac.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Discussion avec mon linge&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;pre style=&quot;background-color:#2b303b;color:#c0c5ce;&quot;&gt;&lt;code&gt;&lt;span&gt;1	Combien de fois ces chaussettes ont-elles été lavées ?
&lt;&#x2F;span&gt;&lt;span&gt;2	Combien de fois vont-elles encore être lavées ?
&lt;&#x2F;span&gt;&lt;span&gt;3	D’où viennent ces vêtements ?
&lt;&#x2F;span&gt;&lt;span&gt;4	Est-ce qu’on fabrique encore des vêtements en Roumanie ?
&lt;&#x2F;span&gt;&lt;span&gt;5	Ont-ils voyagé plus que moi dans leur vie ?
&lt;&#x2F;span&gt;&lt;span&gt;6	Combien de temps faut-il pour fabriquer un t-shirt, de la graine de coton jusqu’au vêtement fini ?
&lt;&#x2F;span&gt;&lt;span&gt;7	Si on plante une graine de coton dans la terre, va-t-elle pousser ?
&lt;&#x2F;span&gt;&lt;span&gt;8	Quel est le vêtement le plus ancien parmi ceux étendus ?
&lt;&#x2F;span&gt;&lt;span&gt;9	Quel est le vêtement que j’ai le plus porté ?
&lt;&#x2F;span&gt;&lt;span&gt;10	Si on alignait ces vêtements bout à bout, quelle longueur cela ferait-il ?
&lt;&#x2F;span&gt;&lt;span&gt;11	Et quel poids ?
&lt;&#x2F;span&gt;&lt;span&gt;12	Si on place leurs lieux de fabrication sur une carte et qu’on relie les points, quelle distance cela représente-t-il ?
&lt;&#x2F;span&gt;&lt;span&gt;13	Par combien de mains ces vêtements ont-ils été touchés ?
&lt;&#x2F;span&gt;&lt;span&gt;14	Comment peut-on raconter l’histoire de la personne qui a imaginé le graphisme de ce t-shirt ?
&lt;&#x2F;span&gt;&lt;span&gt;15	Combien d’autres enfants porteront ensuite les vêtements de mes enfants ?
&lt;&#x2F;span&gt;&lt;span&gt;16	Que deviennent réellement les vêtements déposés dans un conteneur de tri dans ma ville ?
&lt;&#x2F;span&gt;&lt;span&gt;17	Il faudrait laver moins… mais ça veut dire quoi, laver moins ?
&lt;&#x2F;span&gt;&lt;span&gt;18	Laver moins signifie-t-il salir moins ou accepter de porter des vêtements plus longtemps avant de les laver ?
&lt;&#x2F;span&gt;&lt;span&gt;19	Peut-on les laver juste localement ?
&lt;&#x2F;span&gt;&lt;span&gt;20	Combien de temps de ma vie ai-je passé à laver des vêtements (avant mes 20 ans, je lavais tout à la main) ?
&lt;&#x2F;span&gt;&lt;span&gt;21	Si chaque étendoir est un tableau, combien de tableaux ai-je étendus dans ma vie ?
&lt;&#x2F;span&gt;&lt;span&gt;22	Quel est le temps moyen qu’une femme passe à laver, repasser et s’occuper du linge ?
&lt;&#x2F;span&gt;&lt;span&gt;23	Et un homme ? Et une fille de 10 ans ? Et un garçon de 10 ans ?
&lt;&#x2F;span&gt;&lt;span&gt;24	Combien de temps de sa vie ma grand-mère a-t-elle passé à s’occuper du linge ?
&lt;&#x2F;span&gt;&lt;span&gt;25	Quelles sont les trois pensées les plus courantes quand on s’occupe de son linge ?
&lt;&#x2F;span&gt;&lt;&#x2F;code&gt;&lt;&#x2F;pre&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Le non-envol des grues
</title>
        <published>2025-02-08T08:28:33+00:00</published>
        <updated>2025-02-08T08:28:33+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/08-28-le-non-envol-des-grues/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/08-28-le-non-envol-des-grues/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/08-28-le-non-envol-des-grues/">&lt;p&gt;
&lt;img src =&quot;&#x2F;img&#x2F;observations&#x2F;25-02-08_Grues.jpg&quot; alt=&quot;picture&quot; style=&quot;width:100%;height:100%;&quot;&gt;
&lt;small&gt;La parade de la grue cendrée&lt;&#x2F;small&gt;
&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu’il propose le premier de ses &lt;em&gt;Exercices d’observation&lt;&#x2F;em&gt;, Nicolas Nova sait bien que celui-ci est congruent à la notion même d’observation. En 1974, Georges Perec s’installe à la table de marbre du café qui donne sur la place Saint-Sulpice à Paris et « épuise » ce lieu, notant tout ce qui advient, la moindre chose, le moindre événement susceptible de titiller une attention sensible qui est toutes écoutilles ouvertes, si tant est que cela soit possible. « Où que vous soyez, passez dix minutes à dresser un inventaire systématique de ce qui se déroule autour de vous » : ainsi s’ouvre la consigne de Nicolas Nova. Et en somme, c’est bien d’une première définition de l’acte d’observer dont il est question : adopter un point de vue, faire abstraction de ce qui a ou pas de l’importance en temps normal, « débanaliser » le quotidien, le rendre &lt;em&gt;remarquable&lt;&#x2F;em&gt; – ou au contraire, faire un exercice de « &lt;a href=&quot;https:&#x2F;&#x2F;fr.wikipedia.org&#x2F;wiki&#x2F;Banalyse&quot;&gt;banalyse&lt;&#x2F;a&gt; » qui va à rebours de la presse du monde.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu’il en soit, Georges Perec et Nicolas Nova après lui étaient des « éthologues urbains » avant tout, c’est-à-dire des observateurs de la vie « ordinaire » à la Howard Becker, celle qui se trame dans les rues populeuses, sur les places publiques, dans les supermarchés ou dans les recoins de la métropole. Mais moi ce matin qui suis dans une « réserve naturelle », je suis bien embêté, sans table de café à laquelle m’asseoir pour contempler l’agitation de mon siècle. Christophe, le guide de la réserve des Marais du Vigueirat, a ouvert successivement plusieurs portails de bois destinés à dissuader les taureaux camarguais de s’égailler dans des compartiments de cet ensemble complexe de bassins en eau, roselières, oseraies et sansouires, où ils pourraient constituer une menace pour le visiteur. Mais il y en a un de récalcitrant et rusé, qui s’est moqué des clotures et que nous pourrions croiser sur le chemin… Péril. Le sol argileux colle à nos bottes et notre procession nocturne hésitante se termine par l’emprunt d’un ponton de bois s’enfonçant dans un talus artificiel. Une chicane dans l’abri de rondins et nous sommes à l’observatoire. Un espalier permet d’accéder à la plateforme supérieure, nos pieds en appui sur un filet de cordes, les coudes sur une tablette de vingt centimètres de profondeur. Devant nous, une longue échancrure dans le bâtiment camouflé comme un affût de chasse nous permet d’observer le marais en regard panoramique et de glisser, à peine, l’objectif d’un appareil photo ou d’une longue vue. « Nous sommes dans une &lt;em&gt;camera oscura&lt;&#x2F;em&gt; ! », me dis-je, pensant à Nicolas que les dispositifs optiques passionnait.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Il est 06h45. Il fait 4°celsius. Le ciel est couvert ; il devrait pleuvoir en fin de matinée. Latitude : 43.51303 ; longitude : 4.780238. La lumière de la lune permet de mesurer d’un coup d’œil l’étendue d’eau au milieu de laquelle une île a été ménagée par les gardes pour tenir lieu de refuge aux sternes voulant nicher. On devine quelques points blancs au fond de l’étang, dont Christophe me dit que ce sont des flamants roses. Je suis obligé de m’en remettre à lui pour distinguer le basson guttural du taureau (la méchante bête ombrageuse est dans notre dos !) du chant du butor étoilé. C’est encore lui qui m’informe que nous venons d’entendre s’ébrouer des canards souchet. Nicolas aimait beaucoup le livre de Romain Bertrand, &lt;em&gt;Le Détail du monde&lt;&#x2F;em&gt; (2019), sous-titré « L’art perdu de la description de la nature ». Chaque fois que je suis en déficit de répertoire et de mots à accoler sur les entités du sol, de la végétation ou de la faune, je pense à la profusion habitée d’êtres et de choses des recueils naturalistes. Car ce ne sont pas seulement les mots qui nous manquent, mais ceux-là mêmes dont ils expriment l’existence à nos côtés, et que la Modernité a sauvagement dépeuplé.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;C’est pour l’envol matinal des grues cendrées que je suis venu ce matin. Il y en a désormais 40.000 couples l’hiver en Camargue alors qu’on ne comptait qu’une centaine d’individus en 2005. Le plus important contingent est aux Marais du Vigueirat. L’hivernage touche à sa fin. Les grands oiseaux ont déjà entamé la poursuite de leur migration et la plupart de ceux qui sont ici, venus du nord-est de l’Europe, iront ensuite en Turquie. Ils optimisent leur journée en allant se nourrir le plus tôt possible dans les rizières avoisinantes, se gavant de blé d’hiver. D’ailleurs, il est un son que je reconnais bien, c’est celui du canon pneumatique qui tonne au-dessus des champs, de l’autre côté du canal d’Arles-à-Bouc, prétendant dissuader les échassiers goulus, sans grand succès je pense. Le réchauffement climatique affecte les routes migratoires des oiseaux. Il en résulte des drames et des miracles, comme pour moi ce matin, qui veut saluer le départ de l’âme d’un ami.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;À mesure que la nuit s’efface les chants augmentent d’intensité et les premiers rayons du soleil me permettent à présent de deviner que les oiseaux nichaient tout autour de nous. L’envol va commencer ! C’est d’abord une rumeur, puis cela s’amplifie. Les chants s’additionnent – le chœur des grues est sans chef d’orchestre – en séries dodécaphoniques alors que la luminosité gagne progressivement, faisant rougeoyer la haies de saules, de tamaris et de peupliers blancs. Des dégradés chromatiques gagnent le ciel opportunément nuageux, donnant du relief et un beau décor de théâtre aux vols de grues. Elles quittent les marais par essaims ondulant. Il y a bien un animal de tête, mais cela ne fait pas de lui un guide pour autant ; elles savent où elles vont. L’envol est bientôt massif au point qu’il est impossible de décompter le nombre d’individus, cela devient une masse plus qu’un cortège d’Orphée, et j’en conçois de la mélancolie malgré mes frémissements d’admiration. Car pourquoi ce spectacle de la nature en « grandeur mathématique », comme le disait le vieux Kant, nous est-il devenu si exceptionnel et rare ?&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;À ma droite, je cale mon objectif sur des couples retardataires. Il est à présent 7h50, il fait bien jour. Une grue sautille et étend ses ailes, mais elle retombe aussitôt dans les vingt centimètres d’eau de son étang, lequel est ourlé de joncs piquants et de salicornes. Est-elle blessée ? Non, elle recommence. Elle se dresse, déploie les ailes, écarte ses rémiges noires, sautille à l’aide de deux battements, mais ne décolle pas et courbe ensuite son col. J’ai compris. C’est un mâle qui adresse une parade à sa femelle. Plusieurs fois la séquence se répète, d’avant en arrière, sous les yeux très attentifs de la seconde grue et sans autre témoin à présent que nous, plantés là en Camargue, silencieux dans notre observatoire qui se trouve à cent-cinquante mètres du ballet.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Le temps s’écoule sans que plus rien ne subsiste que cette admiration silencieuse pour ces deux échassiers se faisant hommage mutuel. Au loin, les portiques de Port-Saint-Louis-du-Rhône ont débuté leur manœuvres au-dessus d’un bateau porte-conteneurs, d’autres grues que les nôtres, celles qui outillent la mondialisation des flux de marchandises. Mais l’événement du jour aura été pour moi ce non-envol, le refus d’entrer dans le flux, ou du moins ce plaisir d’en différer l’automatisme ordinaire.&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Épuisement de la chambre par l’écran, samedi 8 février 2025
</title>
        <published>2025-02-08T07:17:45+00:00</published>
        <updated>2025-02-08T07:17:45+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/07-17-epuisement-de-la-chambre-par-lecran-samedi-8-fevrier-2025/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/07-17-epuisement-de-la-chambre-par-lecran-samedi-8-fevrier-2025/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/07-17-epuisement-de-la-chambre-par-lecran-samedi-8-fevrier-2025/">&lt;p&gt;[08:46] Le lieu : la chambre, dans la chambre, le lit, sur le lit, l’ordinateur, le casque, la biographie de Susan Sontag par Benjamin Moser et le téléphone portable. Aucun bruit dans la pièce en dehors de celui des touches sur le clavier et, en appuyant sur play, la voix de la chorégraphe, artiste et metteuse en scène Gisèle Vienne interrogée sur son travail, dont elle explique qu’elle le remanie sans arrêt. Cela ne veut pas dire qu’on change tout, dit-elle – mais mille détails changent, et l’équipe.
Je ne connais rien d’elle. Je l’ai découverte il y a quelques jours, au moment de la mort de David Lynch, lors d’une émission hommage de France Culture où elle me paraissait dire les choses les plus intéressantes de l’assemblée. Depuis, l’onglet où l’on peut accéder à cette conférence est resté ouvert et il me semble que ce samedi matin est tout indiqué pour aller l’écouter.
Plus tôt dans la matinée (très tôt), tandis que je dormais encore, ma meilleure amie, que je connais depuis le lycée et n’avais pas vu depuis un an et demi, a quitté l’appartement sans bruit pour  prendre un avion. C’est comme si toute la fatigue nerveuse de ces derniers jours, le mauvais sommeil, les somnifères qui ne suffisent plus, comme si ce manque d’énergie avait été balayé hier soir par sa présence, par nos souvenirs, nos rires. Je lui ai appris la technique du « bras impliable » en ki-aïkido (que le correcteur automatique aimerait bien transformer en « impubliable », mais non !) et elle m’a parlé body karaté.
[08:56] Toujours aucun bruit dans la chambre, comme si personne, dans l’immeuble, ne vivait là. Que dit Gisèle Vienne si je relance le player ? Qu’elle a parfois besoin d’un temps de maturation très lent. Qu’elle s’intéresse à des pièces chorégraphiques d’époques très différentes. Elle fait remarquer que dans le spectacle vivant, il faut toujours présenter du neuf, comme si le reste était périmé. Cette relation au temps sans date de péremption m’apaise.&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Observation réellement flottante
</title>
        <published>2025-02-08T07:11:09+00:00</published>
        <updated>2025-02-08T07:11:09+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations/07-11-observation-reellement-flottante/"/>
        <id>https://noticing.world/observations/07-11-observation-reellement-flottante/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations/07-11-observation-reellement-flottante/">&lt;p&gt;Observation réellement flottante&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;[italiques début]Durant l’été 2022, Nicolas et moi échangions autour de nos écriture, alors que lui mettait la dernière main à ses « Exercices d’observation » et moi à « La piscine municipale ». A l’automne, quand les « Exercices » sont sorties de presse, j’ai ri en lui disant qu’au lieu de me faire un clin d’œil dans le chapitre consacré à l’observation participante, il aurait pu me caser dans le chapitre sur l’observation flottante puisque c’est cet exercice que j’avais fait deux été de suite et au sens propre. Nicolas était en train de lire et commenter le chapitre méthodologique destiné à la version numérique de « La piscine » et il a ri en retour en lisant les mots « observations réellement flottantes et véritablement immergées ». Je lui dédie cette nouvelle observation, menée en hiver cette fois, dans le bassin nordique de la piscine municipale de Lancy. [italiques fin]&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;Mercredi 5 février 2025, 11h30.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;p&gt;J’entre dans l’enceinte de la piscine en passant ma carte d’abonnée devant le scanner – bip, les battants du portique s’ouvrent et je m’engage dans le couloir menant aux vestiaires. J’ouvre une porte en plexiglas et arrive dans une première zone de casiers au centre de laquelle se trouve le tunnel aquatique qui mène au bassin extérieur de 50 mètres: on entre dans l’eau par quelques marches d’escalier, puis on passe un rideau en bandes plastiques et on arrive dans le couloir extérieur qui mène au bassin. Cet espace en béton brut, matériau-signature de la piscine de Lancy, est assez curieux car les entrants qui se dirigent vers les vestiaires vêtus de manteaux et bottes d’hiver croisent des nageurs et nageuses en maillot de bain qui marchent à pieds nus vers le tunnel. Je poursuis mon chemin et passe devant les vestiaires des hommes. Je ne regarde pas sur ma gauche mais devine quand même les corps plus ou moins dénudés – ils sont peu à utiliser les cabines de change, et j’ai constaté que, d’une manière générale, les personnes nageant l’hiver ne s’embarrassent que peu de la pudeur. Dans les vestiaires des femmes, les pratiques sont différenciées : il y celles qui se changent devant leur casier et celles qui font un tour en cabine, souvent vêtues uniquement de sous-vêtements, pour la dernière étape consistant à enfiler le maillot. Je fais partie de ce deuxième groupe.
Clac, je ferme le casier métallique, mets le cadenas, et me dirige vers la paroi en plexiglas qui court, en hiver, le long des vestiaires. Là se trouve la deuxième option pour rejoindre le bassin, une porte qui donne directement sur l’extérieur. Cet accès est celui de l’été, lorsque les vestiaires sont ouverts directement sur la zone de détente autour du bassin et c’est celui que je privilégie aujourd’hui, car le choc thermique va dans le bon sens : d’abord on a froid en parcourant la volée de marches (recouvertes d’un tapis antidérapant bleu) et les quelques mètres suivants sur le béton froid qui nous séparent du bassin, puis, lors de l’immersion en descendant l’échelle de bain, on ressent l’eau à 26 degrés comme agréablement chaude.
Il fait gris. Les abords du bassin sont vides – personne ne lézarde sur les gradins minéraux en l’absence de soleil et par 1° C. La seule activité est celle des corps effectuant des aller-retours dans l’eau du grand bassin. En dehors de celui-ci, les installations de la piscine de Marignac, le plongeoir, le bassin moyen, la pataugeoire, le toboggan, la buvette,  sont en dormance  de septembre à mai.  J’aime regarder ces espaces réservés à l’été. En nageant, je vois les gradins devant moi et invente des bronzeuses allongées sur leur serviette ; en tournant la tête à droite j’aperçois le champignon-fontaine et entends presque les cris des enfants s’ébrouant dans les jets d’eau ; sur ma gauche, j’imagine les adolescents s’élançant en hurlant du plongeoir à 6,50 mètres. Je nage dans la partie « libre » du bassin, à droite des 5 couloirs de natation délimités par les lignes d’eau en plastique jaune entrecoupées de rouge – les marquages de distance. Tiens, je me rends compte qu’aujourd’hui, les panneaux habituellement installés au bout des couloirs de nage (« natation sportive ») et de la zone libre (« natation libre et détente ») sont absents…
Dans les couloirs s’ébattent des bras et des pieds dans les mouvements rapides du crawl, équipés de palmes, de gants, de plaquettes ou poussant une petite planche en mousse devant soi. Dans la partie libre, on nage essentiellement la brasse, plus ou moins rapidement, plus ou moins habilement. L’important est de flotter et d’avancer. Outre les bras et les pieds, on voit des têtes dont les couvre-chefs varient selon les espaces. Les crawleurs ont tous des lunettes de piscine bien ajustées sur des bonnets de bain colorés, dont certains font état des compétitions auxquelles le nageur ou la nageuse a participé : Triathlon de Genève, de Lausanne ou d’ailleurs, Traversée de la rade de Genève, et ainsi de suite. D’autres affichent seulement la marque, Speedo souvent, Arena, ou Nabaji. Chez les adeptes de la brasse, les têtes sont plus diversifiées et aujourd’hui, parmi les 8 personnes qui nagent autour de moi, on trouve : 4 bonnets de bain dont deux roses portée par des femmes, un bonnet en polaire porté par dessus un bonnet de bain (femme aussi), un serre-tête en polaire (femme), deux têtes nues de messieurs chauves ou presque et une tête nue avec cheveux longs remontés (une femme – j’ai froid pour elle juste à regarder les cheveux humides à la hauteur de sa nuque).
Sur le bord droit du bassin (vu depuis les vestiaires) se trouve le cube vitré sur trois côtés des gardiennes et gardiens de bains  [1 Nom donné en Suisse au personnel en charge de la surveillance des bassins de piscines publiques]. A l’intérieur, une table avec un ordinateur, un meuble de rangement en bois qui semble provenir tout droit d’une brocante contenant un sac de sauvetage rouge, un planche de sauvetage jaune avec une fixation de tête en mousse bleue sur le haut, un sac de sauvetage rouge  et trois chaises tournées en direction de l’avant, donc du bassin. A mon arrivée, une gardienne et un gardien sont assis chacun sur une chaise, en t-shirt rouge. Je me dis qu’il fait chaud dans leur cube. L’homme a incliné sa chaise dont le dossier est appuyé sur la paroi arrière du cube ; il me fait penser aux années d’école primaire durant lesquelles on entendait constamment « assieds toi correctement sur ta chaise ».  Lorsque je suis à ma douzième longueur, les deux gardiens se lèvent, mettent des pulls, des bonnets et leurs gros manteaux-doudounes rouges siglés « Life Guard » dans le dos, puis sortent du cube. Ils marchent lentement sur le côté du bassin et en font le tour, une fois, deux fois, trois fois. Au troisième tour, ils saluent un nageur se préparant à plonger dans l’eau depuis l’extrémité d’un couloir de nage sportive, ça doit être un habitué.
Derrière le trio en bavardage, l’un en slip de bain et les autres habillés comme aux sports d’hiver, se trouve une partie du bâtiment qui abrite peut-être l’installation technique. Au-dessus de la porte que l’on devine interdite au public se trouve un écran lumineux qui affiche, en vert, « Poseidon ». Je me souviens de l’arrivée de cet écran, il y a un an ou deux, et des panneaux qui informaient de l’installation d’un système anti-noyades avec caméras immergées. On était un peu perplexes à la lecture des panneaux – on va nous filmer sous l’eau ? Où sont envoyées les images, vers l’ordinateur dans le cube ? Au début, il est arrivé que Poseidon passe subitement au rouge et qu’on entende une sirène d’alarme. Alors chacun regardait autour de soi, à la recherche d’une personne en difficulté mais sans que se manifeste une agitation particulière chez les gardiens. Une fois, un nageur a crié « c’est moi, mes lunettes sont tombées », et nous avons compris que Poseidon avait confondu les lunettes en chute vers le fond du bassin avec un corps en perdition. Une autre fois, c’était une grande feuille morte qui avait été entrainée vers le fond. Poseidon est plus tranquille cette année, peut-être qu’il a appris la différence entre une feuille de platane en errance subaquatique et un humain coulant à pic.
Le fameux stratus genevois se déchire au moment où j’atteins mon habituel kilomètre – zut, j’aurais dû venir plus tard. Tant pis, je n’aurais pas le plaisir de nager au soleil aujourd’hui, avec l’eau qui fait loupe et chauffe le corps. Je sors de l’eau, je cours vers la douche, puis déroule en sens inverse les gestes et déplacements effectués à l’arrivée dans la piscine. Je suis pressée, je dois rejoindre mon cahier pour écrire mon observation.&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Noticing Exercises</title>
        <published>2025-01-20T00:00:00+00:00</published>
        <updated>2025-01-20T00:00:00+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/exercices/"/>
        <id>https://noticing.world/exercices/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/exercices/">&lt;h2 id=&quot;some-brief-writing-instructions-proposed-by-nicolas&quot;&gt;Some (brief) writing instructions proposed by Nicolas:&lt;&#x2F;h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;&#x2F;img&#x2F;CouvWeb_EXERCICESD&amp;#x27;OBSERVATION-large.jpg&quot; alt=&quot;Cover Exercices d&amp;#39;observation&quot; &#x2F;&gt;&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;h3 id=&quot;1-exhaustion&quot;&gt;1. Exhaustion&lt;&#x2F;h3&gt;
&lt;p&gt;Wherever you are, spend ten minutes making a systematic inventory of what&#x27;s happening around you.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;h3 id=&quot;2-collection&quot;&gt;2. Collection&lt;&#x2F;h3&gt;
&lt;p&gt;In a sufficiently inhabited space, downtown or in a commercial area, walk for at least thirty minutes and note down the words and phrases you encounter.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;h3 id=&quot;3-object-lesson&quot;&gt;3. Object lesson&lt;&#x2F;h3&gt;
&lt;p&gt;Find twenty-five questions to ask yourself about any element of the world around you (an object, a mineral, an animal), without necessarily trying to answer them. Present these questions as a random list.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;h3 id=&quot;4-catching-on-the-fly&quot;&gt;4. Catching on the fly&lt;&#x2F;h3&gt;
&lt;p&gt;Go to a public place (café, park, public bench, public transport). Get close to a group of two or three people and take notes about the ongoing discussion, focusing on capturing maximum details.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;h3 id=&quot;5-operational-sequence&quot;&gt;5. Operational sequence&lt;&#x2F;h3&gt;
&lt;p&gt;Select a codified activity (preparing a cooking recipe or an accessible religious ritual, repairing an object, manufacturing an object at an artisan&#x27;s). Document each operation by observing isolated gestures, words spoken, and possible previous interactions with other things and beings, during and after this activity.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;h3 id=&quot;6-nooks-and-crannies&quot;&gt;6. Nooks and crannies&lt;&#x2F;h3&gt;
&lt;p&gt;In a more or less circumscribed territory, observe the less accessible corners at first glance, discreet passages, corners, interstices, any nooks. Take photos, draw or record all the things and beings you encounter there. Produce an alphabet book composed of a list and a short text organized in alphabetical order.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;h3 id=&quot;7-survey&quot;&gt;7. Survey&lt;&#x2F;h3&gt;
&lt;p&gt;Go to any place (urban or suburban), but with a certain density of human traffic. Equip yourself with a smartphone. Document the names of Wi-Fi networks while walking along your chosen route. Produce a map representing these elements.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;h3 id=&quot;8-portrait&quot;&gt;8. Portrait&lt;&#x2F;h3&gt;
&lt;p&gt;Go to a somewhat lively place and enter into discussion with a person of your choice, asking for their agreement. Try to gather maximum information about them through direct observation and exchange. Then write in small paragraphs the portrait of this person, including the elements that characterize them.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;h3 id=&quot;9-participant-observation&quot;&gt;9. Participant observation&lt;&#x2F;h3&gt;
&lt;p&gt;Participate in a collective activity (shared community garden, religious ceremony, night social outreach, tourist visit, repair café) having previously asked permission to do so, and contribute as much as possible. Help as best you can without documenting anything at the moment. In the evening, when calm, write a text describing the activity in question, its organization (role of each person, possible unspoken elements), and your impressions or surprises.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;h3 id=&quot;10-mobile-methodology&quot;&gt;10. Mobile methodology&lt;&#x2F;h3&gt;
&lt;p&gt;Go to a place with a regular or non-regular user of this place. Walk with this person for about twenty minutes, suggesting they guide you through this territory. Ask them to describe it and comment on the perceived and felt atmosphere during the journey. Ask the person to produce an annotated plan that reconstructs the path taken, impressions, and striking aspects.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;h3 id=&quot;11-surveying&quot;&gt;11. Surveying&lt;&#x2F;h3&gt;
&lt;p&gt;During a wandering, note all objects that have been diverted from their initial use. To notice them, pay attention to the possible presence of DIY of all kinds, traces of wear or discordant colors, use of tape, strings, disparate materials, or approximate signage (arrows, messages, scribbled drawings).&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;h3 id=&quot;12-gathering&quot;&gt;12. Gathering&lt;&#x2F;h3&gt;
&lt;p&gt;Collect all small objects (artificial or natural) encountered during your walk: horse chestnut husks, public transport tickets, dead leaves, plastic debris, leaflets, bird feathers, etc. Put them in a bag or jar, and then place them on a large sheet of paper on the ground (take photos if your findings repulse you or if the observables are too voluminous). Produce a classification.&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;h2 id=&quot;the-list-of-observation-exercises-proposed-by-nicolas&quot;&gt;The list of observation exercises proposed by Nicolas:&lt;&#x2F;h2&gt;
&lt;h3 id=&quot;production&quot;&gt;Production:&lt;&#x2F;h3&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;#1 (In)exhaustivity&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;#2 Series of questions&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;#3 Path study&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;#4 Surveys&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;#5 Conversation records&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;#6 Gestures and postures&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;#7 Nooks and crannies&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;#8 Floating observation&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;&#x2F;ul&gt;
&lt;h3 id=&quot;interaction&quot;&gt;Interaction:&lt;&#x2F;h3&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;#9 Manipulate&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;#10 Informal interviews&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;#11 Participant observation&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;#12 Commented journeys&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;#13 Voluntary disruption&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;&#x2F;ul&gt;
&lt;h3 id=&quot;compilation&quot;&gt;Compilation:&lt;&#x2F;h3&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;#14 Zone monitoring&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;#15 Thematic compilation&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;#16 Material inventory&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;#17 Idiomatic collection&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;#18 Collect&#x2F;Classify&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;li&gt;#19 Your turn&lt;&#x2F;li&gt;
&lt;&#x2F;ul&gt;
&lt;h2 id=&quot;where-to-get-nicolas-s-book&quot;&gt;Where to get Nicolas&#x27;s book:&lt;&#x2F;h2&gt;
&lt;p&gt;If you don&#x27;t have it (digital version available):
&lt;a href=&quot;http:&#x2F;&#x2F;www.premierparallele.fr&#x2F;livre&#x2F;exercices-dobservation&quot;&gt;http:&#x2F;&#x2F;www.premierparallele.fr&#x2F;livre&#x2F;exercices-dobservation&lt;&#x2F;a&gt;&lt;&#x2F;p&gt;
&lt;hr &#x2F;&gt;
&lt;p&gt;*Nicolas Nova, &lt;em&gt;Observation Exercises. In the footsteps of anthropologists, writers, designers and naturalists of the everyday&lt;&#x2F;em&gt;, Paris, Premier Parallèle, coll. &quot;Parallel Notebooks &#x2F; the life of things&quot;, 2022, p.13&lt;&#x2F;p&gt;
</content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Hello world</title>
        <published>2025-01-20T00:00:00+00:00</published>
        <updated>2025-01-20T00:00:00+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/posts/hello-world/"/>
        <id>https://noticing.world/posts/hello-world/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/posts/hello-world/"></content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Contribute</title>
        <published>2024-02-27T00:00:00+00:00</published>
        <updated>2024-02-27T00:00:00+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/contribute/"/>
        <id>https://noticing.world/contribute/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/contribute/"></content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>New Submissions</title>
        <published>2024-02-27T00:00:00+00:00</published>
        <updated>2024-02-27T00:00:00+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/observations-live/"/>
        <id>https://noticing.world/observations-live/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/observations-live/"></content>
        
    </entry>
    <entry xml:lang="en">
        <title>Search</title>
        <published>2024-02-27T00:00:00+00:00</published>
        <updated>2024-02-27T00:00:00+00:00</updated>
        
        <author>
          <name>
            
              Unknown
            
          </name>
        </author>
        
        <link rel="alternate" type="text/html" href="https://noticing.world/search/"/>
        <id>https://noticing.world/search/</id>
        
        <content type="html" xml:base="https://noticing.world/search/"></content>
        
    </entry>
</feed>
